14 juin 2008
Reinas
Sortie en France 11 janvier 2006
Espagne
Réalisateur : Manuel Gomez Pereira
Producteur exécutif : Jose Luis Escolar
Scénariste : Manuel Gomez Pereira, Yolanda Garcia Serrano, Joaquin Oristrell
Directeur de la photographie : Juan Amoros
Compositeur : Miguel Polo
Monteur : Jose Salcedo
Chef décorateur : Carlos Conti
Costumier : Paco Delgado
Comédie
107 mn
Distribution :
Veronica Forque (Nuria), Carmen Maura (Magda), Marisa Paredes (Reyes), Mercedes Sampietro (Helena), Gustavo Salmeron (Hugo), Betiana Blum (Ofelia), Unax Ugalde (Miguel), Hugo Silva (Jonas), Daniel Hendler (Oscar), Paco Leon (Narciso), Raul Jiménez (Rafa), Jorge Perugorria (César), Lluis Homar (Jacinto), Tito Valverde (Hector).
Synopsis :
C’est l’histoire de six fils, cinq mères, un père, un chien et de tout ce qui va leur arriver durant un long week-end... avant que les garçons n’épousent l’homme de leur vie. Si Manuel Gómez Pereira a choisi de centrer son discours sur le mariage homosexuel, ce n’est pas par opportunisme, mais pour évoquer un fait social nouveau dans la société espagnole. En cela, le réalisateur s’inscrit en digne successeur du Roi de la Movida, Pedro Almodovar, dont on ne retrouve pas moins de trois des actrices fétiches au générique de cette folle comédie espagnole : Carmen Maura, Marisa Paredes et Verónica Forqué.
Critiques
Notes
Bande-annonce
Site officiel
Secrets de tournage
Tout sur nos mères
Le cinéaste précise ses intentions : "Nous voulions démystifier le mythe des mères. Dire qu'elles ont leurs défauts, qu'elles ne sont pas parfaites, qu'au-delà de leur condition de mères, ce sont des femmes." La scénariste Yolanda Garcia Serrano explique de son côté : "Nous avons choisi un mariage parce que nous voulions raconter comment se comportent les mères à l'occasion du mariage de leurs fils. Comment elles réagissent face au sentiment que leur fils leur échappe et du coup, deviennent égoïstes, manipulatrices..." Face à elles, le film fait le portrait d'enfants "qui, en dépit de leurs efforts pour être indépendants, ont un lien très fort avec leur mère", ajoute la scénariste
Mères au bord de la crise de nerfs
Trois des héroïnes de Reinas sont incarnées par des égéries du prince de la Movida, Pedro Almodovar. Carmen Maura fut ainsi la complice du cinéaste dès le premier long métrage de celui-ci, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier. Ils se retrouveront sur six autres films, notamment Femmes au bord de la crise de nerfs, jusqu'à Volver (2006), un film dont le tournage a démarré peu après celui de Reinas. Marisa Paredes s'est fait connaître du grand public grâce à sa performance dans Talons aiguilles (1992), mais on la vu dans quatres autres films du metteur en scène espagnol, dont La Fleur de mon secret et Tout sur ma mere. Quant à Veronica Forque, elle a été dirigée à 3 reprises par Almodovar, qui l'a choisie en particulier pour le rôle-titre de Kika. Ajoutons que le monteur de Reinas n'est autre que Jose Salcedo, collaborateur du réalisateur madrilène sur la majorité de ses films.
The gay married
La particularité de Reinas est que les six fils du film sont homosexuels. Le cinéaste justifie ce choix : "Nous avons décidé que les enfants seraient homosexuels parce que je voulais évoquer un fait social nouveau qui s'est transformé en banalité (...) Reinas n'est pas un film opportuniste mais opportun. Il a été écrit il y a plus de deux ans, quand la loi sur la mariage homosexuel n'était même pas en projet."
A la ville comme à l'écran
Reinas est sorti en Espagne le 8 avril 2005. Quelques semaines plus tard, la loi autorisant l'union entre des personnes du même sexe entrait en vigueur dans le pays, et ce malgré l'opposition des milieux conservateurs -une manifestation à l'appel des associations catholiques a même rassemblé 600 000 personnes le 18 juin. Dès le 11 juillet se tenait à Madrid le premier mariage homosexuel, unissant Emilio Menédez, un vétérinaire de 50 ans, et Carlos Baturin, un psychiatre de 69 ans.
Forqué-Pereira, une union qui dure
Reinas marque la troisième collaboration de Veronica Forqué avec Manuel Gomez Pereira, après Salsa rosa en 1991 et Por qué lo llaman amor cuando quieren decir sexo ? en 1992.
Hendler, le fils d'Elias et d'Ofelia
Au sein de ce casting hispanique, signalons la présence, dans le rôle du fils d'Ofelia, de l'Uruguayen Daniel Hendler. Cet acteur avait été remarqué dans 25 watts de ses compatriotes Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll et surtout dans Le Fils d'Elias de l'Argentin Daniel Burman, film qui lui valut le Prix d'interprétation à Berlin en 2004. (Allociné)
Sagan
Sortie en France 11 juin 2008
France
Réalisatrice : Diane Kurys
Producteur : Diane Kurys
Scénariste : Diane Kurys, Martine Moriconi, Claire LeMaréchal
Directeur de la photographie : Michel Abramowicz
Compositeur : Armand Amar
Monteuse : Sylvie Gadmer
Directeur artistique : Maxime Rebière
Chef décoratrice : Alexandra Lassen
Costumière : Nathalie Du Roscoat
1er assistant réalisateur : Louna Morard
Ingénieur du son : Dominique Levert, Guillaume Bouchateau, Christian Fontaine
Directeur du casting : Gérard Moulevrier
Drame, Biopic
117 mn
Distribution :
Sylvie Testud (Françoise Sagan), Pierre Palmade (Jacques Chazot), Lionel Abelanski (Bernard Franck), Jeanne Balibar (Peggy), Denis Podalydès (Guy Schoeller), Arielle Dombasle (Astrid), Samuel Labarthe (René Julliard), Guillaume Gallienne (Jacques Quoirez), Bruno Wolkowitch (Philippe), Gwendoline Hamon (Suzanne Quoirez), Alexis Michalik (Denis Westhoff 23/33 Ans), Chantal Neuwirth (Mme Lebreton), Margot Abascal (Florence Malraux), Silvie Laguna (Mme Bartoli), Bernard Crombey (Pierre Quoirez), Alexia Strési (Paola), Nora Habib (Françoise Verny), William Miller (Robert Westhoff), Victor Sévaux (Denis Westhoff 13/15 Ans), Guillaume Denaiffe (Le Jeune Amant), Yann Babilee Keogh.
Synopsis :
''Sur ce sentiment inconnu, dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.'' Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de '' La Sagan ''. Un mythe fait de formules brillantes, d'amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l'on qualifie d'anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d'écrire, d'aimer, et de se détruire...
Critiques
Entretien avec Diane Kurys
Bande-annonce, Extraits
Secrets de tournage :
Un téléfilm avant d'être un film
Sagan était initialement un téléfilm en deux parties de quatre-vingt-dix minutes ("Un charmant petit monstre" et "Des bleus à l'âme") réalisé pour France 2. Au vu de sa qualité, Luc Besson, via sa société EuropaCorp, décide d'en acquérir les droits pour le cinéma. Sorti en salles le 11 juin 2008 pour une version cinématographique de près de deux heures, Sagan sera diffusé par France 2 trois mois plus tard en format téléfilm de trois heures.
Retrouvailles
Sagan marque plusieurs retrouvailles. C'est ainsi la deuxième fois que Diane Kurys, après L'Anniversaire, dirige Pierre Palmade. Ce dernier avait déjà tourné avec Arielle Dombasle dans Astérix et Obélix contre César. Guillaume Gallienne et Lionel Abelanski avaient travaillé ensemble à deux reprises : pour Narco et Un samedi sur la Terre. Enfin, Jeanne Balibar et Denis Podalydès sont des habitués l'un de l'autre, puisqu'ils ont partagé l'affiche de trois films avant Sagan : Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), Comédie de l'innocence et Dieu seul me voit (Versailles-chantiers).
Actes manqués
Diane Kurys n'a pas connu Françoise Sagan. Elles avaient pourtant failli travailler ensemble : la cinéaste avait proposé à l'écrivain d'écrire le scénario des Enfants du siècle, sachant qu'elle adorait la correspondance entre George Sand et Alfred de Musset. Cela ne s'est finalement pas fait.
L'idée d'un film sur Sagan
"J'ai toujours eu l'impression qu'elle faisait partie de ma vie", explique Diane Kurys. "En lisant les articles qui lui étaient consacrés (...) au moment de son décès, (...) j'ai vu à quel point sa vie avait été romanesque, intense, riche. (...) Je me suis mise à lire tout ce qu'on avait écrit sur elle, je me suis replongée dans ses romans, j'ai regardé ses interviews, et l'idée de faire un film sur sa vie ne m'a plus quittée."
Une personnalité atypique
Françoise Sagan était dotée d'une forte personnalité, difficile à cerner. Diane Kurys raconte comment elle s'y est prise pour dresser son portrait : "J'ai voulu la montrer dans son ambiguïté, à la fois proche, humaine et totalement imprévisible. Je n'ai pas cherché à la rendre meilleure qu'elle n'était, j'ai seulement voulu la rendre vraie, en essayant de m'approcher au plus près. Elle était généreuse, passionnée, passionnante et elle pouvait être un monstre d'égoïsme, elle était lâche aussi, parfois. Faire le portrait de quelqu'un, c'est aussi faire un portrait de soi-même."
Les hommes et femmes de sa vie
En amont du tournage, Diane Kurys a tenu à rencontrer certaines personnalités qui avaient marqué l'entourange de Françoise Sagan, dont Florence Malraux, Jean-Claude Brialy ou Régine. Elle a en outre demandé au fils de l'écrivain, Denis Westhoff, d'être le conseiller artistique du film. "C'est la première personne que j'ai appelée quand j'ai eu l'idée de faire ce film", explique-t-elle. "J'avais besoin de son approbation, de son regard, et de son aide. Il lui ressemble beaucoup, j'étais d'ailleurs très impressionnée à l'idée de le rencontrer."
L'évidence du choix de l'actrice
L'idée de faire tenir le rôle de l'écrivain à Sylvie Testud s'est très vite imposée à la réalisatrice. Lors d'un déjuner avec Thierry Taittinger qui revenait de l'enterrement de Françoise Sagan, celui-ci avait d'ailleurs dit à Diane Kurys que si un film se faisait, il faudrait prendre Sylvie Testud. Un choix que ne regrette absolument pas la cinéaste : "Cela m'a paru une évidence, et c'est elle que j'avais en tête quand je me suis lancée dans l'aventure. C'est une femme intelligente et courageuse, comme Sagan, et elle écrit elle aussi... Elle a compris le challenge que représentait le rôle. Elle a aussi un côté "petit soldat" : elle entraîne son monde derrière elle, et c'était un vrai bonheur de voir son travail, sa concentration et la légèreté avec laquelle elle avait l'air de faire tout cela."
La place de l'improvisation
Sur Sagan, la réalisatrice dit avoir laissé une grande liberté aux interprètes : "Depuis quelques films, moi qui avais tendance à vouloir tout contrôler, je me "lâche" sur l'improvisation. Moins on contrôle, plus on est heureux à la fin : je laisse donc aller autant que possible, dans les moments où cela vient, et en fonction des personnalités."
Une phrase culte
Quand on demande à Diane Kurys s'il existe une phrase de Françoise Sagan qui l'a particulièrement marquée, elle répond : "Je voudrais avoir dix ans, je voudrais ne pas être adulte. Voilà." Une phrase qui, pour la cinéaste, représente vraiment l'écrivain : quelqu'un qui n'a pas voulu grandir, qui a voulu, dans sa pensée, dans son mode de vie et son désir de liberté, rester une petite fille en révolte, une enfant un peu trop gâtée mais désireuse de garder son innocence.
Un rôle sur mesure
Si Sylvie Testud indique avoir été à la fois enchantée et paniquée quand Diane Kurys lui a offert le rôle ("Je ne voyais pas de rapport évident entre Sagan et moi"), elle s'est finalement rendu compte que toutes les deux étaient finalement assez proches. "En lisant des biographies, en l'écoutant, en la regardant, j'ai effectivement découvert beaucoup de points communs. Par exemple, comme elle, j'aime les belles voitures (...) Elle explique qu'elle ne boit pas de champagne et qu'elle est très déprimée dans les soirées qui n'offrent que du champagne : moi aussi."
Des amis qui nous veulent du bien...
Sylvie Testud indique avoir rencontré certains des amis de Françoise Sagan encore en vie, mais qu'ils lui ont en fait compliqué la tâche. "Le premier la disait timide, le deuxième la qualifiait de séductrice, le troisième voyait en elle uneintrovertie...chacun se l'était appropriée." Ce sont finalement les enregistrements et l'INA qui ont le plus aidé l'actrice. "Après, c'est la vision artistique de Diane [Kurys] qu'il me fallait suivre." (Allociné)






