26 avril 2008
Les Amours d'Astrée et de Céladon
Sortie en France 05 septembre 2007
France, Italie, Espagne
Réalisateur : Eric Rohmer
Producteur : Eric Rohmer, Jean-Michel Rey, Philippe Liégeois, Françoise Etchegaray
Coproducteur : Valerio De Paolis, Enrique Gonzales Macho
Scénariste : Eric Rohmer
D'après l'oeuvre de Honoré d'Urfé
Directeur de la photographie : Diane Baratier
Compositeur : Jean-Louis Valéro
Monteuse : Mary Stephen
Costumier : Pierre-Jean Larroque, Pu-laï
2ème caméra : Françoise Etchegaray
Ingénieur du son : Pascal Ribier
Scripte : Bethsabée Dreyfus
Directeur de production : Christian Paumier
Comédie dramatique
109 mn
Distribution :
Andy Gillet (Céladon), Stéphanie De Crayencour (Astrée), Cécile Cassel (Léonide), Véronique Reymond (Galathée), Rosette (Silvie), Jocelyn Quivrin (Lycidas), Mathilde Mosnier (Phillis), Rodolphe Pauly (Hylas), Serge Renko (Adamas), Arthur Dupont (Semyre), Priscilla Galland (Amynthe), Olivier Blond (Un Berger), Alexandre Everest (Un Berger), Caroline Blotière (Une Bergère), Alain Libolt (Le Commentateur), Les Brayauds (Le Groupe De Danse), Marie Rivière
Synopsis :
Dans une forêt merveilleuse, au temps des druides, le berger Céladon et la bergère Astrée s'aiment d'amour pur. Trompée par un prétendant, Astrée congédie Céladon qui, de désespoir, se jette dans une rivière. Elle le croit mort, mais il est secrètement sauvé par des nymphes.Fidèle à sa promesse de ne pas réapparaître aux yeux de sa belle, Céladon devra surmonter les épreuver pour briser la malédiction. Fou d'amour et de désespoir, convoité par les nymphes, entouré de rivaux, contraint de se déguiser en femme pour côtoyer celle qu'il aime, saura-t-il se faire reconnaître sans briser son serment ?
Critiques
Entretien avec Eric Rohmer
Bande-annonce
Secrets de tournage :
Quand l'ordinateur vient au secours de la voix des acteurs
Céladon est amené à se travestir ce qui conduit l'acteur Andy Gillet à prononcer "Je peux contrefaire ma voix !" avec un timbre de voix à mi-chemin entre masculin et féminin. Cette performance doit beaucoup à un logiciel, né sur un ordinateur de l'Ircam, l'institut de recherche musicale fondé en 1970 par le chef d'orchestre et compositeur Pierre Boulez. Une équipe de chercheurs a créé à partir de la voix de l'acteur, une palette de transformations allant du masculin au féminin pour satisfaire Eric Rohmer, qui voulait éviter l'aspect artificiel du doublage par une comédienne.
Présenté à Venise
Les Amours d'Astrée et de Céladon est présenté en Sélection officielle, en compétition, à la 63e Mostra de Venise.
Rohmer change d'ère
Les Amours d'Astrée et de Céladon est une adaptation de L'Astrée, roman pastoral d'Honoré d'Urfé, un récit-fleuve de 5000 pages, dont la première partie fut publiée en 1607. Quarante histoires et des centaines de personnages (bergers, bergères, druides du Ve siècle) sont contenus dans cette oeuvre-clé de l'Histoire de la Littérature française. C'est la troisième fois consécutive qu'Eric Rohmer tourne un film d'époque, Les Amours d'Astrée et de Céladon venant après L'Anglaise et le Duc qui avait pour cadre la Révolution Française et Triple Agent, film d'espionnage situé en 1936. Auparavant, il avait réalisé La Marquise d'O (1976), adaptation de l'oeuvre de Kleist, un récit qui se déroule dans l'Italie de 1799, et Perceval le Gallois (1979), adaptation du roman médiéval de Chrétien de Troyes.
Un projet de Pierre Zucca
Adapter L'Astrée est à l'origine un projet de Pierre Zucca , cinéaste méconnu, auteur entre autres de Vincent mit l'âne dans un pré et Alouette je te plumerai. Il avait proposé ce projet aux Films du Losange, la maison de production co-fondée par Eric Rohmer, mais la directrice Margaret Ménégoz avait jugé ce film trop coûteux. "Je tiens Zucca pour le cinéaste le plus important de ce qu'on appelle "la post-Nouvelle Vague -avec Jean Eustache", confie aujourd'hui Eric Rohmer, qui a dédié Les Amours d'Astrée et de Céladon au réalisateur disparu en 1995, même s'il souligne que sa propre adaptation est très différente de celle, beaucoup plus libre, de Zucca.
Modernité de "L'Astrée"
Eric Rohmer évoque sa réaction à la lecture de L'Astrée, qu'il n'a lu qu'après le décès de Zucca : "Je m'attendais à quelque chose d'assez rébarbatif et j'ai constaté que pas du tout ! Les dialogues en particulier étaient étonnemment modernes, et encore plus modernes dès qu'ils étaient dits au lieu d'être lus. Dès lors, à condition de centrer le récit sur les amours d'Astrée et de Céladon et de retrancher tout le reste, le film m'a paru tout à fait possible. Je n'ai même pas eu à moderniser les dialogues. En trouvant le terme de " profondité " dans le texte original, je me suis même dit que le mot plairait beaucoup à Ségolène Royal ! Je me suis contenté d'élaguer. C'est un texte que je me suis approprié et avec lequel je me suis senti absolument à l'aise."
Astrée, Céladon et les autres
Comme souvent, Eric Rohmer a choisi deux acteurs inconnus pour jouer les rôles principaux, Andy Gillet et Stéphanie de Crayencour -même si l'interprète de Céladon avait été remarqué dans Nouvelle chance d'Anne Fontaine. Autour d'eux, signalons la présence de deux comédiens qui se sont déjà fait un nom au cinéma, Cécile Cassel et Jocelyn Quivrin. L'extravagant Hylas a les traits de Rodolphe Pauly, acteur réalisateur qui fut le fils du couple Isabelle Huppert- Jacques Dutronc dans Merci pour le chocolat. Quatre acteurs familiers de l'univers rohmérien figurent aussi au générique : Rosette, Serge Renko (le héros de Serge Renko, ici en druide), Alain Libolt (dont on n'entend que la voix) et Marie Rivière, qui fait une furtive apparition (non créditée) au début du film...
Conte d'Urfé
Eric Rohmer évoque les similitudes entre L'Astrée et ses propres films : "Si j'ai eu envie d'adapter ce texte, c'est bien sûr que j'y ai retrouvé de nombreux motifs de mes films précédents. Par exemple, le motif central de la fidélité. Le thème est quasi-constant dans Ma nuit chez Maud aussi bien que dans Conte d'hiver, dans La Collectionneuse comme dans Les Nuits de la pleine lune. Mon unique pièce de théâtre, Le trio en mi bémol, est construite sur un suspens analogue à celui de L'Astrée. On y voit le personnage s'obstiner, de façon aussi folle que Céladon, à ne pas prononcer le mot qui déclencherait la phrase qu'il attend de son amie. Car cette phrase ne doit venir que d'elle."
L'arbre, Rohmer et la Cinémathèque
La nature tient une place très importante dans Les Amours d'Astrée et de Céladon. "(...) mon regard de cinéaste était sans cesse sollicité par la liberté de la nature", explique Eric Rohmer. "Par exemple, j'ai beaucoup aimé filmer le vent et je me suis accommodé d'une météo souvent maussade. Il fallait parfois attendre que le vent se lève et cette attente me plaisait. La nature me permettait à la fois d'être dans l'époque et d'en sortir. D'un côté, le vent faisait flotter les vêtements, en particulier les écharpes, exactement comme dans les gravures de l'époque ; et de l'autre, la splendeur de cette nature vierge conférait au récit une dimension intemporelle." Le réalisateur s'est inspiré de grands anciens : "J'ai été formé par le cinéma muet. A la Cinémathèque. Et je pense que le cinéma a tout intérêt à puiser dans sa propre archéologie (...) le grand maître du sentiment de la nature reste bien sûr Griffith. C'est le premier à être parvenu à enregistrer le mouvement de la nature et à nous en restituer la beauté. "
Ne cachez pas ce sein...
Eric Rohmer parle de l'érotisme du film : "C'est celui du texte, ni plus ni moins. Je n'aime pas du tout les metteurs en scène, en particulier au théâtre, qui prennent leurs aises avec des textes classiques et rajoutent des nudités où il n'y en a nul besoin. Quand Honoré d'Urfé écrit que l'une de ses héroïnes dévoile un sein, je le suis à la lettre, sans en rajouter. Mais la nudité n'est pas proscrite chez Honoré d'Urfé, pas plus qu'elle ne l'était dans la peinture du temps. Je n'avais donc aucune raison de la proscrire. Le texte est d'un érotisme délicat et subtil, et il fallait le représenter avec la même légèreté. Et je me suis aperçu que je pouvais montrer au cinéma des choses qui deviendraient peut-être vulgaires, voire graveleuses, si on les racontait avec des mots d'aujourd'hui. La montée du désir, par exemple. Mais " L'Astrée " n'est pas un texte libertin. Ni un texte pervers."
Les lieux du film
L'action du livre L'Astrée se situe dans le Forez, une ancienne province française qui correpond à une partie de Loire et une partie de la Haute-Loire. Mais le cinéaste n'a pu y tourner son film, considérant que que ce lieu est aujourd'hui "trop peuplé et trop abîmé par l'industrialisation". On peut d'ailleurs lire cette information pendant le générique de début du film. Le film a donc été tourné en Auverne (dans les gorges de la Sioule) et dans le Val-de-Loire. Rappelons que dans L'Arbre, le maire et la médiathèque, Arielle Dombasle et Fabrice Luchini s'opposaient, au nom de la défense de l'environnement, à la construction d'une médiathèque dans un village...
"Hitchcock, Lang et moi"
Le réalisateur revient sur certains motifs récurrents dans son films : "Je me considère toujours comme un cinéaste hitchcockien. Or qu'est-ce qu'Alfred Hitchcock, sinon un créateur de formes ? Je ne prétends pas créer des formes comme lui, mais je constate que les motifs géométriques sont toujours très présents dans mes films. On les retrouve également chez Honoré d'Urfé, et j'ai cherché à conserver ici l'omniprésence de la figure du cercle, avec la clairière, celle de la spirale, avec le labyrinthe, ou celle du triangle, avec la hutte. Ce n'est pas quelque chose de volontaire, ce serait artificiel et sans intérêt, mais ce film s'organise autour de ces grandes figures géométriques, comme tous mes films précédents, avec l'intervention décisive du hasard (...) J'ai remarqué aussi dans " L'Astrée " les mouvements d'attraction et de répulsion, un motif constant chez Fritz Lang, autre créateur de formes. Et je veux bien que l'on dise que ce film est mon Tombeau hindou!" (Allociné)
Naissance des pieuvres
Date de sortie : 15 Août 2007
France
Réalisateur : Céline Sciamma
Producteur : Jérôme Dopffer, Bénédicte Couvreur
Scénariste : Céline Sciamma
Directeur de la photographie : Crystel Fournier
Compositeur : Para One (Jean-Baptiste de Laubier)
Monteur : Julien Lacheray
Mixage : Daniel Sobrino
Chef décorateur : Gwendal Bescond
Costumière : Marine Chauveau
Maquilleuse : Marie Luiset
1er assistant réalisateur : Delphine Daull
Ingénieur du son : Pierre André
Scripte : Roselyne Bellec
Coach : Véronique Ruggia
Drame
85 mn
Distribution :
Pauline Acquart (Marie), Adèle Haenel (Floriane), Louise Blachère (Anne), Warren Jacquin (François), Serge Brincat (L'Entraîneur), Jérémie Steib (Le Masseur), Christophe Van De Velde (L'Homme De La Boîte De Nuit).
Synopsis :
En assistant par hasard à un spectacle de natation synchronisée, Marie 15 ans a une véritable épiphanie. Elle développe une obsession pour cette étrange discipline. A moins que ce désir absurde en cache un autre, plus souterrain, pour cette fille, la star des nageuses, Floriane... Dans la solitude de leurs chambres, les filles de 15 ans ne sont pas gracieuses. Elles ne sont pas ce qu'on croit. Surtout quand le désir et l'amour surgissent violemment pour la première fois comme une maladie avec ses étranges symptômes.
Site officiel
Bande-annonce, Extraits
Critiques
Entretien avec Céline Sciamma
Secrets de tournage :
Première réalisation
Naissance des pieuvres est le premier film de Céline Sciamma. Elève à la femis dans la section "scénario", elle l'a écrit pour son projet de fin d'études. C'est le réalisateur Xavier Beauvois, qui était alors membre du Jury lors de l'examen final, qui lui a conseillé de porter elle-même son scénario sur grand écran. Ce qu'elle fit moins d'une année plus tard...
Tournée des Festivals
Naissance des pieuvres a été présenté au Festival de Cannes 2007 dans la section Un Certain Regard. Il a également été projeté au Festival du Film romantique de Cabourg où il a reçu le Prix de la jeunesse.
Souvenir de jeunesse
La réalisatrice raconte d'où vient l'idée de situer le film dans le monde de la natation synchronisée : "À l'adolescence, j'ai assisté par hasard à un gala de natation synchronisée qui m'avait fait une très forte impression, mais je n'arrivais pas vraiment à discerner pourquoi. J'étais persuadée que j'avais raté ma vie et que j'aurais dû faire ça. Au bout de quelques jours, je me suis aperçue que j'avais été impressionnée par des filles qui, au même âge que moi, étaient déjà dans la concrétisation et dans la prouesse. Et moi je n'étais, au mieux, qu'une promesse. Je trouvais que c'était une situation assez exemplaire de ce qu'on peut ressentir à l'adolescence, c'est-à-dire une sorte de malentendu avec ses désirs."
La vie aquatique
Céline Sciamma évoque le monde difficile de la natation synchronisée et sa mise en scène : "J'ai pratiqué beaucoup d'immersions documentaires dans ce milieu qui est complètement méconnu et assez fascinant. C'est un sport qui est exclusivement féminin et, par conséquent, qui produit un discours sur la féminité. La particularité de ce sport c'est qu'il est très difficile, très athlétique... Les filles s'entrainent vingt heures par semaine. Elles doivent avoir des qualités physiques exceptionnelles. Tout ça pour pas grand chose puisqu'il n'y a pas de carrière possible derrière. Et c'est un sport où l'on produit énormément d'efforts tout en devant les gommer. Les filles doivent donner l'impression que c'est facile et elles doivent absolument sourire. C'est ça qui m'intéressait. Les nageuses de natation synchronisée sont des petits soldats maquillés comme des poupées. Il y a des impératifs de séduction, de combat... En termes de mise en scène, c'était aussi un challenge parce qu'il y a un passé de connivence entre la natation synchronisée et le cinéma avec les ballets nautiques d'Esther Williams. Souvent, quand j'évoquais le film avant de l'avoir tourné, les gens avaient ce genre de souvenirs horrifiés ou nostalgiques. Il y avait des écueils à éviter : le kitsch, la chorégraphie... Pour moi, l'enjeu était de filmer la natation synchronisée comme un sport, c'est-à-dire montrer l'effort, la discipline, le côté militaire... C'est un peu l'armée des filles."
Musique électronique
La musique du film est signée Jean-Baptiste de Laubier plus connu sous le nom de Para One. Producteur du groupe de rap-électronique TTC, il s'est distingué en solo avec son album Epiphanie en 2006. Elève à la femis (où il a rencontré Céline Sciamma), il est également réalisateur.
Made in femis
La réalisatrice, Céline Sciamma, le compositeur, Para One, et la directrice de la photographie, Chrystel Fournier, sont tous issus de l'École nationale supérieure des métiers de l'image et du son, La femis (anciennement IDHEC).
Intemporalité
Céline Sciamma a voulu créer un sentiment d'intemporalité. Pour cela elle n'a pas mis un seul téléphone portable et a utilisé une bande-son originale. Un souci équivalent a été apporté à la garde pour robe pour éviter que le film puisse être daté.
Bienvenue à Cergy
Naissance des pieuvres a été tourné dans la ville de Cergy (Val d'Oise). Un environnement déjà utilisé par d'autres réalisateurs comme Eric Rohmer (L'Ami de mon amie) ou Henri Verneuil (I comme Icare). Céline Sciamma : "Visuellement, c'est une ville-champignon qui a grandi au gré des projets d'architectes, qui propose des assemblages de lieux assez improbables et des ambiances qui poussent à la stylisation. Cela donne un patchwork de lieux assez étrange (...) On ne sait pas où on est, c'est Bienvenue. Les petits lotissements en brique rouge évoquent plutôt certaines banlieues américaines ou l'Europe du Nord. Tous ces lieux sont réellement concentrés sur 20 kms carrés. Il s'agissait de trouver un équilibre entre la vraie personnalité d'un lieu et la mise en scène qu'on pouvait créer autour."
La piscine
La piscine est un lieu clé du film auquel la réalisatrice attache beaucoup d'importance : "La piscine est un lieu hautement cinématographique. Beaucoup de films français ont leur scène de piscine. C'est généralement le moment où l'héroïne réfléchit. Elle fait deux ou trois brasses et elle revisite sa vie. Sur l'adolescence à la piscine, il y a un grand film, c'est Deep End de Jerzy Skolimowski. La piscine c'est un lieu qui suinte. C'est un espace qui apporte sa part de stéréotypes mais qu'on peut investir de façon très différente. Il y a des films où c'est le lieu du confinement, d'autres au contraire, où c'est le lieu de la liberté. Même dans le traitement sonore, on peut jouer sur l'étouffement ou au contraire, travailler sur un espace plus ouvert. Pour moi, c'est le lieu de la naissance du désir, du dévoilement, de la moiteur. (Allociné)
The Bubble (Le Film)
The Bubble
Sortie en France 04 juillet 2007
Israël, France
Réalisateur : Eytan Fox
Producteur : Gal Uchovsky, Amir Feingold, Ronen Ben Tal
Producteur exécutif : Moshe Edry, Léon Edry, David Silber, Micky Rabinovitch
Scénariste : Eytan Fox, Gal Uchovsky
Directeur de la photographie : Yaron Scharf
Compositeur : Ivri Lider
Musiques additionnelles (compositeur) : TIm Buckley
Musiques additionnelles (interprète) : Keren Ann, Belle and Sebastian, Bright eyes, Nada Surf
Monteur : Yosef Grunfeld
Costumier : Ido Dolev
Ingénieur du son : Gil Toren
Drame
117 mn
Distribution :
Ohad Knoller (Noam), Alon Friedman (Yali), Yousef Sweid (Ashraf), Daniela Wircer (Lulu), Zion Baruch (Shaul), Shredy Jabarin (Jihad), Lior Ashkenazi (Lui-Même), Ruba Blal (Rana), Oded Leopold (Sharon), Zohar Liba (Golan), Miki Kam (La Mère De Lulu), Avital Barak (Dana), Yael Zafrir (Orna), Noa Barkai (Ella), Hussein Yassin Mahajne (Le Père D'Ashraf).
Synopsis :
Trois jeunes Israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse dans une boutique de produits de beauté, partagent un appartement dans un quartier branché de Tel-Aviv, symbole de cette ''bulle'', surnom donné à la ville. Dans ce cocon quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, ils mènent une existence tout à fait ordinaire, préférant se concentrer sur leur vie amoureuse.Leur quotidien va pourtant être bouleversé par l'arrivée d'Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d'un incident au Check Point de Naplouse.
Critiques
Interviews d'Eytan Fox et Gal Uchovsky
Le Film
Secrets de tournage :
"Friends" version israélienne
The Bubble est directement inspirée de Florentine, une série télévisée sur la vie des jeunes de Tel Aviv, sur laquelle le réalisateur Eytan Fox travailla de 1999 à 2000. Diffusée en Israël, cette série connut un grand succès en mêlant l'univers de Friends à la réalité du quotidien des jeunes israéliens.
Une bulle culturelle...
Dans The Bubble, les personnages résident dans la rue Shenkin, le quartier branché de Tel Aviv surnommé la "bulle". Si le réalisateur Eytan Fox et le scénariste/producteur Gal Uchovsky ont choisi d'y centrer leur propos, c'est justement parce qu'eux-même vivent dans cette zone culturelle et alternative. "Beaucoup des forces créatrices d'Israël sont concentrées dans ce quartier devenu aujourd'hui une pépinière d'artistes. On y trouve également de nombreux cafés, des boutiques branchées. De nombreux Israéliens, notamment les plus jeunes, rêvent de venir vivre ici. Pour nous, ce quartier reflète un certain état d'esprit de Tel Aviv" explique Gal Uchovsky.
... jugée superficielle
Parce qu'ils vivent au sein d'un espace protégé, loin des réalités politiques et sociales israéliennes, les résidents de la "bulle" sont souvent jugés irresponsables voire futiles. "Si vous voulez vivre comme vos pairs à New York, à Londres ou à Paris, vous devez faire abstraction des conflits qui déchirent le Moyen-Orient. C'est tout le dilemme de cette ville" explique Gal Uchovsky, scénariste de The Bubble. Pour le réalisateur Eytan Fox, il ne s'agit pas de superficialité mais bien d'un moyen de se protéger :"Cette 'bulle' est selon nous un mécanisme de survie."
En faveur de l'espoir
Dans The Bubble, l'espoir cède sans cesse la place au désespoir. Pour Eytan Fox, ce passage de l'un à l'autre est véritablement le reflet de l'état d'esprit dans lequel vivent les habitants de Tel Aviv. Au moment de sa diffusion sur les écrans israéliens, le film a connu un grand succès auprès des jeunes, confirmant la foi en l'avenir que porte en lui Gal Uchovsky : "Je suis un grand optimiste. Le film existe et c'est une façon d'être optimiste (...) Nous vivons une guerre terrible mais nous devons croire en un avenir meilleur. Si nous n'y croyons plus, pourquoi continuer de vivre ici ?"
Parler de l'homosexualité
Depuis ses toutes premières réalisations, Eytan Fox aime à développer des personnages homosexuels au sein de son cinéma. Depuis Gotta have heart, son compagnon Gal Uchovsky travaille avec lui, au scénario ou à la production. "Nous sommes fiers d'assumer notre sexualité d'autant plus que nous sommes un peu des pionniers en la matière. Partout à Tel Aviv les gens assument leur homosexualité."
Les checkpoints, lieu de souffrance
Si le personnage de Noam est un séduisant disquaire, il est aussi obligé de faire son devoir de réserve pour l'armée israélienne dans les checkpoints de la zone ouest. A Tel Aviv, ces lieux incarnant l'occupation des territoires palestiniens constituent l'un des seuls moyens de croiser des palestiniens. "Ces checkpoints sont en quelque sorte les symboles de l'occupation. C'est ici que les palestiniens subissent les pires humiliations. Mais l'armée israélienne insiste sur la nécessité de ces passages qui permettent l'arrestation des kamikazes. Ces endroits sont devenus de vrais champs de bataille. Il y a ces femmes incroyables qui vont sur tous les grands checkpoints pour surveiller les soldats et vérifier qu'ils soient corrects avec les palestiniens. Elles doivent faire face aux insultes incessantes des colons venus spécialement pour ça" explique Gal Uchovsky.
Pas d'acteur pour le rôle du père
Pour trouver un acteur qui accepte de jouer le père d'Ashraf, jeune palestinien homosexuel, l'équipe a rencontré beaucoup de difficultés. Ainsi, le premier acteur s'est désisté au moment de la lecture du scénario, lorsqu'il a appris qu'il allait interpréter le père d'un jeune gay. "Pour un homme arabe d'un certain âge, ça peut poser un problème de jouer dans un film considéré comme gay" estime le scénariste et producteur de The Bubble. Cette situation s'est ainsi reproduite à deux reprises, jusqu'à ce qu' Hussein Yassin Mahajne accepte de prendre le rôle.
En mémoire de sa mère
La mère du réalisateur Eytan Fox est décédée en 2003. Dans The Bubble, il a souhaité inséré dans son scénario quelques détails qui rappellent son combat et sa mémoire. Ainsi, l'élimination des différences sociales, évoquée dans le film, rappelle la lutte de sa mère pour préserver la mixité judéo-arabe d'un village palestinien de la municipalité de Jérusalem. Elle appartenait de même à un groupe de femmes, associées pour se rendre aux check points afin de vérifier le comportements des soldats israéliens vis à vis des palestiniens.
Après Billie, Ivri
Dans les films d'Eytan Fox, la musique tient une place très importante. Pour The Bubble, le réalisateur en a confié l'écriture à l'une des plus grandes star du rock en Israël : Ivri Lider. Il chante, entre autres titres, le tube "The Man I love", rendu célèbre par l'interprétation de Billie Holiday. Pourtant, c'est aussi pour ses revendications et son statut d'icône gay que le chanteur a été choisi : "Il ne cache pas son homosexualité, au contraire, il en parle beaucoup" explique Gal Uchovsky.
Récompensé à Berlin
The Bubble a remporté le Prix du Public ainsi que le Prix CICAE, au Festival de Berlin 2007. (Allociné)
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