15 avril 2008
A
A Glimpse of Hell (2001)
A Jihad for Love (2007)
A Kiss on the Snow (1997)
A La Carte (2007)
A La Carte (2007) (Le Film)
A Propos de Little Ashes
A River Made To Drown In (1997)
A Soldier's Choice (2006)
A Toute Vitesse (1996)
A Very Natural Thing (1974)
Abuse (1982)
Across the Universe (2007)
Affinity (2007)
Alex-Ade Ogundiran (The Nude Book)
All Over The Guy (2001)
Allemagne Année Zéro (1948)
Almost Normal (2005)
Altromondo (2008)
Aluf Ha'Olam
Amant Bulgare (L') (2003)
Amants Criminels (Les) (1999)
Amants de l'autre rive (Les) (2007)
American History X (1998)
American History X (1998) (Le Film)
American Psycho (2000)
Ami/Amant (1998)
Amnésie, L'Affaire James Brighton (2005)
Amour toujours (1995)
An Angel Named Billy (2007)
And, There You Are (2007)
Ander (2008)
Angelface
Angelface 2
Aniel (1996)
Angora Ranch (2006)
Another Gay Sequel : Gays Gone Wild ! (2008)
Antartica (2007)
Anton Antipov
Antonio's Secret (2008)
Around the globe
As The World Turns (Part I)
As The World Turns (Part II)
As The World Turns (Part III)
As The World Turns (Part IV)
Au Milieu du Gay
Autopsy (2008)
Arizona Sky (2008)
16 avril 2008
A Toute Vitesse (1996)
Sortie en France 25 septembre 1996
France
Réalisateur : Gaël Morel
Producteur : Laurent Bénégui
Scénariste : Catherine Corsini, Gaël Morel
Directeur de la photographie : Jeanne Lapoirie
Monteuse : Catherine Schwartz
Conseiller technique : André Téchiné
Chef décoratrice : Frédérique Hurpeau
Costumier Brigitte : Faur-Perdigou
Scripte : Isabelle Broué
Comédie dramatique
86 mn
Distribution :
Elodie Bouchez (Julie), Stéphane Rideau (Jimmy), Pascal Cervo (Quentin), Mezziane Bardadi (Samir), Romain Auger (Rick), Salim Kechiouche (Jamel), Mohammed Dib (Karim), Hasan Akyurek (Le Boucher), André Bouvard (Le Flic), Aurelien Morel (Le Serveur), Paul Morel (Le Père De Quentin).
Synopsis :
Fils d'ouvriers, Quentin obtient le succès avec son premier roman. Il a pour amis le costaud et charismatique Jimmy et Julie, une jeune fille issue de la bourgeoisie. Samir, un jeune beur, s'éprend de Quentin, qui se refuse à lui mais veut en faire le héros de son prochain livre.
Full Speed - Gay Preview envoyé par gaysrkool
19 avril 2008
Avant que j'oublie
Sortie en France 17 octobre 2007
France
Réalisateur : Jacques Nolot
Scénariste : Jacques Nolot
Directeur de la photographie : Josée Deshaies
Monteuse : Sophie Reine
Monteur son : Jean Mallet
Mixage : Jean-Pierre Laforce
Chef décoratrice : Gaëlle Guitard
Costumière : Eléonore O'Byrne, Sophie Lifshitz
Maquilleuse : Julie David
1er assistant réalisateur : Bérénice André
Directeur de production : David Colombo-Leotard, Claire Hannebicque
Assistant opérateur : Catherine Georges, Sébastien Buchmann
Interdit aux moins de 12 ans
Drame
108 mn
Distribution :
Jacques Nolot (Pierre), Jean-Paul Dubois (L'Homme), Marc Rioufol (Paul), Bastien D'Asnières (Marc), Gaetano Weysen-Volli (Le Beau Gosse Du Restaurant Chinois), Bruno Moneglia (Bruno), David Kessler (Ii (Le Psy Manosky), Rémy Le Fur (Le Commissaire Priseur), Rabia Lyes (Khalid, Le Livreur), Jean Pommier (Georges, Le Notaire), Lionel Goldstein (David), Bernard Herlem (Richard), Claudine Sainderichin (Une Femme), Albert Mainella (Toutoune), Jean- Paul Chagniot (Willem), Isabelle Boudot De La Motte (Marie-Odile), Josianne Daussy (La Femme À L'Exposition), Florence Bouteau (Le Capitaine Laforge), Raphaeline Goupilleau (La Voisine De Toutoune), Isabel Arias (La Femme De Ménage), Alimata Camara (La Concierge), David Lefevre (Le Flic À L'Atelier), Yann Gohiec (Le Responsable Du Prisunic)
Synopsis :
Pierre, 58 ans, prisonnier de son passé, a de plus en plus de mal avec la solitude, avec le temps, avec le monde extérieur, a recourt à des psychotropes, s'enferme chez lui, seul lieu où il est le moins mal, dans l'attente d'une inspiration, n'arrive plus à écrire, a rendez-vous pour déjeuner avec son ami, une relation vieille de 30 ans, un ami qui fut un papa, une maman, une banque, l'ami ne viendra pas, Pierre se confronte à la police...à la famille, à la maladie...seul face à lui-même... se ressaisira avec humour et distance... croise chez son avocat un ami de bar...parlent de leur jeunesse, avec l'aide de son psyretrouve l'inspiration. Accompagné d'un gigolo, ira au bout de ses fantasmes.
Album Photos
Bande-annonce, Extraits
Critiques :
Des homos lessivés pour un résultat impeccable
Dommage que l’expression, trop galvaudée, ait fini par perdre de son sel : « un film sans concession », aimerait-on dire. D’abord, par son sujet même : Qui, jusqu’à aujourd’hui, s’était intéressé aux homos quinquas ? Le cinéma français ne sait d’habitude montrer les gays que comme des modeuses folles ou des sex fuckers en pleine force de l’âge. Ici, Nolot parle des vieux « pédés », chair triste et désir en chute libre. Les scènes sexuelles, anti-glamour, misent sur la force du réalisme : ça cocotte la sueur et la vaseline, les chaises craquent, les corps n’ondulent pas façon pub pour Calvin Klein mais se bourrent sans passion, les mots crus rappellent Jean Genet…
« Sans concession »… Le film pète sec comme un coup de trique. Pas de musique (sauf sur le plan final), pas d’éclairage MTV, peu de mouvements de caméra : une absence d’effets qui oblige à voir et entendre. Voir le spleen de Pierre, cette fade attirance pour le suicide (si proche de celle d’Alain, le personnage de Drieu la Rochelle dans son « Feu follet »), entendre la poésie des conversations. Il pourrait n’y avoir aucune sensibilité, juste du glauque et de la vieille tranche de vie rassis. Pourtant, on s’émeut. De ces hommes en sursis (le titre du film ressemble à un post-scriptum), nostalgiques du passé, résignés du présent, qui s’over psychanalysent ou se payent des gigolos pour supporter le poids de la vieillesse, d’être seuls si seuls ou séropos. De cette attente imbécile avant la mort. Le film est sensible, mais jamais larmoyant. Comme si une seringue géante avait pompé les larmes, l’humidité des passions ou des souffrances. Nolot l’acteur y est pour beaucoup : sa gueule en pomme fanée, une intonation horizontale à la Jean-Pierre Léaud, et cette bouche d’enfant qui « pneute », mélange si bien le désespoir de l’expérience et la tendresse gamine.
Avant que j’oublie, objet intime, ne fera probablement pas un tsunami au box office. Tant mieux peut-être : il est des films qu’on préfère aimer secrètement et sans partage. (Gaël Le Bellego, Comme au Cinéma.com)
Notes :
Note d'intention du réalisateur
Après La Chatte A Deux Tetes, qui parle de l’errance de Pierre dans un cinéma porno... Je ne savais pas comment aborder la suite... Comme toujours, mon « travail » est une continuation du même personnage... Pierre ou Jacques... A 17 ans, dans J'Embrasse Pas, Pierre monte à Paris... Se confronte à la vie... Devient gigolo... A 30 ans, dans La Matiouette, Pierre, devenu Jacques-Jacky, retourne voir son frère coiffeur dans un petit village du sud Ouest, qu’il n’a pas vu depuis treize ans... Se confronte à l’incompréhension... L’un est parti, l’autre est resté... A 50 ans, dans L'Arriere Pays, Jacques dit Jacky retourne dans son village après vingt ans d’absence, pour la maladie et la mort de sa mère... Se confrontera au passé, à son enfance... Apprendra que son père, « le coiffeur des petits et des grands », n’est pas son père... A 55 ans, dans La Chatte A Deux Tetes, on retrouve Pierre à Paris... Dans son quotidien... Comment il vit... Après la mort de son fils adoptif... Pierre va s’oublier dans un cinéma porno... Se raconte... Parle de son passé de gigolo... De sa séropositivité... De sa s olitude... De sexe... De se travestir... Et là , Avant Que J'Oublie, Pierre se confronte à l’évolution du temps... De la maladie... De la mort... Peur des autres... Peur de lui-même... Etranger au monde moderne... Pierre s’enferme chez lui... Face à l’écriture... A sa réalité... Ira au bout de son parcours...
Entretien avec Jacques Nolot
Avant que j’oublie, c’est le nouveau chapitre d’un journal intime ?
Je le vois comme le troisième volet d’une trilogie, comme un aboutissement, à la manière d’un peintre qui va au bout d’une période. Lors des débats pour L'Arriere Pays, tout le monde me demandait : « quelle vie le personnage mène- t-il à Paris ? ». J’ai tourné La Chatte A Deux Tetesen guise de réponse. Puis, j’ai présenté La Chatte A Deux Tetesà Auch, où j’allais tout le temps enfant. Deux personnes sont sorties de la salle en disant, « Il va loin ! Dans le prochain, il ne pourra parler que du suicide ». Et c’est vrai qu’avec le temps et les aléas de la vie, une logique d’écriture s’est imposée à moi, et l’idée de parler du suicide m’est apparue comme une évidence. Pierre, c’est vous ? Un double ? Un masque de fiction ? C’est Pierre dans ce film, Jacky dans L'Arriere Pays, Pierrot dans La Chatte A Deux Tetes. Mon écriture est un peu schizophrénique. Vous me racontez une histoire, je me l’approprie, je la fais mienne, je ne sais plus qui est qui, qui est moi, ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Je ne sais plus où est la réalité. C’est là qu’on peut parler d’autofiction.
Pierre est l’amalgame de plusieurs personnages, alors ?
Absolument. Et les autres personnages aussi. Rien n’est inventé, j’ai tout entendu. Comme me dit mon psy, « avec vous, il vaut mieux être ennemi qu’ami », parce que j’enregistre et je retranscris tout, c’est catastrophique. Je ne lis pas, mais j’ai une mémoire des mots, une mémoire de la rue. Quand on me raconte une histoire drôle et une histoire monstrueuse, je garde la monstrueuse. Dans L'Arriere Pays, quelqu’un dit « qu’est-ce que tu es dur avec ton frère ! », et mon personnage répond : « mais je parle pas de lui, je me sers de lui pour parler des autres ». C’est ça l’écriture. Dès l’instant où les mots s’inscrivent sur du papier, ils ne m’appartiennent plus. Il y a une connivence, une distance et une lucidité effrayante par rapport à moi-même, de la dérision aussi, parce que j’ai de l’humour, bien que je ne le retrouve pas en tournant.
Certaines répliques du film sont pourtant très drôles...
Chaque fois que je faisais de l’humour, j’avais peur de faire folle. Du coup, je me disais, « ne fais rien, joue à la Bresson », et ça passait. Peut-être que s’il y a un prochain, j’irai vers quelque chose de plus drôle. Mais sur celui-ci, j’avais une politique. Une politique d’écriture, comme une politique sur ce personnage qui aime les hommes. J’ai été très vigilant, je ne voulais surtout pas aller vers Pedale Douce pour donner bonne conscience aux hétérosexuels.
Au début du film, on vous voit vous débattre seul dans votre lit. Et l’on se dit que le film, c’est ça, l’histoire d’un corps, d’un personnage, qui se débat avec lui-même.
Il y a un peu de ça. Le scénario a été écrit en un mois. J’étais en pleine déprime, et le metteur en scène et scénariste Benoît Graffin, qui est un ami, est venu chez moi taper le texte cinq dimanches. Il a eu l’élégance de m’écouter... J’étais complètement perdu au milieu de mes pages... Je dictais, je dictais, je dictais... J’ai un
rapport instinctif à l’écriture. Et quand je deviens intelligent, ça ne me réussit pas.
On pourrait dire que chaque personnage du film est un reflet de Pierre, comme un miroir à facettes.
C’est un miroir à plusieurs étapes de sa vie. C’est pour ça qu’il y a plusieurs gigolos, comme une passation de pouvoir. Le jeune gigolo de la fin du film pourrait être Pierre avec trente ans de moins. Et avec le temps, Pierre devient Toutoune. Quant à Paul, le gigolo qui sort de prison, c’est un voyou « honnête » qui ne s’attaque qu’aux banques.
Tous les personnages ont d’ailleurs un rapport à l’argent quasi-obsessionnel. Les gigolos, les psys, les morts : tout le monde à un prix, ici.
Je ne m’en suis pas rendu compte. C’est le quotidien de Pierre, qui a un vécu d’argent, déformé par l’argent. Comme dit l’un des personnages, « avec l’âge, la plus belle chose qui puisse nous arriver, c’est d’avoir de l’argent ». C’est un peu facile, mais lucide.
C’est certainement votre film le plus cru par rapport à vous-même et à votre corps.
Je pensais que la nudité donnerait une dimension dramatique au personnage. Je voulais qu’il soit nu, et ne commence à s’habiller que lorsque l’inspiration vient à lui. Ca m’intéressait de filmer Pierre avec son corps de 60 ans ; face à l’âge et au vieillissement.
Pourquoi avoir fait le choix de ne pas montrer Toutoune, si ce n’est de dos dans la première scène ?
Pour moi, il existait davantage dans l’absence. Une présence absente. Et puis le filmer me semblait moins intéressant d’un point de vue cinématographique : je n’avais pas envie d’aller vers le mélo, la convention. Je préférais suggérer. Traiter la mort en ellipse : que l’on devine plutôt que l’on comprenne. Je ne voulais pas rassurer le spectateur. Mais je voulais qu’il écoute. Avant Que J’oublie est un film d’écoute. Peut-être même un film de psy ! Chaque phrase, chaque réplique revient, l’air de rien...les mots, les informations se répètent, comme dans la vie.
Quand Pierre parle au psy, à la fin du film, il dit que sa vie ressemble à un roman-photo. Vous aviez peur que le récit cumule trop d’événements dramatiques ?
C’est une astuce scénaristique de metteur en scène, un clin d’œil lucide au spectateur. Je me suis dit : « quand même, est ce que j’ai le droit, est-ce que ce récit, ce n’est pas un peu beaucoup ? ». Mais ce sont deux années de vie résumées en quatre mois de fiction. La vie est parfois tellement énorme qu’elle peut s’apparenter à un roman-photo.
Dans la voiture de Pierre, on entend l’extrait d’un texte de Gilles Deleuze sur la bêtise. Pourquoi ce choix ?
Par hasard. Je suis un instinctif, j’ai l’intelligence de la rue. Il y a des choses qui me parlent, et peu importe si elles sont incongrues. Un jour, j’écoutais la radio dans ma voiture, et je suis tombé sur une conversation entre philosophes. Ils parlaient de la bêtise et citaient Kierkegaard et Deleuze, c’était superbe. Mais je n’ai pas retrouvé l’émission. Et comme le sujet m’interpellait, j’ai retrouvé un texte de Deleuze, que j’ai enregistré en studio avec la voix du cinéaste Vincent Dieutre. On peut tous se retrouver dans ce texte. Il y a notamment une phrase qui résonne fort lorsqu’on vient d’un pays machiste : « la bêtise ne pense pas, mais elle est indispensable, de la même façon que les hommes sans courage se cachent dans la foule pour crier avec elle».
Comment avez-vous choisi vos acteurs ?
Ca a été très compliqué, parce que je ne voulais aucun acteur professionnel. Pour interpréter Marc, le premier gigolo, j’avais un vrai gigolo qui m’a posé un lapin au dernier moment. Mais comme j’avais prévu le coup, un jeune comédien, Bastien D’asnières, que j’avais gardé en stand-by, est venu répéter à minuit la veille du tournage. Il s’est passé à peu près la même chose avec les autres rôles. Le problème, c’est que je suis tellement prisonnier des personnes dont je me suis inspiré que je ne peux jamais trouver un acteur à la hauteur du modèle. Même si, au final, je suis très content d’eux (rires) ! De toute façon, il n’y a pas de mauvais acteurs, il n’y a que de mauvais metteurs en scène.
Quels étaient vos partis pris de mise en scène ?
Je ne voulais pas de gros plans ; il n’y en a dans aucun de mes films. Par contre, j’aurais souhaité davantage de plans séquences, de silence, de riens, mais je n’ai pas toujours eu l’argent et le temps pour les tourner. C’est mon seul regret. Pour la plupart des scènes et en particulier à Drouot, j’aurais aimé qu’elles soient filmées avec de longs plans séquences, des allers-retours, des acteurs qui entrent et qui sortent, des
descentes d’escalier. Le plan-séquence me séduit par son élégance, sa façon de donner une autre dimension à l’espace et au temps, un peu comme dans le cinéma porno de dans La Chatte A Deux Tetes.
Comment s’est déroulé le tournage ?
Ça a été un enfer, mais un enfer jouissif. J’aime bien aller mal. Je suis rarement heureux, mais d’apprendre que j’avais été sélectionné à la « Quinzaine des Réalisateurs » du Festival de Cannes a été un moment de bonheur, et une vraie récompense pour moi et l’équipe. Le film a été fait seulement avec l’aide de l’Avance sur recettes, en 24 jours, avec des heures supplémentaires, des difficultés énormes. Mais toute l’équipe était soudée, concentrée, chaleureuse.
Comment avez-vous travaillé avec Josée Deshaies, la directrice de la photo ?
J’avais beaucoup aimé la lumière de Tiresia et LE PORNOGRAPHE de Bertrand Bonello. J’ai demandé à Josée une lumière glaciale, la « moins cinéma » possible : je voulais éviter tout esthétisme, toute séduction. Avec Josée, on s’est compris tout de suite. On n’a pas eu besoin de parler, le texte et l’émotion étaient là. Je souhaitais une photo clinique. La banque clinique, l’appartement clinique, l’argent clinique.
Vous pensez déjà à un nouveau chapitre cinématographique ?
Ce film m’a emmené au-delà. Je pense parfois aller ailleurs, peut-être du côté des travelos qui sont des victimes et qui vivent la nuit cachés. Je ne sais pas vraiment où je vais, je me laisse porter. (Comme au Cinéma.com)
A Bigger Splash
Sortie en France 1974
Grande-Bretagne
Réalisateur : Jack Hazan
Producteur : Jack Hazan
Scénariste : Jack Hazan, David Mingay
Directeur de la photographie : Jack Hazan
Compositeur : Patrick Gowers, Greg Bailey
Monteur : David Mingay
Interdit aux moins de 16 ans
Comédie Dramatique, Documentaire
105 mn
Distribution :
David Hockney (Lui Même), Peter Schlesinger (Lui Même), Mo Mac Dermott (Lui Même), Ossie Clarke (Elle Même), Henry Geldzahler (Lui Même), Celia Birtwell (Elle Même), Kasmin (Elle Même).
Synopsis :
A travers un fascinant mélange de fiction et de documentaire, A Bigger Splash nous emmène dans l'univers du peintre anglais David Hockney et révèle les liens qu'entretiennent la vie et la création. Avec ses amis, jouant leur propres rôles, ils interprètent des scènes de la vie qui leur sont arrivées. Ou pas...
Bande-annonce, Extraits
Photos Censurées
Critiques :
Portrait labyrinthe d’un artiste
Tirer le portrait d’un artiste pictural, le cinéma l’a souvent fait, soit du côté de la fiction (Lautrec, Basquiat, Pollock, etc., etc….), soit – et plus fréquemment – par le documentaire. On a vu certains utiliser la fiction pour explorer la vie sentimentale du mystérieux protagoniste, d’autres se balader dans les toiles du créateur…
A Bigger Spalsh est un film malin : tourné en 1974, il rassemble pourtant toutes ces approches. Drôle de long-métrage que celui-ci, entre auto-fiction et documentaire, contemplatif, laconique, pictural. Pour les connaisseurs de David Hockney, la promenade dans son œuvre post Bigger Splash (portraits d’amis et déclinaison sur la piscine) prend des allures de réminiscence de nos pas perdus entre les tableaux d’une exposition du peintre. Pour les novices de l’artiste à lunettes rondes, la découverte onirique n’est pas déplaisante.
Cette pseudo mise en scène de la vie et, plus particulièrement, d’un épisode douloureux (la rupture amoureuse entre Hockney et Peter Schlesinger) nous entraîne insidieusement dans l’exploration de l’interaction inévitable entre vie/quotidien et création ; entre états d’âme et « inspiration ».
Certes un peu longuet et dispersé, l’expérience reste intéressante, notamment dans son rendu d’une époque mythique : le Londres arty des années 70. (Eléonore Guerra, Comme au Cinéma.com)
A River Made To Drown In
Année de Production 1997
USA
Réalisateur : James Merendino
Scénariste : Paul Marius
Directeur de la photographie : Thomas L. Callaway
Monteuse Esther P. Russell
Directeur artistique : Andrea Stanley
Chef décoratrice : Adriana Verwey
Créateur de costumes : Mas Kondo
Directeur du casting : Richard Pagano
Drame
98 mn
Distribution :
Richard Chamberlain (Thaddeus Mackenzie), Michael Imperioli (Allen Hayden), James Duval (Jaime), Talia Shire (La Mère De Jaime), James Karen (Ray), Michael Saucedo (Luis), Austin Pendleton (Billy), Steve Tyler (Le Propriétaire Du Bar)
Synopsis :
Allen, un jeune artiste anciennement gigolo pour survivre, a une aventure avec Eva, riche propriétaire d'une galerie d'art à Los Angeles. Il reçoit un jour la visite d'un ancien ''collègue'', Thaddeus, mourant du sida, et décidé à finir ses jours dans la région. Malgré quelques réticences, il décide de s'occuper de lui, tandis qu'Eva ne tarde pas à découvrir la vérité le passés trouble de ces deux personnages...
Adieu Ma Concubine
Date de sortie : 27 Octobre 1993
Titre original : Ba Wang Bie Ji
Chine
Réalisateur : Chen Kaige
Producteur : Hsu Feng, Zhang Xia
Producteur associé : Donald Ranvaud
Producteur exécutif : Bin Hsu, Jade Hsu
Scénariste : Wei Lu, Lilian Lee
D'après l'oeuvre de Lilian Lee
Directeur de la photographie : Changwei Gu
Compositeur : Zhao Jiping
1er assistant réalisateur : Wang Chao
Comédie dramatique
169 mn
Distribution :
Leslie Cheung, Fengyi Zhang, Gong Li, Qi Lu, Da Ying, You Ge, Chun Li, Han Lei, Di Tong, Mingwei Ma, Yang Fei, Zhi Yin, Hailong Zhao, Dan Li, Wenli Jiang
Synopsis :
En 1925, deux jeunes garçons, Dieyi et Xiaolou, entrent à l'académie de maître Yuan, qui forme les comédiens de l'Opéra de Pékin. Une profonde amitié les lie et ils se re-trouvent des années plus tard, avec des statuts de stars, dans les rôles vedettes de la tragédie Adieu ma concubine. Dieyi est secrètement amoureux de Xiaolou, mais ce dernier a épousé la jolie Juxian... Ces trois personnages se retrouveront et se dé-chireront, avec, comme toile de fond, la Chine du XX° siècle.
En savoir plus : Nous vous conseillons vivement ce très beau film de Chen Kaige. Palme d’or au Festival de Cannes. Film qui porte à l’écran le roman de Lilian Lee et qui retrace de fa-çon originale une partie de l’histoire de la Chine. Leslie Cheung et Zhang Fengyi jouent superbement chacun deux personnages.
Extraits
Une Affaire de Goût
Sortie en France 26 avril 2000
France
Réalisateur : Bernard Rapp
Producteur : Catherine Dussart, Chantal Perrin
Scénariste : Bernard Rapp, Gilles Taurand
D'après l'oeuvre de Philippe Balland
Directeur de la photographie : Gérard de Battista
Compositeur : Jean-Philippe Goude
Chef décorateur : François Comtet
Comédie dramatique
90 mn
Distribution :
Bernard Giraudeau (Frédéric Delamont), Jean-Pierre Lorit (Nicolas Rivière), Charles Berling (René Rousset), Jean-Pierre Léaud (Le Juge), Florence Thomassin (Béatrice), Artus De Penguern (Flavert), Laurent Spielvogel (Le Docteur Rossignon), Elisabeth Macocco (Caroline), Anne-Marie Philipe (Le Docteur Ferrières).
Synopsis :
Frédéric Delamont, un riche industriel lyonnais, vit seul, entouré d'une cohorte de médecins et cuisiniers particuliers. Il engage un jeune serveur, Nicolas Rivière, et le rémunère très généreusement, simplement pour lui servir de goûteur. Mais la relation entre les deux hommes va prendre rapidement une tournure malsaine, et les conduire jusqu'au crime. Dans la seconde partie du film, un juge et une psychologue les interroge afin de comprendre le type de rapport qui les unit : domination, manipulation ou homosexualité.
Agua
Date de sortie : 07 Février 2007
France, Argentine
Réalisatrice : Veronica Chen
Producteur : Veronica Chen, Denis Freyd
Producteur exécutif : Gabriela Schmid, Nicolas Martinez Zemborain
Scénariste : Veronica Chen, Pablo Lago
Directeur de la photographie : Sabine Lancelin, Matías Mesa
Monteur : Jacopo Quadri, Luis César d'Angiolillo
Chef décoratrice : Eva Duarte
Décoratrice : Eva Duarte
Costumière : Paola Delgado
Coiffeuse Karina Camporino
Maquilleuse : Karina Camporino
Assistant réalisateur : Nicolas di Cocco
Ingénieur du son : Martin Grignaschi, Federico Billordo
Consultant : Diego Degano
Drame
89 mn
Distribution :
Rafael Ferro (Goyo), Nicolas Mateo (Chino), Gloria Carra (Maria), Leonora Balcarce (Ana), Pablo Testa (Roque), Jimena Anganuzzi (Luisa), Diego Alonso (Jorge).
Synopsis :
Injustement accusé de dopage lors d'un marathon en Argentine, Goyo, ancien champion de natation en eau libre, a tout abandonné pour se réfugier dans le désert. Huis ans plus tard, le Marathon va de nouveau avoir lieu. Il revient pour tenter de reconquérir son honneur. De vieilles émotions refont surface, l'oppressent. Goyo rencontre Chino, un nageur en piscine consciencieux et obstiné qui rêve d'une sélection en équipe nationale. Ils décident de faire équipe.
Bande-annonce, Extraits
Site officiel :
France
Critiques :
Un Grand Bleu sud américain...
L'eau exerce un étrange pouvoir sur les individus... Libérateur et confortant pour certain, enivrant pour d'autres, l'eau peut-être aussi un milieu hostile et asphyxiant où l'être humain se retrouve confronté à ses plus terribles angoisses. Passionné depuis toujours par les milieux sous-marins et la natation, la réalisatrice Veronica Chen ne lésine par sur les moyens pour concrétiser à l'écran son amour pour l'eau.
Tour à tour immergé et en action à la surface, la caméra suit les mouvements des nageurs... chaque battement de jambes, chacune de leurs respirations sont filmés avec un réalisme déconcertant. La cinéaste parvient à nous faire vivre la solitude de ses personnages à travers le parcourt et le destin de deux hommes brisés par la vie... En constante apesanteur, le film de Veronica Chen raconte l'histoire d'un sportif raté en proie aux doutes, le retour d'un ancien champion déchu en quête de vérité... Mais Agua c'est aussi et surtout l'histoire d'une compétition, de la capacité de l'homme à se dépasser, de pousser sa volonté au-delà des limites que l'esprit nous imposent...
Si le scénario pêche la moitié du temps, la réalisation rythmée et la performance visuelle suffisent à accrocher le spectateur. L'ensemble, pourtant, manque d'un petit quelque chose pour rendre ce film étrange un peu moins curieux et plus spectaculaire. Une œuvre sans prétention qui aurait mérité d’être plus ambitieuse… (Jeanne Tsekas Alberti, Comme au Cinéma.com)
Interview de Veronica Chen
Comment est né Agua ? Quelle a été la première image ? Cela renvoie-t-il à un souvenir d’enfance ?
Deux images me sont venues à l’esprit : la ligne au fond du bassin, et son double, la ligne sur la route. La première est apparue suite à l’écriture d’un texte pour expliquer comment faire un film. J’étais épuisée, je ne savais pas quoi écrire, et cette image est venue à moi. Elle me renvoyait aux longues heures d’entraînement en piscine, quand j’étais enfant, à aller et venir, toujours seule dans ma tête. La seconde image a sollicité mon imagination plus que ma mémoire. J’avais écrit l’histoire de quelqu’un qui revenait pour tenter de récupérer quelque chose qu’il avait perdu. C’est généralement de cette manière que je travaille sur un film. D’abord j’écris l’histoire, qui peut aller de 3 à 15 pages. Ensuite j’attaque le traitement cinématographique. Quelque part, ces deux images ont donné naissance aux deux personnages principaux et leur point de convergence a été l’eau.
Qu’évoque pour vous l‘eau, sa matérialité physique ? Le silence, la solitude, la protection, la liberté ?
J’aime l’eau. Elle me procure un plaisir physique. Si je m’immerge, même dans une baignoire, je sens que je me délivre des liens de la vie quotidienne. Quand je contemple l’océan, je « voyage » loin et je ne peux pas résister au désir d’y pénétrer, quelle que soit la température ou la météo. L’Atlantique surtout. Son eau froide et ses vagues me régénèrent, me chargent en énergie. Les réalisateurs doivent maîtriser leurs désirs par la discipline. A cause de cela, nous perdons une partie de notre capacité à ressentir. Mon esprit travaille, je ne sens pas réellement mon corps. Les heures passées à écrire, à affronter son esprit, en isolement total, tout cela peut devenir une expérience terrorisante. Dans Agua, jecrois que j’ai voulu retrouver le plaisir physique et éloigner la terreur mentale. Chino traverse ce moment-là. Goyo l’a déjà traversé, et devra affronter de nouveau ses vieux démons. Mais tous les deux ont perdu le plaisir premier de ce qu’ils font. C’est ce qu’ils tentent de retrouver.
Votre premier long-métrage Vagón fumadorétait un film éminemment « nocturne ». Dans Agua, c’est la lumière qui prédomine. On dirait que c'est un film lumineux malgré l’opacité des personnages. C’est le cas ?
Dans la nuit, les personnages de Vagón fumador se sentaient libres, inobservés, vivant entoute impunité. Ils ne vivaient pas dans le temps, mais dans l’espace. En terminant le film, la nuit avait perdu de son enchantement. Dans Vagón, je n’ai volontairement rien coupé dans le cadre. Par la suite, j’ai vu une tristesse dans les rues, quelque chose qui jusque-là m’était inconnu. Il faut préciser que le climat qui a suivi la crise de 2001 a altéré le panorama visuel en Argentine. Avec Agua, j’ai tout voulu filmer de jour. Mais, ici, les personnages sont retenus par un élément qui les isole – l’eau. Là où ils ne perçoivent pas le monde extérieur. Je ne souhaitais pas mettre en lumière leur isolement, mais leur donner la possibilité d’évoluer, de se connecter au monde extérieur, littéralement d’aller vers la lumière.
Comment avez-vous créé l’univers visuel de Agua qui ne ressemble à rien de connu?
Je voulais une image nette, précise, comme coupée au scalpel. C’est pour ça que j’ai voulu tourner en 35mm. Dans le film, il y a trois mondes visuels distincts : l’eau transparente, l’eau trouble et la terre. Par l’eau transparente, je voulais montrer que c’est ici que les personnages «voient». En les filmant toujours sous l’eau, dans leur «intérieur», je m’immerge avec eux. Pour cela, j’ai utilisé des travellings sous-marins. Dans le fleuve, avec l’eau trouble, on ne voit rien. L’eau est marron. J’ai choisi de montrer que les personnages sont, en un sens, aveugles. Au lieu d’aller en studio et de simuler leur vision, je les ai filmés de l’extérieur, au-dessus de l’eau. Sur la terre (qui représente pour moi la vie quotidienne), je voulais une image «propre», avec des plans fixes pour refléter le manque de mobilité, la rigidité des personnages. Le mouvement était réservé aux scènes dansl’eau, là où les personnages sont fluides. Il y a aussi une autre constante dans le film : la séparation entre l’esprit et le corps. Pour illustrer cela, j’ai utilisé des plans larges. Je les ai entrecoupés avec des fragments de corps, des gros plans et une absence quasi-totale de plans montrant le personnage dans son entier. Derrière ce choix formel, j’imagine que se cache un scepticisme profond sur le fait qu’une personne puisse être en harmonie avec l’ensemble des éléments qui la composent.
Dans Agua, le travail du son est primordial et très novateur ; il complète l’hypnotisme des images. Comment l’avez-vous conçu ?
La façon de traiter le son et l’importance de celui-ci dans le film ont été évidents dès le début. C’est difficile de montrer ce qu’il se passe dans l’esprit d’une personne immergée pendant des heures, qui répète sans cesse un exercice. J’ai tenté d’expliquer ce ressenti par le son, d’évoquer une idée d’intériorité. Il n’y avait pas de place pour de la musique. Bien sûr, le risque était de perdre en émotion mais j’ai décidé de me lancer quand même. On peut fermer les yeux pour ne pas voir mais on ne peut pas boucher totalement ses oreilles. Le son s’insinue même quand on décide de ne pas l’écouter, et parfois, au moment le plus inattendu, il réapparaît. En ce sens, il fonctionne comme l’odorat.
Dans Agua, Goyo, comme Chino ne s’intègrent pas à ce qui les entoure. Pourquoi ?
Goyo et Chino sont des « outsiders ». Sur terre, ils ne parviennent pas à fonctionner, à communiquer, ils sont comme des poissons hors de l’eau si je puis dire. Une piscine est d’un point de vue graphique une image apaisante. Un rectangle d’eau bleue, sous contrôle, où il y a toujours un bord auquel s’accrocher. Mais c’est aussi un piège. Elle altère les relations au monde extérieur de celui qui pratique ce sport professionnellement. Je pense que cela peut arriver à quiconque est obsédé par une seule chose. On se referme sur nous-mêmes. On en oublie les alternatives pour faire les choses autrement. Les gens commencent à prendre de la distance. C’est le début de la solitude.
Entre Goyo et Chino, il s’établit un système de roulement tacite. Le nageur le plus expérimenté passe la main au novice s’il traverse un moment difficile. Mais il y a aussi un changement de rôle ? De quelle manière Chino aide-t-il Goyo ?
C’est complexe. Chino n’aide pas Goyo car pour lui c’est déjà fini. Mais avant sa « fin», Chino lui donne une dimension héroïque. Goyo voit en lui un miroir de lui-même, plus jeune. D’abord, il tente de l’empêcher de faire la même erreur que lui : abandonner. Il essaie de lui faire comprendre que l’important n’est pas de perdre une course ou de tout quitter, mais la passion qui les anime tous les deux. Goyo s’aperçoit qu’il a vieilli. Il veut tricher, mais finalement ne s’y résout pas. Quand il observe Chino nager, il a honte de lui-même. Sa jalousie se transforme en admiration. C’est comme observer un oiseau voler, et parce qu’on ne peut pas faire comme lui, décider de l’abattre et arborer ses plumes comme un trophée. Goyo ne peut se résoudre à ça. Il abandonne Chino dans le fleuve, comme il l’a toujours fait avec ceux qui comptaient sur lui. Mais en regardant Chino si adroit, si rapide, il sait que cette fois sa disparition fait sens. Chino finit mal, non seulement discrédité, mais perdu, blessé et abandonné. Malgré ça, il se relève et grandit. Peut-être que je m’intéresse à ces gens qui tombent et qui, avec entêtement, se relèvent, sans trop réfléchir. La passion les amène à persister contre toute logique. Nous sommes habitués à des héros apparents, médiatiques, qu’on ne questionne pas. Ce qui m’intéressait, c’était ce héros qui refuse d’admettre qu’il a échoué, même si personne n’est au courant. Ceux qui tombent et se relèvent en silence.
Au début, dans le désert, Goyo semble sortir du vide pour affronter son passé. Pourquoi ? Cela ressemble à une décision de héros d’un mythe classique.
En prenant Goyo comme figure centrale, le film n’est pas différent d’une tragédie grecque. Le héros, ne se rend pas compte qu’il commet les mêmes erreurs. Il ne voit ni les signaux de danger, ni les chemins alternatifs qu’il pourrait prendre. Son destin débouche sur la mort, mais c’est parce qu’il sauve quelqu’un avant, qu’il acquiert sa dimension héroïque.
Qu’est-ce que le fleuve évoque et signifie pour vous, avec ses courants et ses bifurcations ?
Je dois reconnaître que le fleuve provoque chez moi un rejet instinctif. Il semble sans loi, sans signe de civilisation, il incarne la cruauté. La loi de la jungle, c’est-à-dire la loi du plus fort, du plus apte. Pourquoi l’océan ne me procure-t-il pas cette sensation ? Peut-être parce qu’il y a un horizon infini, et cela évoque toujours une promesse. Peut-être aussi parce que l’océan est cyclique. Il a ses lois propres. La marée monte puis descend, mais on peut comprendre son rôle. Le fleuve pour moi c’est la jungle, loin de l’idée d’une nature idyllique comme l’évoque Rousseau. C’est comme un enfer, un côté obscur.
Quelles relations ont ces hommes avec les femmes ?
María, Luisa et Ana forment un triptyque des différents « états » de la féminité. Les trois surgissent en même temps et sont superposables. María a été abandonnée, elle s’est reconstruite et a continué sa vie. Elle a fondé une nouvelle famille et elle n’accepte pas que quelque chose vienne déranger cet équilibre, pas même la vérité. Luisa est le soutien économique du foyer. Elle conçoit le temps en terme biologique, à la différence deChino pour qui le temps est une question prédominante. Pour être plus claire, Chino veut contrôler le temps alors que Luisa s’adapte à lui car la naissance imminente du bébé ne dépend pas d’elle. La résignation de Luisa est le cordon qui relie Chino à la terre. Ana est celle qui comprend et pardonne, sans juger. Rossellini a déclaré que « la vraie attitude morale est la tendresse » et je crois que cela m’a guidée pour le personnage d’Ana. Je crois que les femmes ont une manière de penser plus « émotionnelle » que les hommes, qui ont plus tendance à dissocier leurs pensées de leurs émotions. Goyo et Chino sont les deux extrêmes de cette position masculine, et il était naturel qu’ils ne puissent communiquer avec aucune de ces trois femmes. Peut-être y a-t-il un espoir à la fin, mais le film ne fait que poser la question. (Comme au Cinéma.com)
Historique du marathon Santa Fe - Coronda
La première édition du marathon en eau libre de "Río Coronda" s’est tenue en 1961 à la suite des bons résultats obtenus par les nageurs argentins à l’étranger. Dermidio Cabral López et Carlos Larrier – tous deux nageurs – créèrent, avec d’autres jeunes de Coronda, le Marathon Fluvial du Littoral Argentin. Compte tenu des difficultés politiques et économiques qui ont traversé le pays, le marathon n’a pu avoir lieu chaque année depuis cette date. Au jour d’aujourd’hui, 28 courses ont été disputées ; elles relient les villes de Santé Fe, Santo Tomé et Coronda par les fleuves Coronda et Salado sur un parcours d’environ 63 kilomètres.
L’épreuve se déroule chaque année le 1er février et attire les meilleurs nageurs mondiaux. Avec les années, et l’arrivée d’une nouvelle génération, le Marathon « Santa Fe – Coronda » est devenu l’une des épreuves en eau libre les plus importantes et les plus populaires au monde. Cette course est même devenue la fête annuelle de ces villes. Grâce àl’engouement des médias, au soutien et à l’intérêt de la presse, de gros moyens ont été mis en œuvre pour assurer une couverture médiatique importante permettant à cet évènement d’être reconnu danslemonde sportif et de conserver le respect et la considération dont cette épreuve fait l’objet. En 2008, l’épreuve de nage en eau libre devient officiellement une discipline olympique. (Comme au Cinéma.com)
L'Air de Paris
Année de Production 1954
France, Italie
Réalisateur : Marcel Carné
Producteur : Robert Dorfmann
Scénariste : Jacques Viot
Dialoguiste : Jacques Sigurd
Directeur de la photographie : Roger Hubert
Compositeur : Maurice Thiriet
Monteur : Henri Rust
Chef décorateur : Paul Ber
Comédie dramatique
110 mn
Distribution :
Jean Gabin (Victor Le Garrec), Arletty (Blanche), Roland Lesaffre (André Ménard), Marie Daëms (Corinne), Jean Parédès (Jean-Marc), Folco Lulli (Angelo Posi (L'Épicier)), Ave Ninchi (Angela Posi (L'Épicière)), Maria Pia Casilio (Maria), Simone Paris (Chantal), Lucien Raimbourg (L'Employé De L'Hôpital), Marcelle Praince (La Vieille Dame), Mathilde Casadesus (La Voyageuse), Gil Delamare (L'Ami D'André).
Synopsis :
A Paris en 1954, un ancien boxeur, Victor Le Garrec qui eut une carrière très brève, dirige une salle de boxe. Il rencontre un jeune homme, André Ménard qui a fait un peu de boxe. Victor s'intéresse à lui, il l'entraîne pour en faire un champion. Bientôt il l'instale chez lui. On ne s'explique pas l'attitude de Victor, s'il est l'amant d'André. La femme de Victor jalouse André...
Alice et Martin
Sortie en France 04 novembre 1998
France, Espagne
Réalisateur :l André Téchiné
Producteur : Alain Sarde
Coproducteur : Andre Martin
Producteur exécutif : Christine Gozlan
Scénariste : Olivier Assayas, Gilles Taurand, André Téchiné
Directeur de la photographie : Caroline Champetier
Compositeur : Philippe Sarde, Yann Tiersen
Musiques additionnelles (interprète) : Jeff Buckley
Monteuse : Martine Giordano
Chef décorateur : Zé Branco
Cascadeurs : Patrick Steltzer
Drame
120 mn
Distribution :
Juliette Binoche (Alice), Alexis Loret (Martin Sauvagnac), Mathieu Amalric (Benjamin Sauvagnac), Carmen Maura (Jeanine Sauvagnac), Jean-Pierre Lorit (Frédéric Sauvagnac), Marthe Villalonga (Lucie), Roschdy Zem (Robert), Jeremy Kreikenmayer (Martin Enfant), Franck De La Personne (Le Magistrat), Nathalie Vignes (L'Infirmière), Ruth Malka-Viellet (Tania), Christiane Ludot (Laurence), Kevin Goffette (Christophe), Eric Kreikenmayer (Francois Sauvagnac), Pierre Maguelon (Victor Sauvagnac).
Synopsis :
Martin vient de quitter la maison de son père. Dans sa fuite, il trouve refuge chez son demi-frère à Paris. Martin, au physique fort agréable, se fait remarquer dans la rue, avant d'être propulsé sur les podiums. Il tombe éperdument amoureux d'Alice, co-locatrice de son frère. Un amour exclusif se tisse entre eux. Mais bientôt, Alice est enceinte, et l'annonce de cette nouvelle plonge Martin dans un terrible tourment. Rongé par la culpabilité, il se croit responsable de la mort de son père.





















































