Ciné Gay & Lesbien

Cinéma gay

28 juin 2008

Chromophobia

Chromophobia__2006_

Sortie en France 10 mai 2006
USA

Réalisatrice : Martha Fiennes
Producteur : Tarak Ben Ammar, Ron Rotholz 
Producteur exécutif : Robert Bevan, Steve Christian, Ron Rotholz, Marc Samuelson, Peter Samuelson
Scénariste : Martha Fiennes
Directeur de la photographie : George Tiffin 
Compositeur : Magnus Fiennes 
Chef décorateur : Tony Burrough
Thriller, Drame
110 mn
Distribution :
Ben Chaplin (Trent Masters), Penélope Cruz (Gloria), Ralph Fiennes (Stephen Tulloch), Ian Holm (Edward Aylesbury), Rhys Ifans (Colin), Damian Lewis (Marcus Aylesbury), Kristin Scott Thomas (Iona Aylesbury), Harriet Walter (Penelope Aylesbury).
Synopsis :
Que faire quand : Votre épouse, Iona Aylesbury (Kristin Scott Thomas), confond psy et shopping ? Votre fils, Orlando, du haut de ses 8 ans, tague le nom de son lapin sur les murs pour se faire remarquer ? Tandis que son gay parrain, Stephen (Ralph Fiennes), gît sur son lit d'hôpital après avoir été pratiquement battu à mort ? Et que votre patron vous attire dans une magouille mettant votre carrière en danger ? Votre père, Edward Aylesbury, a un enfant illégitime avec son ex-maîtresse Gloria (Penélope Cruz) dont le passé et le présent sont impitoyablement fouillés par l'assistant social Colin (Rhys Ifans) ?
La seule relation vraiment affectueuse dans le paysage est celle qui unit votre belle-mère Penelope (Harriet Walter) à ses chiens. Toute la famille a enfoui secrets et mensonges derrière les murs de sa maison : autant de dilemmes pour Marcus Aylesbury (Damian Lewis).
Quand Trent (Ben Chaplin), vieil "ami" de Marcus et brillant reporter d'investigation, déniche une info qui fera immanquablement de lui une star médiatique, les bonnes vieilles vertus nommées honnêteté, loyauté et amitié sont sacrifiées sur l'autel de la nouvelle éthique du succès et de la célébrité. Aiguillonné par sa rédactrice survoltée, Trent est obligé d'oublier ses idéaux de journaliste justicier et de pondre des papiers accrocheurs.
Cette comédie noire précipite impitoyablement ses personnages dans des situations menaçant leur statut dans la société londonienne d'aujourd'hui...
Extraits

Secrets de tournage :
Présenté à Cannes 2005
Ce film a été présenté au Festival de Cannes 2005 en sélection officielle, hors-compétition. Il a également été projeté en clôture de cette prestigieuse manifestation.
Martha Fiennes retrouve son frère
Chromophobia donne à la réalisatrice et scénariste Martha Fiennes l'occasion de diriger pour la seconde fois son frère, l'acteur Ralph Fiennes, cinq ans après le film d'époque Onegin.
Une artiste anglaise à la sensibilité new-yorkaise
Selon le producteur Tarak Ben Ammar, "Chromophobia est une méditation incisive sur la vie moderne dans les grandes cités." Son collaborateur Ron Rotholz ajoute : "Bien que Martha Fiennes soit une artiste anglaise par essence, sa façon d'aborder le cinéma se rapproche davantage de réalisateurs américains comme Robert Altman ou Paul Thomas Anderson. Chromophobia est certes un film dont l'action se déroule à Londres, mais sa sensibilité me paraît davantage new-yorkaise. Martha a écrit et réalisé un film percutant, qu'il s'agisse de la forme ou du fond, et une telle preuve d'ambition ne peut que galvaniser l'industrie cinématographique anglaise dans son ensemble."
L'enthousiasme du producteur Ron Rotholz
A l'origine de Chromophobia, il y a une réalisatrice-scénariste mais également un producteur : Ron Rotholz. Ce dernier venait de quitter New York pour s'installer à Londres, à la recherche d'un projet dans lequel investir. Il se souvient : "J'avais en ma possession les fonds nécessaires à l'achat de scénarios et à leur développement. J'ai donc appelé des agents et entamé une recherche de scripts disponibles. Je suis alors tombé sur un article qui parlait des femmes dans l'industrie cinématographique anglaise. J'ai demandé à mon assistant de dresser une liste de toutes les personnes dont cet article faisait mention, de chercher leurs coordonnées et de rentrer en contact avec elles."Ayant fait la connaissance de Ralph Fiennes à l'époque où il tournait Dragon Rouge, il a tenu à rencontrer sa soeur Martha. Celle-ci avait un projet, Chromophobia que Ron Rotholz a tout de suite adoré, car le script s'inscrivait dans la tradition des films de David O. Russell et Paul Thomas Anderson, qui sont tous deux de très bons amis à lui.
Une volonté de changer de registre
Martha Fiennes avoue avoir été influencée par cette nouvelle vague de films indépendants américains dont les figures emblématiques sont David O. Russell et Paul Thomas Anderson. Prenant conscience qu'elle ne recevrait jamais aucun projet de cette veine-là, la réalisatrice s'est attelée elle-même à l'écriture du scénario de ce qui allait devenir Chromophobia. Celle-ci s'explique : "Après avoir fait Onegin, j'avais été labellisée "réalisatrice spécialisée dans les films d'époque" et j'avais fait mon deuil d'un scénario contemporain, risqué et original, que l'on viendrait me proposer. Je me suis donc assise à mon ordinateur et je me suis retroussé les manches."
Un casting quatre étoiles
Pour Chromophobia, Martha Fiennes a eu la chance de réunir un casting prestigieux allant de l'Espagnole Penélope Cruz à son frère Ralph Fiennes en passant par les Britanniques Kristin Scott Thomas et Ian Holm. La réalisatrice raconte : "Tous ces comédiens ont répondu à mon scénario avec énormément de générosité et d'intelligence. Ce sont des personnes avec lesquelles il m'a été très facile de travailler, qui ont vraiment tiré le film vers plus haut que j'aurais pu en rêver. Par exemple, Ben et Damian sont tellement drôles quand ils sont ensemble ! Leur sens de l'humour transpire véritablement à l'écran. Il me semble aussi que la dynamique qu'il y a entre Kristin et Damian fait vraiment des étincelles. Sans parler de la magie des scènes entre Penélope Cruz et Ian Holm."
Un scénario particulièrement complexe
La complexité du scénario a énormément joué dans l'engagement des comédiens. Comme le fait remarquer Kristin Scott Thomas, "Martha est quelqu'un de très agréable à côtoyer, et son scénario est d'une richesse et d'une complexité rares. C'est un film particulièrement ambitieux. Martha est formidable, et j'aime le sentiment que certaines personnes s'engagent sur des projets difficiles. C'est tellement plus excitant pour les comédiens !" (AlloCiné)
Critiques :
Une déconstruction réussie de l’establishment londonien.
Présenté hors compétition lors du dernier festival de Cannes, le deuxième long-métrage de Martha Fiennes a clos cette manifestation sur une note très british.
Totalement filmé à Londres et interprété par des acteurs presque tous anglais – à l’exception faite de Penélope Cruz- Chromophobia possède ce souffle unique que seuls les réalisateurs de vrai talent parviennent à insuffler à leurs œuvres : un très fort sentiment d’appartenance à une ville, une société, un background.
A l’exemple de Woody Allen lorsqu’il film New York ou Michael Man, Miami, Martha Fiennes fait de la capitale britannique un presque personnage de l’action tant elle est présente dans l’univers des protagonistes et tant elle guide sans même qu’ils ne le sachent leurs actions, sentiments, humeurs…
Conçu à la manière d’un Short cuts – il y a quelque chose de très Altmanien chez la réalisatrice- ou d’un Magnolia, le film reprend par morceaux choisis le parcours de plusieurs personnages tous mêlés de près ou de loin les uns aux autres, à un moment où chacun d’entre eux est confronté à une crise ou face à un choix. A partir de ce noyau de départ, Martha Fiennes s’attarde à focaliser son objectif sur chacune de ces psychologies complexes pour donner l’impression au spectateur de sortir du drame collectif et universel pour toucher au personnel. Le scénario, quoique assez décousu, fait, en effet, la part belle aux psychologies intérieures, aux névroses, aux problèmes identitaires. C’est, d’ailleurs là la plus grande force du film : Martha Fiennes prend un malin plaisir à casser à force de clichés- chirurgie esthétique, shopping compulsif, pratiques sexuelles débridées, spéculation financière…- l’image lisse et policée d’un establishment londonien toujours très propre sur lieu en apparence et auquel presque tous les personnages appartiennent. L’avocat, le juge, la femme au foyer, l’universitaire érudit : tous se cachent derrière la façade des apparences. Et la seule qui déroge à la règle semble paradoxalement être la prostituée malheureusement totalement surjouée par Penélope Cruz.
A part cette erreur d’interprétation et quelques faiblesses dans le scénario, Chromophobia constitue une bonne surprise qui n’a pas manqué de faire son petit effet sur les festivaliers en mai dernier et qui j’en suis sûre produira le même sur le spectateur lors de sa sortie en salles. (Nathalie Couturier, Comme au Cinéma.com)
A propos du film :
Tout en étant le récit de la désintégration d’une famille bourgeoise londonienne, Chromophobia est avant tout une comédie dramatique à portée universelle, un film qui pourrait aussi bien se dérouler de nos jours à Los Angeles, à New York, à Paris ou à Tokyo. La scénariste et réalisatrice Martha Fiennes s’est ingéniée à débusquer les squelettes cachés dans les placards de ses personnages, sapant certaines fondations d’une certaine société londonienne, riche et influente.
Selon le producteur Tarak Ben Ammar, “ Chromophobia est une méditation incisive sur la vie moderne dans les grandes cités. Travailler avec ce groupe de comédiens de première classe a été un honneur pour moi, et aider à révéler le talent de Martha Fiennes fut un véritable plaisir. ” (…)
La psychanalyse, la chirurgie esthétique, les thérapies sur mesure, le yoga, l’adultère... Autant de façons pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui de combattre l’ennui et l’insatisfaction chroniques qui les rongent. (…) Au coeur de Chromophobia, une famille anglaise moderne et contrastée telle qu’elle a rarement été dépeinte dans le cinéma contemporain.
(…) Harriet Walter, qui incarne (…) Penelope Aylesbury : “Je crois que l’une des raisons qui a attiré autant de comédiens prestigieux sur ce projet est qu’il s’agit d’un projet rare et ambitieux : un film contemporain qui parle vraiment de l’Angleterre telle que nous la vivons et la connaissons. Ce n’est pas un état des lieux du pays dans son ensemble, juste l’analyse de quelques-unes des strates qui le composent. Mais ces strates sont identifiables, concrètes, ce ne sont pas des caricatures embellies afin de distraire le public américain. (…).”
Ian Holm (lequel interprète le patriarche Edward Aylesbury, le père de Marcus) raconte de son côté : “ (…) Martha est une réalisatrice très précise, mais aussi et surtout extrêmement flexible. Elle apprécie beaucoup la réciprocité entre elle et ses comédiens, et c’est justement la méthode qui me convient le mieux. Aucune prise n’est jamais identique à une autre sous sa direction, ce qui, au moment du montage, lui permet une grande latitude dans ses choix. (…) ”
Rhys Ifans approuve : “ Il me semble que ce scénario ne pouvait avoir été écrit que par une femme, et c’est un sentiment... agréable ! Sa structure est ‘polyvalente’, ainsi que le sont de nombreuses femmes. Par ce terme j’entends que la trame narrative est complexe, que le récit ne se dévide par simplement d’un point A à un point B. ”
La complexité du scénario est précisément un élément très important dans le choix des comédiens d’avoir accepter le film. Ainsi que le fait remarquer Kristin Scott Thomas (Iona Aylesbury) : “ Martha est quelqu’un de très agréable à côtoyer, et son scénario est d’une richesse et d’une complexité rares. C’est un film particulièrement ambitieux. Martha est formidable, et j’aime le sentiment que certaines personnes s’engagent sur des projets difficiles. C’est tellement plus excitant pour les comédiens ! ”
A propos du casting, Damien Lewis ne tarit pas d’éloges : “Travailler avec tous ces comédiens fut également une raison pour moi d’accepter de faire ce film. C’est vraiment une distribution que l’on pourrait qualifier de “grand luxe” : Penélope Cruz, Ralph Fiennes, Ben Chaplin, Ian Holm, Harriet Walter, Kristin Scott Thomas, et la liste n’est pas finie... Il est toujours très bénéfique pour un comédien d’être entouré de gens talentueux. ”
Ralph Fiennes incarne Stephen, le meilleur ami de Iona Aylesbury explique : “ J’ai lu le scénario de Martha et j’ai été complètement bouleversé. C’est l’émotion émanant de Chromophobia qui m’a d’abord marqué. C’est
moi-même qui ai demandé si je pouvais jouer Stephen. J’ai trouvé que c’était le portrait d’un homme avec lequel on pouvait facilement s’identifier. C’est un homosexuel, un homme très raffiné, et ce que j’aime dans le film de Martha, c’est qu’aucun jugement n’est jamais porté sur quiconque. Il n’y a pas de stigmatisation ou de condamnation de quoi que ce soit. Tous les personnages sont faillibles, et c’est ce qui permet au spectateur d’entrer dans l’histoire du film comme s’il s’agissait de la sienne.”
“ J’adore travailler en Angleterre ”, s’amuse Kristin Scott Thomas. “ J’ai beaucoup tourné en langue française et j’avais oublié combien il est facile, finalement, de s’exprimer dans sa langue maternelle ! Un des éléments que j’apprécie le plus dans ce métier, c’est quand il m’est donné l’opportunité de jouer des femmes anglaises contemporaines. Et il est toujours formidable de faire un film dans ce pays où l’industrie du cinéma n’existe que difficilement. Les créations cinématographiques qui proviennent d’Angleterre sont toujours marquées d’un sceau très spécial qui les rend particulièrement excitantes. Il y a quelque chose d’incroyablement glamour dans le fait de faire des films anglais ! ”
Damian Lewis acquiesce : “ Travailler au sein d’une petite structure, où l’on est obligé de tourner beaucoup de minutes utiles au sein d’une même journée parce que les délais sont plus courts, tout cela crée une atmosphère plus intimiste : c’est une expérience où l’on se sent davantage impliqué. Chromophobia est un film rare parce que ce n’est pas un film à gros budget bien que son casting, lui, soit imposant. ” (…)
La réalisatrice Martha Fiennes : “ (…) J’ai été très inspirée par cette nouvelle vague de films indépendants américains. Un jour, j’ai pris conscience que je ne recevrais jamais aucun projet de cette veine-là, qui pourtant m’inspire beaucoup en tant que cinéaste. Après avoir fait Onegin, j’avais été labellisée “réalisatrice spécialisée dans les films d’époque” et j’avais fait mon deuil d’un scénario contemporain, risqué et original, que l’on viendrait me proposer. Je me suis donc assise à mon ordinateur, je me suis retroussé les manches et j’ai commencé à écrire le scénario de ce qui allait devenir Chromophobia. Le cinéma est vraiment un domaine où l’on vous colle rapidement une étiquette sur le dos. (…). ”
Ron Rotholz : “ Le film jouit d’un casting exceptionnel, et je pense que Martha a atteint son but, qui était de faire état des différentes graduations co-existant dans la vie socio-économique contemporaine. Elle et moi sommes d’accord sur le fait qu’il n’y a pas eu, dans le cinéma britannique, de mouvement artistique similaire a celui qui a secoué le cinéma indépendant américain avec des réalisateurs tels que Paul Thomas Anderson, Alexander Payne, David O. Russell, Wes Anderson, Michel Gondry ou Spike Jonze, qui sont des réalisateurs chevillés à une description très critique des classes moyennes. En Angleterre, le cinéma se concentre d’un côté sur des thèmes liés à la bourgeoisie ou à la noblesse, et de l’autre sur des sujets très durs qui se déroulent dans les milieux défavorisés. Il me semble que les classes moyennes ont été oubliées en cours de route, et le fait qu’un cinéma qui en rende compte me paraît nécessaire, un mouvement artistique que j’appellerais “post-cool Britannia” ou “post-nouveaux travaillistes”. (…). ”
“ Je dois dire que réunir un tel casting est quelque chose de rare, et que j’ai eu beaucoup de chance ”, poursuit de son côté Martha Fiennes. “ Tous ces comédiens ont répondu à mon scénario avec énormément de générosité et d’intelligence. Ce sont des personnes avec lesquelles il m’a été très facile de travailler, qui ont vraiment tiré le film vers plus haut que j’aurais pu en rêver. (...). Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est d’explorer, d’essayer des choses, de faire des erreurs et d’en déduire ce qui fonctionne ou pas. Chacun de mes comédiens a vraiment donné tout ce qu’il avait. Travailler avec quelqu’un comme Ian Holm a par exemple été une expérience extraordinaire pour moi. (…). ”
“ Il y a deux aspects dans le travail avec des comédiens aussi différents et importants que ceux que j’ai eu pour Chromophobia ”, continue Ron Rotholz. “ D’abord les enjeux administratifs, et ensuite tout le côté créatif. Tourner un film au casting prestigieux sur une durée de quarante-trois jours vous oblige quasiment à diriger en parallèle une agence de voyages ! Mais tout a fonctionné merveilleusement bien. D’un point de vue strictement créatif, ce film a été un enchantement parce que nous racontions plusieurs histoires au lieu d’une. Tous les dix jours, nous abordions un nouveau personnage et une nouvelle histoire, ce qui est très rafraîchissant pour les techniciens dans la mesure où, au-delà de l’agitation que cela peut générer, cela
permet aussi de maintenir une motivation permanente. On ne se sent jamais à la merci d’un seul et unique fil narratif. Et cela se traduit à l’écran : chaque spectateur aura son histoire préférée et son personnage de prédilection ! ” (…)
“ Chromophobia est un drame contemporain ”, ajoute Ron Rotholz, “ mais c’est un drame à caractère introspectif, internalisé, loin des schémas habituels des films dits ‘londoniens’. Je n’avais jamais travaillé avec une réalisatrice auparavant, mais j’ai passé quatre ans en étroit partenariat avec Madonna au sein de Maverick, donc je sais parfaitement bien ce que signifie travailler avec des femmes de pouvoir ! ” (…) (Comme au Cinéma.com)

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Meurtrières

Meurtri_res__2006_

Sortie en France 28 juin 2006
France
Réalisateur : Patrick Grandperret
Producteur : Sylvie Pialat, Patrick Grandperret, Mathieu Bompoint
Scénariste : Frédérique Moreau, Patrick Grandperret 
Dialoguiste : Frédérique Moreau, Patrick Grandperret 
Sur une idée de Maurice Pialat
Directeur de la photographie : Pascal Caubère 
Cadreur : Patrick Grandperret 
Compositeur : Silth 
Monteur : Dominique Gallieni 
Ingénieur du son : Jean-Louis Ughetto 
Directrice du casting : Shula Siegfried 
Scripte : Emilie Grandperret
Drame
97 mn
Distribution :
Hande Kodja (Nina), Céline Sallette (Lizzy), Gianni Giardinelli (Yann), Anais De Courson (Hélène), Isabelle Caubère (Madame Jobert), Shafik Ahmad (Malik), Karine Pinoteau (Joanna), Eugène Durif (Le Psychiatre), Olivia Zulke (La Chanteuse De Silth), Léo Grandperret (Le Guitariste De Silth), Bastien Catenacci (Le Bassiste De Silth), Mark Rutledge (Le Batteur De Silth), Martin Grandperret (Le Jeune Homme Sur La Jonque).
Synopsis :
Nina et Lizzy.La rencontre de deux jeunes filles normales, juste un peu fragiles.Entre elles, une reconnaissance immédiate...Ensemble, elles sont fortes, euphoriques...Elles n'ont pas beaucoup de chance, pas d'argent, elles n'ont que leurs rêves.Deux jeunes filles en quête d'amour.Et chaque instant qui passe, chaque rencontre leur ferment un peu plus les portes d'un monde dont elles n'ont pas les clés.Rien en poche, on ne va pas loin.Ou carrément trop loin.
Bande-annonce, Extraits

Secrets de tournage :
Distingué à Cannes
Meurtrières a été présenté en Sélection officielle au Festival de Cannes en 2006, dans le cadre de la section Un certain regard. Il y a décroché le Prix du Président du jury (celui-ci étant Monte Hellman).
Un projet de Maurice Pialat
Au milieu des années 70, la compagne de Maurice Pialat, Arlette Langmann, écrit un récit autobiographique, Les Filles du faubourg, le portrait d'un groupe de jeunes filles dans les années 60. Le projet obtient l'avance sur recettes, mais le scénario n'étant pas abouti et le financement pas réuni, le cinéaste décide de mettre en chantier un autre film (avec l'argent déjà obtenu pour Les Filles du faubourg...), Meurtrières, inspiré d'un authentique fait divers de l'époque : l'assassinat d'un automobiliste par deux jeunes autostoppeuses. Il se lance alors dans un long travail de recherche, se rend sur les lieux du crime, et choisit deux comédiennes. Le tournage commence en 1976 mais, en raison de multiples problèmes techniques, financiers et de casting, s'interrompt au bout de quelques jours. Pialat réalise alors Passe ton bac d'abord (1978) puis Loulou (1980), mais il garde encore l'espoir de reprendre Meurtrières. Au début des années 80, il fait ainsi passer des essais à une jeune inconnue nommée Sandrine Bonnaire, à qui il souhaite confier le rôle d'une des deux criminelles. Mais ce film maudit ne verra pas le jour, et le cinéaste propose à la comédienne prometteuse de jouer dans... Les Filles du faubourg. Ce projet a évolué au fil des ans : il ne s'agit plus d'un film d'époque, ni d'un film de groupe. Rebaptisé Suzanne puis A nos amours, ce long métrage vaudra à Pialat le César du Meilleur film, et à Bonnaire celui du Meilleur espoir féminin. Après Le Garçu (qui restera son dernier film, en 1995), le réalisateur tentera une énième fois de relancer le projet Meurtrières, mais la maladie l'empêchera de le mener à bien. Il disparaît le 11 janvier 2003.
Le grand saut du Worso.
On doit la renaissance de Meurtrières à la veuve de Maurice Pialat, Sylvie Pialat, qui fut scénariste sur Police, Sous le soleil de Satan et Le Garçu. A la mort de son mari, elle se lance dans la production en créant la société Les Films du Worso, du nom du rassemblement d'un peuple nomade du Tchad, les Woodabés. Ceux-ci sont en effet au coeur du premier film qu'elle finance, le documentaire Un voyage chez les Woodabés (2004). Meurtrières est le premier long métrage produit par Les Films du Worso, bientôt suivi par La Faute à Fidel de Julie Gavras.
Le fil(m) de la vie
Patrick Grandperret connaissait bien Maurice Pialat pour avoir été son assistant sur Passe ton bac d'abord (1976) et Loulou (1980). "Je ne connaissais pas Sylvie [Pialat] quand j'ai travaillé avec Maurice (...) nous ne nous sommes rencontrés que lors des derniers moments de la vie de Maurice, Sylvie ayant envie de retrouver certains de ses proches", révèle le réalisateur. "Après la disparition de Maurice, nous nous sommes revus et il m'a parlé de ses projets en cours dont la mise en oeuvre traînait un peu. J'ai repensé au scénario de Meurtrières ébauché par Maurice sur une vingtaine de pages", explique pour sa part la productrice. "Ce qui m'intéressait avant tout, c'était que Patrick tourne un film [le cinéaste n'avait rien tourné pour le cinéma depuis Les Victimes en 1996]. Il manquait au cinéma français... en tout cas il me manquait à moi en tant que cinéphile... Finalement, pour moi c'était un peu comme rencontrer tardivement un membre de ma famille que je n'avais jamais connu..."
Du fait divers au scénario
Patrick Grandperret revient sur les changements auxquels il a procédé par rapport au fait divers et à l'ébauche de scénario de Maurice Pialat : "Maurice avait développé une continuité d'une quinzaine de pages dont nous avons repris une partie de la structure avec Frédérique Moreau. Sylvie nous a confié un dossier où figuraient les interrogatoires des policiers. Nous avons su comment elles s'étaient procuré des couteaux sans préméditation et comment le crime s'était passé. Le film s'inspire davantage de la réalité des faits, même si nous avons opté pour certains choix. Dans le fait divers, une des filles était une jeune arabe en conflit avec son père qui l'avait tondue parce qu'elle fréquentait des garçons, d'ailleurs elle portait une perruque au moment du crime. Nous avons décidé de transposer ce personnage, car ce conflit dans une famille musulmane aurait été réducteur. Je voulais simplement deux jeune filles normales, juste un peu fragiles."
Tanner aussi
Le fait divers qui est à l'origine de Meurtrières a inspiré le cinéaste suisse  Alain Tanner pour son film Messidor, sorti en 1978.
Fille perdue, cheveux blonds
Hande Kodja, dont Meurtrières marque la première apparition au cinéma, parle de son personnage : "Le scénario était encore en frîches quand on a commencé à travailler avec Patrick Grandperret et Céline [Sallette]. On échangeait des impressions pour imaginer le passé de ces deux filles, puis Patrick clarifiait son choix pour que nous ayons tous une même vision des personnages et de leur parcours. Je pense que nos caractères respectifs ont aussi dessiné nos personnages. Au départ (...) Nina était une romanichelle, j'ai préféré lui donner mes origines géorgiennes et turques. J'ai aussi soufflé à Patrick l'idée de faire jouer le groupe Bratsch. Je me reconnaissais forcément dans le personnage de Nina, moi aussi j'ai perdu mon père jeune, j'avais dix ans." La scène de la mort du père a d'ailleurs été très difficile à tourner pour la jeune fille : "(...) j'étais débordée par l'émotion, la souffrance remontait. Après chaque prise, je partais en courant, je pleurais, j'étais en rage, j'avais envie de tout casser. Je n'avais jamais connu une telle violence en moi", se souvient-elle.
Deux filles d'aujourd'hui
Céline Sallette évoque le travail en tandem avec Hande Kodja, qu'elle a côtoyée au Conservatoire : "On aurait pu se détester, le fait est que notre relation sur le tournage était plutôt fusionnelle. On s'est soutenues dans les moments où la pression était trop forte, c'était notre première grande histoire de cinéma, on a appris beaucoup. Avec Hande, on se croisait au Conservatoire, aujourd'hui je suis très admirative de son travail, je trouve qu'elle rend Nina fascinante. Le film repose sur le duo, je me rappelle avant le tournage, j'ai regardé de nombreux films avec des duos, alors je voulais voir comment cette alchimie particulière qui se crée à deux peut exister à l'écran. Par exemple, j'ai vu des reportages sur les clowns, j'ai revu Les Valseuses, L'Epouvantail, Merci la vie (...) et Thelma et Louise évidemment."
En famille
A l'image de son ami Jean-François Stévenin, Patrick Grandperret aime travailler en famille. Il a engagé sa fille Emilie comme scripte. Son fils aîné Martin, chorégraphe, a fait suivre un entraînement physique aux deux comédiennes, et joue dans le film le rôle du jeune homme sur la jonque. Quant à l'autre fils du cinéaste, Léo Grandperret, il officie comme guitariste au sein du groupe de métal parisien, Silth, fondé avec ses camarades de lycée Mark et Bastien. Le groupe signe la BO de Meurtrières et apparaît dans le film, les deux héroïnes assistant à un de leurs concerts.
Dernier casting
Les deux comédiennes choisies pour les rôles principaux ont été présentées au cinéaste, parmi une quarantaine d'autres, par Shula Siegfried, directrice de casting qui a travaillé sur des dizaines de films, parmi lesquels Chouans !, Camille Claudel ou L'Appât. Elle est décédée en 2005, Meurtrières est son dernier casting. (AlloCiné)
Critiques :
Un duo d’écorchées vives
Une blonde, Nina, voluptueuse, mystérieuse, silencieuse et une brune, Lizzy, agressive, impulsive, excessive. Elles se rencontrent dans un hôpital psychiatrique. Leur point commun serait t-il la folie ? Le titre, Meurtrières, le laisse présumer. On s’attend alors à suivre les péripéties de deux psychotiques assoiffées de sang. Non, rien de tout ça. Voici plutôt deux fofolles, avec pour point commun la galère, l’abandon et surtout la quête identitaire.
Ce duo de donzelles dresse un portrait poignant d’une jeunesse sans repère, submergée par une envie d’ailleurs. On s’attache immédiatement à ces libellules agressées par le désir qu’elles suscitent. Le film insiste sur le regard que portent les hommes sur ces corps sortis de l’adolescence... L’oeuvre nous emporte alors dans une atmosphère d’érotisme mortifère, un brin glauque, violente mais surtout qui sonne juste.
La scène liminaire fait frissonner. Le spectateur, un peu déconcerté, tâtonne, cherche les connexions, puis tout tourbillonne. L’intrigue démarre très vite (finalement il commence par sa fin). Ce rythme d’enfer permet de découvrir une galerie de personnages bien ancrés dans la réalité : une bourgeoise qui fait sa B.A en les prenant en autostop, un quinquagénaire tchatchant en verlan et surtout des vicieux qui les perçoivent tels des objets sexuels…
Malgré ces désillusions, Lizzy et Nina poursuivent leurs pérégrinations. Le thème du nomadisme culmine lors d’une rencontre envoûtante autour d’une jonque chinoise. C’est joli, poétique, on a envi de prendre le large. Aussitôt nos yeux sont gentiment chatouillés par des échos du Voyage De Morvern Callar de Lynne Ramsay : la vie de bohème, la même envie de liberté, les mêmes rêves… Finalement, Nina et Lizzy restent à terre, tout comme le spectateur. L’ambiance du meurtre final est flippant de réalisme, mais n’est qu’un concours de circonstances. La violence jusqu’ici latente, fini par exploser, néanmoins les colombes restent blanches…
Meurtrières, est un mélange doux amer. Certains pourront taxer ce duo blonde/ brune de déjà vu, mais l’ aventure de ces jolies effrontées, adapté d’un fait divers des années 70, apporte une réelle réflexion sur cette jeunesse paumée en quête d’essence . (Lise Chavanne, Comme au Cinéma.com)
Impressions Cannoises  :
Une fois n'est pas coutume, le sens de "équipe du film" à pris toute sa signification pour la présentation cannoise de Meutrieres.
C'est vraiment presque toute l'équipe qui est venue sur la scène de Un Certain Regard. Scripte, directeur de la photographie, musiciens, décorateur, les techniciens sont venus
en groupe avec les actrices Hande Kodja et Celine Sallette. Le réalisateur Patrick Grandperret remercie en disant que c'est agréable d'entendre les applaudissements de la salle avant le film, car ce n'est pas sûr qu'ils soient aussi nombreux après…
Il faisait sans doute allusion à la fin du film où deux adolescentes à la dérive se retrouvent avec du sang sur les mains. En fait, s’il y a eu moins d'applaudissements c'est peut-être à cause d'une impression de déjà vue. Une blonde encore traumatisée par la mort de son père s'en va en faisant du stop, et une brune ne se réveille pas suite à une absorption de somnifères. Les deux adolescentes se rencontrent en hôpital psychiatrique et partent à l'aventure sans un sous en poche. Le scénario est en fait à la base inspirée d'une idée du regretté Maurice Pialat, mais malheureusement Patrick Grandperret n'arrive pas à lui donner le souffle nécessaire. De plus, cette histoire de deux filles sur les routes qui rencontrent des gens plus ou moins fréquentables, ressemble au schéma de Baise Moi en beaucoup trop soft. Ce possible nouveau départ n'est qu'une fuite en avant. Dommage que Meutrieres ne donnent pas assez envie de suivre. (Christophe Maulavé, Comme au Cinéma.com)
Le réalisateur se livre…
Qu’est-ce qui vous a décidé à reprendre ce projet que Maurice Pialat avait souhaité réaliser à deux reprises ?
La façon dont Sylvie, sa femme, me l’a demandé. Sans cela, il ne me serait jamais venu à l’esprit de reprendre un projet de Pialat. Je ne connaissais pas Sylvie quand j’ai travaillé avec Maurice (de 1976 à 1981). Nous ne nous sommes rencontrés que lors des derniers moments de la vie de Maurice, Sylvie ayant envie de retrouver certains de ses proches. Et puis nous nous sommes revus, comme ça, par simple envie de se revoir. Et quelques mois plus tard, Sylvie m’a proposé de réaliser ce projet sur lequel Maurice était souvent revenu avec elle. Maurice m’en avait longuement parlé, mais finalement il avait repoussé ce projet pour réaliser Passe Ton Bac D'abord , qui a été mon premier travail avec lui et Arlette Langman.
Le fait divers dont Meurtrières s’inspire avait fait du bruit à l’époque, d’autres réalisateurs avaient voulu s’en inspirer. Tanner a fait un film autour de ce thème et je crois même que Guy Béart a composé une chanson, « Une autoroute en bois, deux fillettes allaient au pas, elles auto-stoppaient... et ce furent et le diable et la danse »... Dans ce genre d’histoires, le scénario se déroule plutôt en sens inverse, des types violent des filles et les étendent pour ne pas être dénoncés. Là, je trouvais intéressant que les protagonistes soient ces deux jeunes filles. Cela m’a incité à rendre cette histoire plus actuelle, à ne pas la replacer dans les années soixante-dix, mais à ancrer le film dans le climat d’aujourd’hui pour montrer comment des jeunes peuvent être en proie à une violence sourde qui peut les conduire à une autre forme de violence. La société reste aveugle à ces jeunes. Dans Une Saison en Enfer, Rimbaud écrit à propos de la province dont il est issu : « Polis, convenables mais pas charitables ». J’ai des enfants de l’âge de Lizzy et Nina. Je voulais comprendre comment ces deux filles à peine sorties de l’adolescence, un peu insouciantes, mais avec une profonde envie de vivre, peuvent être entraînées dans une série d’événements qui vont les amener à une violence qui les dépasse. Plus que l’acte en lui-même, c’était ce processus qui m’intéressait. On voit d’ailleurs que Nina est vraiment dans le refus de la violence. Elle dit, « Je n’aime pas l’idée de tuer », c’était presque le titre du film pour moi.
On n’a jamais retrouvé les rushes que Maurice Pialat avait commencé de tourner avant d’abandonner le projet. On sait qu’il avait mené une enquête sur les lieux du drame et rencontré les avocats des deux jeunes filles. Quels éléments aviez-vous en main ?
Maurice avait développé une continuité d’une quinzaine de pages dont nous avons repris une partie de la structure avec Frédérique Moreau. Sylvie nous a confié un dossier où figuraient les interrogatoires des policiers. Nous avons su comment elles s’étaient procurées des couteaux sans préméditation et comment le crime s’était passé. Le film s’inspire davantage de la réalité des faits, même si nous avons opté pour certains choix. Dans le fait-divers, une des filles était une jeune arabe en conflit avec son père qui l’avait tondue parce qu’elle fréquentait des garçons, d’ailleurs elle portait une perruque au moment du crime. Nous avons décidé de transposer ce personnage, car ce conflit dans une famille musulmane aurait été réducteur. Je voulais simplement deux jeunes filles normales, juste un peu fragiles.
Comment présenteriez-vous Lizzy et Nina ? Nina a perdu ses parents dans des conditions dramatiques. « Je pleure tout le temps » dit-elle.
Nina se retrouve à un moment où elle est un peu en suspens dans sa vie. Elle souffre de la mort de sa mère et le jour où elle fête son anniversaire, son père est victime d’une crise cardiaque suite à une bagarre parce qu’elle avait embrassé un garçon sur la bouche devant lui. J’ai imaginé que je pouvais lancer le personnage de Nina un peu comme l’héroïne de Wanda de Barbara Loden. Au début, Wanda est affalée sur un canapé, elle squatte chez sa sœur qui la force à se bouger donc elle décide de s’en aller et rencontre par hasard un braqueur... Je voyais bien Nina sur un canapé chez sa tante qui lui dirait, « Ecoute, ce n’est pas comme cela que ça va s’arranger, remue-toi ! » Et finalement, Nina partirait à l’aventure. Elle rencontre Lizzy par hasard et elle se laisse porter... Ça en fait une proie assez facile, même si elle sait se protéger. Elle n’est pas sotte Nina, mais elle est un peu passive, elle attend que quelque chose se passe, comme atterrée par le malheur dans lequel elle se trouve plongée.
Le mal de vivre de Lizzy est plus diffus.
Lizzy est légèrement « borderline », elle a, comme de nombreuses filles de son âge, des relations difficiles avec sa mère. Elle est cyclothymique, ce qui l’entraîne à faire des séjours à l’hôpital où elle y trouve refuge, mais elle n’a pas envie de passer sa vie là-bas.
Nina et Lizzy sympathisent immédiatement. Sans se raconter leur vie, elles se reconnaissent dans un même mal être.
Il y a déjà le fait qu’elles se rencontrent à l’hôpital, où elles sont les plus « normales » du lot ! Entre elles, il y a une sorte de reconnaissance instinctive. Elles n’éprouvent aucun sentiment de rivalité, elles ne sont pas en compétition, elles se retrouvent dans un rapport de sororité face à un monde qui les exclue. Je voulais que le spectateur ait aussi ce même élan d’empathie envers ces deux filles. Elles sont plutôt imprudentes, insouciantes, elles ne font pas grand-chose pour gagner notre estime. Du coup on ne peut que les aimer.
Vous nous faites ressentir la violence éprouvée par Lizzy et surtout par Nina, à être considérées comme des appâts, des proies sexuelles, des objets de plaisir et de consommation.
Depuis la guerre du feu, les femmes sont des proies... Maintenant, on force un peu plus le destin. En tant que filles, Nina et Lizzy le ressentent et moi, en tant qu’homme, je vois bien en effet comment on regarde une jolie fille qui passe avec une jupe un peu courte... Lizzy et Nina donnent quelquefois prises à cela avec une certaine naïveté. Au type qui les drague et les prend en voiture, elles lancent des vannes du genre « Pour 1000 €, on fait tout » et le type les prend au premier degré. Elles peuvent avoir cette liberté de provoquer aujourd’hui alors que la sexualité est exposée dans les radios et les journaux pour les jeunes et sur Internet. Cette réplique aurait eu un autre sens dans les années soixante-dix. Mais pour elles, ça reste une plaisanterie. Après, elles s’interrogent très honnêtement : « Tu l’aurais fait avec ce mec ? » - « Non, pas avec lui » - « Mais avec un autre ? » - « Je ne crois pas ». C’est une vraie question pour une fille aujourd’hui qui n’a pas d’argent de se faire 1000 € vite fait, comme ça !
Vous portez un regard critique sur différents sujets, vous montrez l’envers du décor. Une Ile de Ré qui n’a rien d’une carte postale idyllique par exemple.
Et en plus la région Poitou Charente a subventionné le film ! « C’est une ville morte », dit l’une des filles. Elles sont prises dans la nasse sur cette île, sitôt passé le pont, l’étau se resserre. Ce lieu de vacances expose parfaitement toute la violence du « bien pensant ». Ces deux filles sont à vif pour un tas de raisons, par exemple, Lizzy s’emporte sur la déforestation, elle a appris le chinois, c’est une fille ouverte sur le monde, consciente des problèmes. Elle a aussi forcément parlé avec des psy lors de ses séjours à l’hôpital sur les rapports des adolescents adoptés. Ce qui lui fait dire à Nina, à propos de la quadra bobo qui les a prises en stop et leur parle de l’adoption de sa petite vietnamienne et de répartition des richesses, « A 15 ans, sa petite asiate va la trucider » ! Ce sont des observations de psy que j’ai entendues...
La narration est confortée par le choix des lieux. Comment avez-vous tourné les séquences de l’hôpital psychiatrique ?
Ce n’est pas du documentaire et à la fois, je voulais être dans la vérité. A l’hôpital, les « malades » sont interprétés par les comédiens de la Compagnie de Cristal. Je pouvais avoir ainsi une plus grande variété de situations pour montrer la façon dont Lizzy arrive à se sentir bien finalement dans cet univers, il y a un malade qui peint, un autre fait de l’harmonica glass... mais ce lieu n’est pas en mesure de répondre à ses problèmes. On voit bien que même le psychiatre n’y croit plus, il sait très bien que prescrire des médicaments à Lizzy ne résoudra pas ses difficultés. C’est tout le débat sur l’antipsychiatrie qui date des années 70, souvenez-vous de Family Life !
Ce film qui devait se tourner en 1976 garde toute sa force trente ans plus tard.
Quand j’étais môme, je planchais sur des versions latines de Cicéron ou figuraient déjà des problèmes de corruption... Seul notre regard peut changer. La seule référence aux années soixante-dix, c’est que les filles ne portent pas de soutien gorge !
Donner une vérité au meurtre m’a hanté pendant tout le tournage. Comment peut-on en arriver à tuer un homme ? Ce n’est pas rien de tuer quelqu’un, entre le désirer et le faire... Surtout lorsque ce sont deux filles gentilles et jolies qui tuent un homme et avec un couteau ! J’ai interrogé des psychiatres et des gens un peu « borderline », qui avaient été confrontés à ce genre de passage à l’acte. On ne tue jamais pour une seule raison. C’est justement cette progression de la violence latente qui m’intéressait. C’est pour cela que j’ai construit une accumulation de faits tout au long de la journée avec soudain, un élément déclencheur qui motive le passage à l’acte pour l’une des filles. J’en ai parlé pendant le tournage avec les deux comédiennes, elles étaient les premières concernées par la gravité et la plausibilité du geste. Contrairement à ce que leur dit une passante dans le film, il ne fallait pas qu’on les croie « folles ».
Comment est venue l’idée de raconter l’histoire à l’envers ?
Cette construction est héritée du projet Pialat. Elle permet d’échapper au côté linéaire d’une chronique. Supprimer la notion de temporalité, jouer avec les ellipses, cela permet une tension et une interrogation plus aiguë pour le spectateur.
Tout en étant très maîtrisé, Meurtrières est dans la lignée de vos premiers films. On goûte une même énergie, un souffle de liberté.
Je voulais arriver avec une infrastructure beaucoup plus lourde, le scope, des plans de grues compliqués à mettre en place etc, retrouver la spontanéité d’un tournage en super 16. Comme je fais le cadre moi-même avec des complices comme Christine Miniard au point, Pasacal Caubère à la lumière et Loïc Andrieux au steady-cam, je peux me permettre un rythme rapide de travail , une sorte d’état d’urgence.
« Il faut s'approcher le plus possible de la vérité de l'instant », disait Pialat. On sent dans votre mise en scène et votre direction d’acteurs un même désir de capter des moments de vérité, vécus et non joués.
Le côté acteur qui « joue », ça lui donnait franchement des boutons à Maurice ! Moi c’est pareil, on était synchrones là-dessus. Le plan de travail peut être revu au jour le jour, ce qui ne veut pas dire que l’on improvise. La continuité est toujours remise en cause, un travail que je fais avec ma fille Emilie qui est scripte sur le film et qui passe tous ses week-ends pendant le tournage à retravailler les scénarii, à décortiquer le moteur de chaque scène. J’ai travaillé les dialogues avec mes actrices pour qu’ils soient les plus authentiques possibles, mais en les répétant seulement juste avant la prise pour en préserver la fraîcheur. J’avais aussi une équipe de techniciens parfaitement soudée. On fait un film ensemble, donc pour moi, la notion d’auteur s’efface derrière le travail d’équipe. (Comme au Cinéma.com)

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Un Été à Berlin

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Sortie en France 12 juillet 2006
Titre original : Sommer Von Balkon
Allemagne
Réalisateur : Andreas Dresen
Producteur : Peter Rommel, Stefan Arndt
Scénariste : Wolfgang Kohlhaase
Directeur de la photographie : Andreas Höfer 
Compositeur : Pascal Comelade 
Directeur artistique : Cooky Ziesche 
Décoratrice : Natalja Meier 
Costumière : Sabine Greunig 
Directeur de production : Peter Hartwig
Comédie dramatique
105 mn
Distribution :
Nadja Uhl (Nike), Inka Friederich (Katrin), Andreas Schmidt-Schaller (Ronald), Stephanie Schönefeld (Tina), Christel Peters (Helene), Kurt Radeke (Oskar), Hannes Stelzer (M. Neumann), Lil Oggesen (Charly), Maximilian Morritz (Rico), Veit Schübert (Pharmacien), Fritz Roth (Patron De La Fabrique De Mannequins), Traute Hoesse (Chef D'Agence), Olaf Buchmeister (Secrétaire Particulier), Herbert Olschok (Elève Du Cours De Formation), Barbara Bachmann (Fille D'Hélène), Götz Schulte (Brocanteur), Frank Seppeler (L'Homme De La Discothèque), Anne Bulling (Médecin Urgentiste), Manuela Fritzsche (Infirmière Chef), Manfred Hille (Conducteur Accidenté).
Synopsis :
Un été à Berlin. Deux amies, Katrin et Nike, habitent dans le même immeuble vieillot. Nike possède un balcon, Katrin a un fils, Ronald est chauffeur poids lourds, Tina est serveuse, Oskar et Hélène vivent seuls et sont vieux.Qu'ils soient au milieu de leur vie ou presque à la fin, la question est la même pour tous. L'amour est-il seulement un message qui traverse le cerveau ou bien peut-il résister au temps qui passe ?
Bande-annonce, Extraits
Site officiel

Secrets de tournage :
Adaptation
Un Eté à Berlin est à l'origine un roman écrit par Michael Kohlhaase. Andreas Dresen a été attiré par cette manière dont l'auteur voit la vie du côté du travail : "J'ai trouvé l'Eté à Berlin très beau, presque impressionniste, une ouverture, qui raconte la solitude de plusieurs générations. D'ailleurs, ça ne me convenait pas vraiment à l'époque. J'étais seul et malheureux. L'histoire de Kohlhaase m'a renvoyé à ma propre histoire et m'a noué la gorge et ému jusqu'à l'âme. Cela vous console de savoir que les autres aussi ont les mêmes problèmes que vous. On n'est pas tout seul avec sa détresse."
Genèse du film
L'auteur Michael Kohlhaase explique la genèse de son livre Un été à Berlin : "Une femme m'a parlé de sa relation avec un homme. Je n'ai noté que les mots les plus importants et je l'ai laissé de côté. C'était une somme de situations comiques au sein d'une relation durable et choisie qui pourtant menaçait de partir à vau l'eau. L'amour comme tentative et une tentative pleine d'erreurs. La morale était mise de côté, ce n'était pas une relation exemplaire. Ça se passait comme ça se passait. Mais l'ambiance, dont elle parlait m'est restée dans l'oreille. Il y avait de la dureté, de la solitude, du plaisir de vivre et de l'ironie sur soi-même. Cela ressortait encore de mes notes même quelques années après. J'ai su alors que c'était un film sur une forme de résistance".
Casting
Le seul et unique choix de casting évident pour Andreas Dresen a été de confier le rôle de Nike à Nadja Uhl : "Je n'avais jamais travaillé avec elle mais je l'avais trouvée géniale dans plusieurs films ainsi qu'au théâtre. Pour les autres rôles, je n'avais pas le temps de faire des essais, je devais donc travailler avec des personnes de confiance."
Tournage
Un Eté à Berlin a été tourné en 35 jours durant la fin de l'été 2005, en plein coeur de Berlin. Une douzaine de personnes polyvalentes se sont relayées aux différents postes techniques. Pour le réalisateur Andreas Dresen, il était aussi nécessaire de tourner son film de manière chronologique : "Je voulais garder la possibilité d'intervenir dans le développement au cours du tournage. C'est pourquoi nous devions tout le temps changer de lieu, du premier au deuxième appartement, du café à la rue, et retour.".
Festivals
Un Eté à Berlin d'Andreas Dresen a été sollicité et récompensé dans de nombreux festivals, comme le Festival International du Film de Chicago ou le Festival International du Film de San Sebastian. Le réalisateur Andreas Dresen a été aussi auréolé du Ernst Lubitsch Award en 2006, récompense attribuée par l'ensemble de la critique cinématographique allemande. (AlloCiné)
Critiques :
Deux amies traversent les méandres d’un été berlinois
Une chaude soirée d’été commence sur le balcon de l’appartement berlinois de Nike. Katrin, son amie, est déprimée. Elle est sans emploi et ne peut donc pas payer une nouvelle paire de baskets à son fils. Qu’importe, sa copine est là pour la consoler à coups de Vodka. Une manière pour Nike d’oublier que de son côté, c’est l’amour qui lui manque.
Entre le manque d’affection de l’une et les problèmes financiers de l’autre, le ton de cette comédie dramatique reste gentillet mais vrai. Les spectateurs apprécieront la mise en scène à la fois simple, douce et chaleureuse. Une réelle histoire d’amitié entre deux femmes qui approchent de la quarantaine. Mais, le vrai thème du film est : l’amour… L’amour, qui n’a pas d’âge, traverse le temps et les époques. Tous les personnages sont confrontés, à un moment ou un autre, aux joies et aux peines de ce sentiment intense.
Une intrigue qui reste crédible notamment parce que les doses d’événements dramatiques sont injectées avec parcimonies dans la vie des deux héroïnes. Nike et Katrin sont confrontées, l’une comme l’autre, à des difficultés qui peuvent toucher n’importe qui : le chômage, la muflerie masculine, l’alcoolisme… Ces situations, proches de la réalité, ne sont pas dramatisées : ce qui les rend encore plus authentiques. Le film tire donc sa force de la justesse du déroulement des péripéties des deux amies.
Une plongée au cœur d’une crise que pourrait traverser n’importe quelle femme qui approche de 40 ans et qui considère que sa vie n’est pas une réussite.
Les quelques longueurs de la narration pourraient obscurcir le développement de l’histoire, mais les deux comédiennes sont là. Elles portent le film de bout en bout notamment grâce à leur jeu sincère et naturel.
Le long-métrage reste doux comme le vent chaud que l’été apporte dans les grandes villes. (Emilie Chamoreau, Comme au Cinéma.com)
Entretien avec Wolfgang Kohlhaase, scénariste :
Quel genre d’histoire peut devenir un film ?
Je pense toujours dans cette logique de l’heure et demie. L’ensemble de l’histoire doit me donner le sentiment que ça peut tenir dans un long-métrage. Ce qui me plaît ce sont les histoires avec peu de personnages. Parce que je préfère en apprendre beaucoup sur peu de choses qu’en savoir sur beaucoup.
Comment savez-vous ce que vous allez avoir envie de raconter ?
Je collectionne toujours des situations, des personnages pas forcément remarquables ni choisis. Je prends des notes, c’est aussi écrire. On prend les sentiments des autres.
Je pense que j’ai le sens des atmosphères. L’atmosphère n’est pas encore une histoire mais c’est la porte ouverte sur une histoire qui va progresser. Il y a de la magie de la première phrase.
Et quel a été le début de Un Eté à Berlin ?
Une femme m’a parlé de sa relation avec un homme. J’ai noté que les mots les plus importants et je l’ai laissé de côté. C’était une somme de situations comiques au sein d’une relation durable et choisie qui pourtant menaçait de partir à vau l’eau. L’amour comme tentative est une tentative pleine d’erreurs. La morale était mise de côté, ce n’était pas une relation exemplaire. Ça se passait comme ça se passait. Mais l’ambiance dont elle parlait m’est restée dans l’oreille. Il y avait de la dureté, de la solitude, du plaisir de vivre et de l’ironie sur soi-même. Ça ressortait encore de mes notes même quelques années après. J’ai su alors que c’était un film sur une forme de résistance.
Connaissiez-vous déjà la fin avant de l’écrire ?
On doit partir de la fin pour envisager le film. Il faut connaître la tonalité de la fin, peut-être même voir la dernière image déjà. Ça je l’avais en tête. Çà avait évidemment un rapport avec ce balcon. Au début, les deux femmes boivent beaucoup de vodka et peu de coca sur le balcon. Elles parlent de leur intimité ou bien de la vie en général. Au film du jour qui s’achève, leurs images deviennent floues. Depuis longtemps, j’avais en réserve deux phrases pour cette nuit et cette situation : « Il ne fait pas encore nuit » dit l’une, « Il fait déjà jour » dit l’autre. Ce sont ces phrases qui justifient la présence et le rôle du balcon dans le film et finalement c’est lui qui a donné son titre et sa dernière image.
Quelles recherches avez-vous faites pour ce film ?
Je connaissais quelqu’un qui est en relation avec la formation et la recherche d’emploi. Vous savez, ces chômeurs qui assistent à ces cours en espérant qu’ils sauront mieux se présenter à un emploi après ça. Je me suis aussi fait expliquer comment ça se passe en un temps précis : les petits calculs faits pour s’occuper de quelqu’un chaque matin.
Comment se passent les relations avec un régisseur plus jeune que vous de 30 ans ?
Andreas Dresen vient d’un univers artistique qui est aussi le mien. La question essentielle, ça n’est pas l’âge mais l’idée qu’on se fait du cinéma. Et la manière dont on travaille. (Comme au Cinéma.com)
Entretien avec Andreas Dresen, réalisateur
Qu’est ce qui donne à Un Eté à Berlin l’impulsion dont vous parlez ?
Le livre avait quelque chose de particulier pour moi, cette manière de voir la vie côté boulot. Il n’y a rien de spectaculaire. Deux femmes habitent la même maison. Elles sont amies mais c’est peut-être une amitié de circonstances puisqu’elles sont toutes les deux seules et n’ont pas de mec. Un type bizarre, un chauffeur poids-lourd arrive et c’est ainsi que débute une sorte d’histoire d’amour. Et à la fin, les deux femmes se retrouvent toutes les deux à nouveau seules sur le balcon. J’ai lu un scripte d’une trentaine de pages, plein de cet humour à la Kohlhaase que j’aime tant dans ces films et en particulier dans se histoires berlinoises. J’ai trouvé Un Eté à Berlin très beau, presque impressionniste, une ouverture, qui raconte la solitude de plusieurs générations.
D’ailleurs, ça ne me convenait pas vraiment à l’époque. J’étais seul et malheureux. L’histoire de Kohlhaase m’a renvoyé à ma propre histoire et m’a noué la gorge et ému jusqu’à l’âme. Ça vous console de savoir que les autres aussi ont les mêmes problèmes que vous. On n’est pas tout seul avec sa détresse. Quand je vois ces deux femmes épuisées ou même Ronald, le camionneur…
Comment voyez-vous Ronald en tant qu’homme ?
Je connais ce genre de types. Je déteste ces mecs qui tombent toutes les filles, surtout si on les a aimées sans retour. Celles après qui on court et parmi elles, celles avec qui on aimerait juste parler. Et pour Ronald, ces filles-là, c’est du gâteau.
Ronald est un peu mystérieux, séduisant parce qu’il est insaisissable. Quand Ronald s’ouvre enfin dans cette épouvantable scène au lit, elle le jette. Au revoir et merci. Elle na plus d’avenir avec lui. Il est possible qu’elle se trompe.
Vous avez trouvé les acteurs dans l’urgence ?
Il était clair que nous voulions, Wolfgang Kohlhaase et moi, tourné avec Uhl dans le rôle de Nike. Je n’avais jamais travaillé avec elle, mais je l’avais trouvée géniale dans plusieurs films ainsi qu’aur théâtre. Pour les autres rôles, je n’avais pas le temps de faire des essais, je devais donc travailler avec des personnes de confiance.
Dans le film, jouent trois acteurs âgés et parmi eux Christel Peters qui va sur 90 ans. Comment les avez-vous trouvé ?
Ce sont de vrais professionnels. Hannes Stelter, l’homme qui est alité, a 80 ans. C’était dur de demander à quelqu’un de cet âge de jouer un rôle où l’on est parfois nu devant la caméra. Tu as beau expliquer que tu seras discret et plein de tact, il est quand même là, nu dans un lit, langé par une jeune femme. Pourtant Hannes Stelter a été très docile. Je ne le connaissais pas. Il est venu de Hambourg, et est apparu comme le contraire de son personnage. Toujours de bonne humeur, très consciencieux et toujours là.
Avec Christel Peters, j’ai déjà beaucoup tourné, c’est une femme formidable. Elle a un vrai bon humour, elle est même un peu coquine. Pour le rôle, elle a dû apprendre à manier un accordéon presque aussi gros qu’elle.
Kurt Radeke, Oscar, je le connais depuis longtemps. C’était un acteur, un collègue de ma mère, elle m’emmenait chez lui quand j’étais petit, à Schwerin. Kurt vit maintenant à Berlin, il a dépassé les 80 ans et ne tourne plus. Il était ravi de faire ce film. Son personnage donne des répliques essentielles.
Vous dites que vous étiez au four et au moulin en préparant ce film, comment le scénario s’en est-il ressenti ?
Compte tenu de l’urgence, on a fait beaucoup de changements. La fantaisie de Cooky Ziesche et le goût du changement de Wolfgang Kohlhaase ont facilité la tâche. Il a toujours une telle énergie malgré ses 74 ans. Nous avons travaillé 10 heures sur le projet de scénario, j’étais tellement mort mais lui, pas du tout.
Vous le considérez comme un modèle pour vous, comment travaille-t-on avec un modèle ?
Mon ami et mentor, le réalisateur Gunter Reisch, a dit quelque chose de très juste : « Le film décrit le passage du socialisme à l’individualisme ». Comment les gens s’en sortent-ils ? Ce film transpire la solitude. Les gens se rencontrent de temps en temps pour avoir un peu de chaleur. Des petites choses. L’adolescent a des problèmes de cœur, mais sa mère est là pour lui. Ronald, lui se tourne vers la serveuse, qui a sans doute eu une mauvaise expérience avec lui, mais qui lui sert quand même un café. De petits gestes, dans un monde du chacun pour soi. Tous les personnages doivent arriver à tenir bon du matin jusqu’au soir et pour cela, ils ont parfois besoin des autres. C’est pourquoi ce film est plein d’espoir pour moi.
C’est pourtant un film drôle…
Un beau film sur la solitude qui concerne toutes les générations. L’adolescent fait ses premières expériences douloureuses. Avec l’âge, l’homme reste pourtant un homme et peut encore offrir une robe. Des petits moments de bonheur. Comme quand les deux femmes sont assises au balcon. Un peu comme un nid. Pas tout à fait à l’intérieur, pas tout à fait dehors. Elles se situent à cette frontière. C’est l’été. On n’est pas parti en voyage, de toute façon ça n’aurait pas changé, mais on peut regarder le monde de haut. (Comme au Cinéma.com)

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Imagine Me and You

Imagine_Me_and_You__2006_

Sortie en France 29 novembre 2006
Allemagne, Grande-Bretagne
Réalisateur : Ol Parker
Producteur : Sophie Balhetchet, Barnaby Thompson, Andro Steinborn 
Producteur associé : Bill Shapter 
Producteur exécutif : Stefan Arndt, David M. Thompson, Lynda La Plante, James Spring 
Producteur délégué : Marcos Kantis
Scénariste : Ol Parker
Directeur de la photographie : Ben Davis 
Compositeur : Alex Heffes 
Monteur : Alex Mackie 
Directeur artistique : Richard Field 
Chef décoratrice : Eve Mavrakis 
Costumière : Consolata Boyle 
Maquilleur : Sharon Martin 
Superviseur des effets visuels : Dirk Frischmuth 
1er assistant réalisateur : Melanie Dicks 
Directrice du casting : Nina Gold, Deborah Aquila 
Scripte : Caroline Sax 
Directeur de production : Jim Allan
Romance, Comédie Dramatique
94 mn
Distribution :
Piper Perabo (Rachel), Lena Headey (Luce), Matthew Goode (Heck), Celia Imrie (Tessa), Anthony Head (Ned), Darren Boyd (Coop), Sue Johnston (Ella), Boo Jackson (H), Sharon Horgan (Beth), Eva Birthistle (Edie), Rick Warden (Gordon), John Thompson (Le Prêtre), Vinette Robinson (Zina), Ben Miles (Rob), Mona Hammond (Mrs Edwards), Ruth Sheen (Mrs Webster).
Synopsis :
Le mariage de Rachel et de Heck s'annonce comme le plus beau jour de leur vie. Tout est parfait.Pourtant, l'heure venue, il suffit d'un regard pour que Rachel tombe irrémédiablementamoureuse... mais pas de celui qu'elle doit épouser.Certains sentiments vous dépassent, vous submergent et font exploser tous les plansprévus. Contre ceux qu'elle aime, contre les préjugés, contre elle-même, Rachel va vivrela plus incroyable des aventures, celle que l'on n'attend jamais mais que l'on espèretoujours...
Bande-annonce, Extraits
Sites Officiels :
Grande-Bretagne
USA

Secrets de tournage :
Le premier long métrage d'Ol Parker
Cette comédie a été écrite par un jeune talent britannique, Ol Parker, qui réalise ici son premier film. Sa rencontre avec celle qui deviendra sa femme, l'actrice Thandie Newton, l'a poussé à écrire sur la mystérieuse alchimie de l'amour et de tout ce qu'elle peut impliquer. Se souvenant des circonstances dans lesquelles il avait fait la connaissance de sa future épouse, le cinéaste a décidé de parler d'un coup de foudre, dont le contexte et les conséquences vont bouleverser la vie d'une jeune femme.
Le choix de Piper Perabo
Pour incarner Rachel, la jeune femme dont la vie bascule le jour de son mariage, Ol Parker a choisi Piper Perabo.Le cinéaste explique : "Piper dégage vraiment l'énergie et le charme qu'il fallait pour le personnage. Elle a cette fougue, cette volonté de bien faire qui caractérisent Rachel. Je savais qu'elle pourrait jouer les doutes, les élans, toute la gamme par laquelle Rachel va passer. Piper   est non seulement une personnetrès sensible mais elle a également un vrai don pour la comédie. Elle saisit instantanément le tempo des situations, sans jamais perdre l'émotion."
Retrouvailles entre Piper Perabo et Lena Headey
Les actrices Piper Perabo et Lena Headey se connaissent pour s'être donné la réplique dans un film d'un tout autre genre, La Crypte.
Ol Parker vu par Lena Headey
Lena Headey interprète Luce, la fleuriste qui va vivre une passion avec Rachel. L'actrice avait déjà joué dans un téléfilm, Loved Up (1995), écrit par Ol Parker.Elle confie : "Je connais son style, son esprit. Ol est quelqu'un de profondément humain. Derrière les situations les plus délirantes et les plus drôles, il est capable de faire passer des sentiments incroyablement vrais. Il ne sacrifie jamais l'authenticité de ses personnages, même dans les purs moments de comédie."
Matthew Goode dans le rôle du futur mari de Rachel
Matthew Goode, remarqué dans le film de Woody Allen, Match Point, joue Heck, le futur mari de Rachel."Pour ce rôle, explique Ol Parker, il fallait quelqu'un capable d'être immédiatement sympathique. Matthew lui apporte beaucoup, il fait de lui quelqu'un de drôle sans être ridicule, touchant sans être pleurnichard. Il fallait pouvoir jouer tout cela. Heck n'est pas un raté. Il affronte la situation avec une sorte de flegme et beaucoup d'affection pour Rachel."
Présenté à Toronto
Imagine me and you a été présenté au Festival du Film de Toronto en 2005.
Echappé de la série "Buffy contre les vampires"
Le père de Rachel (Piper Perabo, l'héroïne de Coyote girls) est campé par Anthony Stewart  Head, connu pour son rôle de Rupert Giles, l'"Observateur" dans la série Buffy contre les vampires. (AlloCiné)
Critiques :
Un film-rencard version pink qui parle de l'Amûûûr... pas glop.
"On ne badine pas avec l'amour" disait Musset, sinon... sinon on risquerait de tomber amoureuse de la première fleuriste venue le jour de son mariage!
Rachel se marie avec "Heck" (Matthew Goode, VERY good), a priori fait pour elle. Mais un regard, un seul, avec Luce (Lena Headey, charmante) alors qu'elle avance sur le tapis nuptial, et tout le château de cartes s'effondre... Mamma mia! Serait-il pas qu'on tient notre petit film lesbien de la fin d'année? Eh oui, Rachel tombe amoureuse de Luce, et ça, c'est plus fort que tout le monde entier de tout l'univers. Et vas-y que je te sors les grandes réflexions sur l'amour et le coup de foudre, et vas-y que je me pose des millions de questions existentielles sur moi et moi-même, et vas-y que je fais éclater le baromètre de niaiserie!
Débordante de sucre et de bons sentiments, improbable, prévisible au possible, voici donc la nouvelle comédie so british hyperglycémique. Bon, bien sûr, dans le sucre y a pas QUE du mauvais: retenons le très drôle Darren Boyd en éternel célibataire qui veut coucher avec tout ce qui a des seins, la super-classe de Matthew Goode, mais surtout la présence exceptionnelle d'Anthony Head (vous savez? Gilles dans Buffy !!!), Piper Perabo en robe de mariée à Mc Do, Lena Heady, toujours juste (qu'est-ce qu'elle fait là-dedans ?), et la bande-son, dont le magnifique thème (la chanson des Turtles, tube des 60's) a donné son titre au film.
Si ce dernier est relativement court (1h30, merci au réalisateur), il permet ainsi au spectateur de ne pas trop s'ennuyer, malgré la quasi-absence de rythme dans l'action. Et si on passe les 3/4 de la séance à lever les yeux au ciel devant tant de bons sentiments, il faut bien reconnaître que, quand le générique de fin défile, des petits couples se sont formés dans la salle de projection, on a le sourire aux lèvres, et l’envie de tomber amoureux. Pour cette fois, on s'en contentera. (Bartholomé Girard, Comme au Cinéma.com)
Notes :
Le bonheur fait aussi des ravages…
Cette comédie est écrite par l’un des jeunes talents britanniques les plus prometteurs, Ol Parker, qui réalise ici son premier film. Après avoir écrit de nombreux succès, il rencontre celle qui va devenir sa femme, l’actrice Thandie Newton et cherche à écrire sur la mystérieuse alchimie de l’amour et de tout ce qu’elle peut impliquer. Se souvenant de la façon dont il avait rencontré sa femme, Ol Parker a décidé de parler d’un coup de foudre, dont le contexte et les conséquences vont bouleverser la vie d’une jeune femme. Ol Parker : « Lorsque j’écris, je raisonne en termes de thème et non d’intrigue. L’histoire se construit ensuite autour des sentiments. Je voulais parler de la puissance de l’amour et de notre impuissance lorsque nous y sommes soumis. Je me suis mis à imaginer le pire moment pour voir exploser ce sentiment magnifique. La réponse m’est apparue évidente : il fallait que ce soit le jour d’un mariage... »
Non seulement Rachel tombe amoureuse de quelqu’un d’autre que son mari, Heck, mais en plus il s’agit d’une femme, la fleuriste venue décorer son propre mariage. Ol Parker : « La situation était encore plus forte. Le fait que ce coup de foudre concerne deux femmes accentuait l’idée de la toute-puissance du sentiment. Au-delà de tous les archétypes, je souhaitais que cette comédie puisse toucher tous les publics. » Sophie Balhetchet, productrice : « J’ai lu le script d’une traite. Au début, j’ai d’abord été enthousiasmée par le ton, la vivacité et par l’originalité des situations, mais je me suis rapidement attachée aux personnages et je souhaitais savoir ce qui allait leur arriver. Ol Parker a réussi l’alliance de la comédie et de l’émotion, il parle de choses sérieuses qui nous touchent tous mais avec un humour et une humanité rares. Son film parle de l’amour, de ce que l’on risque en le laissant filer et de ce qu’il implique, si vous vous y accrochez. C’est une comédie dans la plus pure tradition du genre mais avec une approche différente. Ol Parker a joué avec les codes pour mieux s’en libérer. Son histoire interpelle chacun. »
Victime de l’amour
Pour incarner Rachel, la jeune femme dont la vie bascule le jour de son mariage, Ol Parker a choisi Piper Perabo. Ol Parker : « Piper dégage vraiment l’énergie et le charme qu’il fallait pour le personnage. Elle a cette fougue, cette volonté de bien faire qui caractérisent Rachel. Je savais qu’elle pourrait jouer les doutes, les élans, toute la gamme par laquelle Rachel va passer. Piper est non seulement une personne très sensible mais elle a également un vrai don pour la comédie. Elle saisit instantanément le tempo des situations, sans jamais perdre l’émotion. »
Piper Perabo : « J’avais très envie de jouer Rachel. C’est une jeune femme attachante qui pense se connaître et croit pouvoir maîtriser sa vie. Elle va découvrir que ce n’est pas vrai ! Au-delà de ce qu’elle avait prévu, elle va se révéler et aller au bout d’elle-même. Le scénario était drôle et bouleversant. C’est le parcours d’une femme, de ses proches, tous confrontés à quelque chose qui les dépasse. Rachel va tout tenter pour échapper à ce sentiment qui la submerge mais elle n’y parviendra pas, pour notre plus grand bonheur ! »
Piper Perabo était aussi heureuse de retrouver Lena Headey, avec qui elle avait déjà joué dans La Crypte. Lena Headey interprète Luce, la fleuriste qui va vivre une passion avec Rachel. L’actrice avait déjà joué dans un film écrit par Ol Parker. Lena Headey : « Je connais son style, son esprit. Ol est quelqu’un de profondément humain. Derrière les situations les plus délirantes et les plus drôles, il est capable de faire passer des sentiments incroyablement vrais. Il ne sacrifie jamais l’authenticité de ses personnages, même dans les purs moments de comédie. »
Ol Parker : « Luce est plus qu’une fleuriste. Elle met tout ce qu’elle est dans son travail et qu’il s’agisse d’un enterrement, d’un anniversaire ou d’un mariage, elle s’efforce toujours d’apporter plus que de jolis bouquets. Son activité trahit sa sensibilité et c’est un des éléments qui vont toucher Rachel. » Matthew Goode, remarqué dans le film de Woody Allen, Match Point, joue Heck, le futur mari de Rachel. Ol Parker : « Pour ce rôle, il fallait quelqu’un capable d’être immédiatement sympathique. Matthew lui apporte beaucoup, il fait de lui quelqu’un de drôle sans être ridicule, touchant sans être pleurnichard. Il fallait pouvoir jouer tout cela. Heck n’est pas un raté. Il affronte la situation avec une sorte de flegme et beaucoup d’affection pour
Rachel. » Matthew Goode : « Je suis certain que les spectateurs masculins du film vont plaindre Heck ! C’est le plus vieil ami de Rachel et c’est un type bien.
Paradoxalement, ce qui va se passer va l’amener, lui aussi, à sortir de ses petits schémas bien préparés pour aller vers ce qui lui va vraiment. A quelque chose malheur est bon, mais avant d’en arriver à dire ça, il va souffrir un peu ! Je crois que la clé du personnage est dans son écoute et dans son respect pour les autres. Il comprend ce que ressent Rachel. Il sait qu’il ne pourra pas lutter contre un sentiment qui la dépasse elle aussi. » (Comme au Cinéma.com)

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Mon fils à moi

Mon_fils___moi__2007_

Sortie en France 07 mars 2007
France
Réalisateur : Martial Fougeron
Producteur : Frédéric Niedermayer, Pascal Caucheteux 
Producteur associé : Yorgos Arvanitis
Scénariste : Martial Fougeron, Florence Eliakim
Directeur de la photographie : Yorgos Arvanitis 
Compositeur : Fabrice Dumont, Frédéric Fortuny 
Monteuse : Laurence Briaud 
Chef décorateur : Eric Barboza 
Costumière : Nathalie Raoul 
Coiffeur : Cédric Chami 
Maquilleuse : Thi-Thanh-Tu Nguyen 
Directrice du casting : Laure Cochener 
Directeur de production : Isabelle Tillou
Drame
90 mn
Distribution :
Nathalie Baye (La Mère), Victor Sévaux (Julien), Olivier Gourmet (Le Père), Marie Kremer (Suzanne), Emmanuelle Riva (La Grand-Mère), Michèle Moretti (La Proviseur), Ludmila Ruoso (Un Policier), Thomas Silberstein (Sam), Valentine Stach (Alice).
Synopsis :
Une famille de classe moyenne dans une petite ville de province. Le père est professeur à l'université, la mère s¹occupe avec soin de sa maison, la fille aînée s'apprête à quitter le foyer, et le fils cadet est au collège et prend des cours de piano. On découvre très vite que la mère entretient avec son fils une relation ambiguë d'amour et de haine, insupportable pour l'enfant. L'apparente normalité de cette famille va se fissurer, jusqu'au drame.
Bande-annonce, Extraits

Secrets de tournage :
Meilleur film au festival de San Sebastian
Mon fils à moi a remporté le prix du meilleur film lors du Festival du film de San Sebastian qui s'est tenu du 21 au 30 septembre 2006. Le film de Martial Fougeron est arrivé ex-æquo avec Half Moon de Bahman Ghobadi. 
Premier long métrage
Mon fils à moi est le premier long métrage de Martial Fougeron. Le réalisateur avait réalisé un court métrage en 1998 intitulé Je vois deja le titre. 
L'histoire avant le casting
Martial Fougeron a d'abord écrit le scénario de Mon fils à moi avant de penser aux acteurs. Une fois l'écriture finalisée, le réalisateur a proposé le rôle de la mère à Nathalie Baye qui a immédiatement accepté. 
Premier rôle pour Victor Sévaux
Mon fils à moi est le premier film de Victor Sévaux. Pour son premier rôle, le jeune acteur incarne un enfant dont la relation avec sa mère (Nathalie Baye) est plus qu'ambigüe. De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas... 
Un réalisateur sous le charme de son actrice
Martial Fougeron avait une image de Nathalie Baye " très forte, très engagée dans ses rôles, mais également l'image d'un sourire, d'un très beau sourire. " Le réalisateur souhaitait travailler avec l'actrice car il pensait qu'elle serait très convaincante et assez inattendue dans ce rôle très dur. Il avoue ne pas avoir été déçu, et avoir découvert chez elle une vraie violence. 
Un personnage sombre
Nathalie Baye a accepté le rôle car l'histoire la touchait beaucoup. L'actrice, qui a fait partie d'une association pour la protection de l'enfance, a pu s'inspirer des rencontres qu'elle y avait faites. Elle y avait notamment rencontré des pédopsychiatres qui lui avaient parlé de ce comportement de mères, et de leur amour excessif, voir destructeur, pour leur enfant. L'actrice précise que " tout le monde a une part de violence, mais certaines mères n'arrivent pas toujours à la contrôler. Elles sont tellement convaincues de leur sentiment, du bien fondé de leur amour pour leur enfant qu'elles ne voient pas le mal qu'elles peuvent faire. " Ce rôle de mère déstructive est une première pour Nathalie Baye qui n'avait jamais incarné un personnage aussi violent et aussi sombre.
La maison de l'angoisse
Lors du tournage de Mon fils à moi, Martial Fougeron a choisi de rester le plus possible dans la maison avec ses occupants afin d'accentuer le sentiment d'enfermement et la sensation de huis clos. Ce qui renforce la tension tout au long du film. 
Un réalisateur sensible à l'amour excessif
Le réalisateur, Martial Fougeron, avoue avoir toujours été sensible aux histoires d'amour excessif, et aux histoires de mères dévorantes. Il précise que " Ces débordements découlent d'ailleurs souvent d'un bon sentiment "j'aime mon enfant", "je fais tout pour lui", "il est toute ma vie. Certaines de ces mères sont parfois violentes physiquement avec leur enfant quand il n'atteint pas les objectifs qu'elles ont elles-mêmes fixés. " Mais Martial Fougeron et la coscénariste Florence Eliakim ont choisi de remplacer les agressions physiques par une violence plus discrète, au départ moins palpable, car psychologique et nimbée d'amour, et donc plus difficile à décrypter pour un enfant.
Un drame traité comme un fait divers
Il existe dans Mon fils à moi, une véritable interactivité entre le film et le public. Le réalisateur ne donne pas d'explications quant au comportement de la mère, c'est au public d'imaginer les raisons, l'avant et l'après. Pour Nathalie Baye, " on découvre l'histoire comme on découvre un fait divers. C'est audacieux. On arrive au moment crucial où le processus de sa folie s'accélère. La mère ne supporte pas que son fils lui échappe. C'est son homme. " Une manière de plonger d'emblée le spectateur dans le film et dans la folie de la mère. (AlloCiné)
Critiques :
Je t’aime un peu beaucoup, à la folie…
Au jeu de sept familles, je demande la mère. Ici la famille est composée de la mère et du père, de Julien et de sa grande sœur, de la grand-mère et d’une copine de classe du petit Julien. Bref une famille somme toute à peu près normale en apparence. Sauf que Julien ne sait pas trop comment dire "allo maman bobo…"
Mon fils à moi annonce dès le début qu’un drame va arriver. Sans que l’on sache exactement ce qui va se produire, le film déroule alors ce qui a provoqué cette situation extrême. Si une mère ressent en elle plus ou moins l’instinct maternel, ici c’est pour le moins une grosse obsession maternelle. Ce dérangement de la mère va faire souffrir le jeune garçon. Et Julien en souffrance ça devrait être dérangeant pour son entourage, mais Julien c’est avant tout "mon fils à moi" pour sa mère. Le réalisateur Martial Fougeron nous montre l’indéfinissable, une sorte de relation exclusive obsessionnelle entre une mère et son fils. Il situe son film surtout dans la sphère de la maison familiale comme une sorte de huis-clos étouffant. Chaque scène à l’extérieur de la maison qui devrait être une bouffée d’air soutend quelque chose qui va encore plus accentuer les sentiments d’amour/haine entre la mère et son fils.
La meilleure idée du réalisateur est d’avoir proposé le personnage de la mère à Nathalie Baye. La grande dame discrète du cinéma se fait encore remarquer dans Mon fils à moi (meilleur film et meilleure actrice au Festival de San Sebastian 2006). Au détour d’un plan où elle regarde des rides de son visage dans un miroir, Baye l’actrice laisse se dévoiler Nathalie la femme (comme par exemple lors d’une scène de danse dans Les sentiments). L’actrice est impériale dans ce rôle difficile.
Si le film penche vers l’excessif, c’est pour mieux appréhender cet amour maternel excessif. En tout cas Mon fils à moi montre bien ce qui peut être difficile à voir en faisant entendre ce qui est difficile à dire. (Christophe Maulavé, Comme au Cinéma.com)
Notes :
Entretien avec Martial Fougeron
L’histoire
Cette histoire n’est pas la mienne. Mais, j’ai toujours été très sensible aux histoires d’amour excessif que l’on a pu me raconter, aux histoires de mères dévorantes, de relations qui dérapent à force d’autorité maternelle démesurée. Ces débordements découlent d’ailleurs souvent d’un bon sentiment «j’aime mon enfant», «je fais tout pour lui», «il est toute ma vie». Certaines de ces mères sont parfois violentes physiquement avec leur enfant quand il n’atteint pas les objectifs qu’elles ont elles-mêmes fixés. Avec Florence Eliakim, coscénariste,
nous avons remplacé ces agressions physiques par une violence plus discrète, au départ moins palpable, une violence psychologique nimbée d’amour, difficile à décrypter pour un enfant.
Un drame psychologique
Le film raconte le lien unique et fort qui unit la mère et Julien. Cette relation est particulière, la mère est une femme omnipotente, aux comportements troubles, l’adolescent est constamment conditionné par une éducation et une influence traumatisantes. Les égarements maternels ont des incidences sur les comportements de tous les membres de la famille, mais ils ont surtout des conséquences sur Julien, ses rapports aux autres, sa scolarité, sa vie intime et affective. Le fi lm veut montrer l’attachement qui unit ces deux êtres, il veut montrer surtout comment une femme peut entraîner son fils dans l’excès, comment elle peut souscrire son enfant à sa propre démesure.
Le huis clos
Le fait de rester le plus possible dans la maison avec ses occupants accentue le sentiment d’enfermement. Au départ, cela ne découlait pas d’une volonté précise de ma part. cela s’est imposé naturellement pendant l’écriture. Nous nous sommes rendu compte qu’effectivement, cela renforçait la tension du fi l que l’on essayait de tendre. Le choix de la maison a été par la suite une étape importante dans la préparation du tournage du film.
La mère
La mère a l’allure sociale d’une femme normale. Pourtant, sa vie de couple est un fiasco. Une éducation bourgeoise, des rêves brisés les ont emprisonnés, elle et son mari, dans un modèle de famille sclérosée. Alors elle compense ses frustrations par un amour débordant pour son fils. Elle redoute plus que tout son départ futur et ne supporte pas de le voir grandir. Elle n’est pas heureuse. Elle est perdue.
Julien
Julien est différent des autres enfants. Sa vie, c’est en permanence la loi de sa mère qui s’oppose à la réalisation de ses rêves. Les désirs maternels ont fi ni par devenir les siens. On devine que, devant les volontés de sa mère, Julien a mis les siennes entre parenthèses. Même quand sa mère est absente, il se limite dans ses contacts aux autres et continue à s’imposer lui-même des interdits. Du coup, quelque chose s’est éteint chez lui, il n’a pas les mêmes désirs que les autres adolescents de son âge. Il s’est construit de telle sorte qu’il n’a plus ces envies. Il dépense une énergie considérable pour plaire à sa mère. À l’école ou au repas d’anniversaire de sa soeur, on sent que Julien s’est coupé du monde. Il est résigné et n’exprime plus sa révolte. Il est passé de l’autre côté.
Les autres
Il y a clairement un passif chez les Marey. Il s’est certainement passé quelque chose de très fort, de dramatique dans l’histoire de cette famille. Mais ce n’est pas le sujet du fi lm. Le constat est que l’un des deux conjoints a perdu le contrôle, le père en l’occurrence est dominé par sa femme. Pourtant, il n’est pas complètement fautif, et la soeur n’est pas totalement lâche. Ils ont simplement laissé ce petit quelque chose gripper le fonctionnement de leur famille à l’apparence si raisonnable. Leurs petits abandons personnels sont à chaque fois minimes. Accumulés, ils ont provoqué l’enfermement de Julien. Le père, la soeur, la mère, le cercle familial sont seuls responsables de son malaise et de son mal être.
Nathalie Baye
J’ai attendu que le scénario soit terminé pour penser à Nathalie, en espérant très fort qu’elle accepte. Elle a très vite dit oui. Elle a eu envie de s’embarquer dans cette histoire bien que consciente des diffi cultés d’interprétation d’un tel personnage. J’ai voulu travailler avec Nathalie car j’avais d’elle l’image d’une actrice très forte, très engagée dans ses rôles, et j’avais aussi l’image d’un sourire, d’un très beau sourire. Je pensais qu’elle serait certainement très convaincante et assez inattendue dans ce rôle très dur. Je n’ai pas été déçu, j’ai découvert chez elle une vraie violence. Il est toujours un peu facile de parler d’évidence. Mais cela a bien été le cas avec Nathalie. Travailler avec elle, c’est facile, son désir de comprendre, de transmettre, de restituer au plus juste est concret. Au-delà de son talent de jeu, elle cherche en permanence à saisir, à capter, puis à rendre vivant. C’est mon grand apprentissage de cette expérience de travail avec elle. Nathalie, comme certains grands comédiens, est capable de rendre la moindre action extrêmement vivante. Nathalie est une vraie force de vie. (Propos recueillis par Magali Montet, Celluloid Dreams) (Comme au Cinéma.com)

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