15 avril 2008
L
La León (2007)
Lan Yu (Histoire d'Hommes à Pékin) (2001)
Lanterns
Leonera (2008)
Ligne de Beauté (La) (2006)
Ligne de Beauté (La) (2006) (Le Film)
Lindsay Lozon (Reza)
Little Ashes (2008)
Living End (1992) (The)
Loggerheads (2005)
Long Island Expressway (L.I.E.) (2001)
Lonesome Bridge
Looking for Langston (1989)
Lost Everything (2008)
Louis de Bourbon ou le soleil maudit
Louis Garrel
Los Ojos de Emilio (2005)
Love and Deaf (2004)
Love of Siam (2007)
Love of Siam (2007) (Le Film)
Lonesome Cowboys (1967)
Lonesome Cowboys (1967) (Le Film)
Lucas Malvacini
16 avril 2008
Loggerheads
Sortie en France 14 mars 2007
USA
Réalisateur : Tim Kirkman
Producteur : Gill Holland
Coproducteur Cindy Tolan, Les Franck, Zeke Zelker
Producteur associé : Brian Galligan, Victoria Hirshfield, Carly Hugo, Michael Morley, Matthew Parker, Nina Stone, Kathryn Francis Tucker
Producteur exécutif : Stephen Hays, Lillian LaSalle
Scénariste : Tim Kirkman
Collaboration au scénario : Caitlin Dixon
Directeur de la photographie : Oliver Bokelberg
Compositeur : Mark Geary
Monteuse : Caitlin Dixon
Directeur artistique : Rick Mobbs
Chef décorateur : 'Jungle Jim' Shaughnessy
Costumière : Susan Oliver
Coiffeuse : Susan Buffington
Maquilleuse : Sandra S. Orsolyak
1er assistant réalisateur : Brian Galligan
Directrice du casting : Cindy Tolan
Drame
95 mn
Distribution :
Kip Pardue (Mark Austin), Tess Harper (Elizabeth Austin), Bonnie Hunt (Grace Bellamy), Michael Kelly (George), Michael Learned (Sheridan Bellamy), Ann Pierce (Ruth), Chris Sarandon (Le Réverend Robert), Valerie Watkins (Lola), Robin Weigert (Rachel), Adrian Lee (Linda), Joanne Pankow (Phyllis), Adrian Lee (Linda), Tammy Arnold (Patti), Bill Ladd (Rick), Trevor Gagnon (Julian), Adam Williams (Hector), Joanne Pankow (Phyllis), Michael Harding (Ray), Kelly Mizell (Gina), Ruth Reid (Ann), Craig Walker (Mike Sullivan).
Synopsis :
Inspiré de faits réels, Loggerheads raconte trois histoires différentes qui commencent toutes en Caroline du Nord, le jour de la fête des mères : A Kure Beach, Mark, un jeune et séduisant vagabond venu protéger les tortues des mers, rencontre George qui tient un petit motel sur le bord de mer. Dans la petite ville d'Eden, Elizabeth se demande ce qui est arrivé à son fils qui a quitté le domicile familial depuis des années après une querelle avec son père, un pasteur conservateur.A Asheville, Grace quitte son travail à l'agence de location de voiture pour tenter de retrouver le fils qu'elle a dû abandonner, étant adolescente.Ces trois histoires finiront par se mêler pour ne faire qu'une.
Critiques :
Un film inégal, mais attachant
Estampillé Sundance 2005, Loggerheads est la quintessence même du film indépendant américain: faibles moyens de production, acteurs peu connus du grand public ou à contre-emploi, mise en scène dénuée de tout artifice. L’étrange titre du film, Loggerheads - des tortues qui abandonnent leurs œufs après les avoir pondus sur une plage - fait directement référence à la thématique du film: la filiation, l’abandon, la solitude…
Ce petit film choral suit les parcours de trois êtres que tout sépare, du moins en apparence. Il y a d’abord Mark, un jeune homme venu protéger les œufs des tortues de mer sur une plage de Kure Beach ; Elizabeth, dont le fils a quitté le domicile familial suite à une dispute avec son père ; et Grace, jeune quarantenaire à la recherche de l’enfant qu’elle a abandonné.
A mesure que l’intrigue avance et que les langues de délient, Tim Kirkman, dont c’est ici le troisième long-métrage, tisse habilement son canevas autour de ces trois héros ordinaires, laissant au spectateur le temps de découvrir les secrets qui les unissent. Il est en cela secondé par de formidables acteurs : de Kip Pardue (Driven) qui ne se contente pas de jouer les belles gueules, à Bonnie Hunt (Beethoven, Treize à La Douzaine), jusqu’ici reléguée à des comédies familiales américaines qui ne nous laissaient guère entrevoir l’étendue de son talent.
Filmé avec une grande authenticité et une belle touche d’humour, le portrait de la classe moyenne de la Caroline du Nord, où le poids des oui dire comme non-dits est plus pesant qu’ailleurs, est criant de vérité. Cette authenticité n’est pas le fruit du hasard puisque le réalisateur a lui-même grandi dans cet Etat du Sud, d’où un brossage au vitriol des petites manies et des préjugés de ces communautés puritaines. Dommage que le film finisse par perdre de sa justesse à cause d’un épilogue particulièrement décevant et nous plongeant dans un pathos malvenu qui nous ferait presque oublier qu’il s’agit d’une histoire vraie. (Marion Batellier, Comme au Cinéma.com)
Bande-annonce, Extraits
Sites officiels :
France
USA
Film Gay : Loggerheads envoyé par GayClic
17 avril 2008
La León
Sortie en France 11 juillet 2007
France, Argentine
Réalisateur : Santiago Otheguy
Scénariste : Santiago Otheguy
Chef Opérateur : Paula Grandio
Chef Opérateur Son : Abel Tortorelli
Chef Décorateur : Sergio Rud
Directeur de Casting : Valeria Otheguy
Monteur : Sebastian Sepulveda, Valeria Otheguy
Compositeur : Vincent Artaud
Drame
85 mn
Distribution :
Jorge Roman (Alvaro), Daniel Valenzuela (El Turu), José Muñoz (Iribarren), Daniel Sosa (Le Père De Gadea), Ana Maria Montalvo (La Mère De Gadea), Aida Merel (Libraire), Diego Quiroz (Julio Le Marin), Jimena Covaco (Laura), Alfredo Norberto Rivas (Misionero I), Juan Carlos Rivas (Misionero Ii), Mirta Rivas (Misionero Femme), Esteban Gonzalez (Misionero Roman), Alberto Rivas (Misionero Frère Ii), Lorena Rivas (Misionero Fille), Marco Woinski (L'Allemand), Elba Estela Vargas (La Mère De Laura).
Synopsis :
Dans un labyrinthe de rivières et de ruisseaux, monde sensuel et sauvage, Alvaro mène une vie humble et solitaire, la pêche et la coupe des roseaux constituant son labeur quotidien. Son homosexualité et sa passion pour les livres font de lui un personnage à part parmi les habitants de cette région d’Argentine perdue dans le temps. Le seul lien entre ce territoire sans frontières définies et la ville est constitué par "El Leon". Ce bateau-bus est piloté chaque jour par El Turu, un homme violent et autoritaire, devenu le relais incontournable de toute communication entre les habitants. El Turu voit la différence d’Alvaro comme une menace et semble déterminé à le harceler…
Critiques :
Splendeur et transcendance en Argentine
Voici un film intéressant. Une expérience, un exercice de style, un jeu - grave. Un poème en noir et blanc, un silence en forme de photographies sublimes. On contemple, on flotte, on s'insinue sinueusement dans le courant moite du delta du Parana. On pense au Nouveau Monde de Terrence Malick devant ces plans-séquences qui s'évaporent sur l'eau et cette nature qui végète, alors que grondent les moteurs, au loin. C'est d'une beauté infernale, d'un sublime sans égal.
On sent que c'est le premier film de Santiago Otheguy, réalisateur franco-argentin : il multiplie les techniques de réalisation et tente toutes les formes possibles de plans, tant qu'ils obéissent à un ordre de rêverie, d'ondulation. On sent un désir d'atteindre une forme de perfection esthétique, d'adéquation absolue entre la forme et le fond. Ce fond qui, pour certains, paraît absent, alors qu'il est lourd de son mutisme : le film est quasiment silencieux, et "il ne se passe rien" dans le sens premier du terme. En réalité, entre ce pêcheur homosexuel et ce navigateur qui le traque, il y a tout un univers de non-dits, de consciences qui s'affrontent en s'échangeant "juste" quelques regards.
On sent, au travers de la photographie sans couleur, que personne n'est pourtant tout à fait blanc ni tout à fait noir : le contour des corps, dans la lumière lunaire, scintille et fait disparaître les identités, tout comme il fait perdre les notions d'espace et de temps dans ce microcosme du delta, où les habitants n'ont de connexion avec le monde extérieur que par la voie des eaux. Il y a un magnétisme puissant dans ce film qui, à l'origine, devait être un court-métrage de plus dans le jeune parcours de Santiago Otheguy, parti en Argentine avec deux acteurs (Jorge Roman et Daniel Valenzuela, les deux seuls professionnels devant la caméra), et qui, au final, s'est laissé enivrer par cette région sauvage. Et l'on sent que, derrière ce premier long-métrage et la volonté d'expérimenter, au risque de perdre une grande partie des spectateurs (il faut bien reconnaître que le public pour ce film ne se compte pas par légions), un grand cinéaste est en train d'éclore sous nos yeux. (Bartholomé Girard, Comme au Cinéma.com)
Interview du réalisateur Santiago Otheguy :
La Leon époustoufle ou essouffle, force le respect ou la sieste. C'est ce qui arrive quand un inconnu prend une caméra, part avec trois sous dans la poche, tourne en noir et blanc avec très peu de dialogues, et expérimente. On peut trouver ça sublime ou éprouvant, mais la vivacité des réactions prouve bien qu'il se passe quelque chose avec ce petit film qui ne paye pas de mine. Remarqué au dernier festival de Berlin (mention spéciale pour le Teddy Award), le film de Santiago Otheguy ne laisse pas indifférent. Et son réalisateur non plus : un homme passionné et passionnant, qui parle d'art et de beauté comme il boit un verre de vin (rouge), allume une clope, et fait fi des protocoles d'interview pour directement entrer en dialogue avec l'autre. Un grand bavard, mais un bavard généreux, qui ne tourne pas en rond, et emmène la discussion toujours plus loin.
Comment s'est passée la réalisation de La Leon ?
A l'origine, ce film était un court-métrage ; il s'est fait en deux fois. Mais en réalité, je savais que pour réaliser un film comme ça, je ne pouvais pas le présenter à des producteurs sur un simple papier, mais qu'il fallait que je montre de quoi j'étais capable. Lorsque je leur ai présenté le court-métrage, je l'ai accompagné d'un scénario. C'est alors que des financements ont pu être décrochés, et le film a donc été tourné en deux fois, en 2005 et 2006.
Vous savez, trouver des financements pour le cinéma d’auteur, c’est vraiment plus dur. C'était impensable, pour un jeune réalisateur qui n'a rien fait avant, de présenter un scénario comme celui de La Leon et attendre que les gens mettent l'argent sur la table. Impensable. Il a donc fallu que je développe une stratégie, que je montre des images du court-métrage.
Vous êtes franco-argentin : pourquoi être revenu en Argentine pour votre premier long-métrage ?
L'Argentine est un pays qui a eu une crise économique très importante en 2001 : 20% de la population est tombé sous le seuil de la pauvreté. L'avantage de tourner là-bas, c'est que, du coup, le tournage ne coûte pas grand chose. Mais cela m'a donné aussi la chance de tourner dans une liberté totale : j'étais seul avec mon équipe là-bas, sans pression ; et même aujourd'hui on n'a pas de pression sur la sortie du film ! On parle de nouvelle vague du cinéma argentin, mais cela a lieu essentiellement parce que cela coûte très peu, et surtout parce que, du coup, il y a moins d'intervenants financiers, et par conséquent les réalisateurs sont plus libres ! J'aurais dit que je voulais tourner un film en noir et blanc, ça aurait presque été une insulte ! Et avec 7000 euros de budget, on aurait même pas pu prononcer le titre en France ! C'est donc pour des questions d'argent et de liberté que je suis retourné en Argentine, et puis aussi parce que je suis tombé amoureux de la région du détroit de parana et que je voulais le filmer.
Qu'est-ce qui vous a intéressé dans le fait de tourner en noir et blanc ?
Je trouve que le noir et blanc est fondamentalement expressif, et quand on parle avec beaucoup de chefs opérateurs et de directeurs de photographie, ils disent tous la même chose : le noir et blanc parle plus que la couleur. Et puis les gens l'utilisent très peu, ce que je trouve dommage. D'autre part, cela me permettait de m'éloigner d'une forme de naturalisme : la nature omniprésente et la peinture de la société auraient pu m'amener à faire un documentaire, mais précisément ce n'est pas ce que je cherchais. Et puis le noir et blanc correspondait à ce qui se passe dans mon film également : c'est de la confrontation entre les deux personnages principaux, Alvaro et El Turu, qu'est né cette dychotomie des couleurs.
Pourquoi utiliser très peu de musique dans le film ?
Parce que la musique me gêne énormément au ciné. Je suis mélomane, je suis musicien, j'ai été chef d'orchestre même ! Et il y a de la musique, dans le film ! Mais on ne voulait pas faire de charge mélodique très forte. Il y avait tellement d'espace dans mon film pour laisser le spectateur rentrer, je ne voulais pas lui mâcher le travail. Tout en accordant une place importante au bruit, je voulais quand même rester dans quelque chose de très minimaliste.
J'ai l'impression que votre film sert à créer une ambiance, ou à partager un état dans lequel vous pouviez être à un moment donné ? Quel était votre état mental ?
En fait, si vous aviez fait partie du tournage, vous ne diriez pas ça : c'était l'hystérie totale ! les conditions de tournage étaient très dures, surtout avec la mise en scène que je voulais, très rigoureuse : fixité, travellings avant... mais tout ça sur l'eau, c'était l'enfer ! Cette ambiance vient plus des gens et des choses que j'ai filmé. Je voulais faire un film avec un spectateur actif. Que ce dernier fasse les liens de son côté, que la narration ne soit pas au premier plan... Parce qu'il est vrai que l'histoire est minime. Je suis plus sensible à ce que les images racontent, à ce qu'elles sont en soi. Je voulais que les spectateurs prennent leur temps. Je me reconnais beaucoup dans ce film, mais en même temps il a été conditionné par le peu de moyens que nous avions. Et puis, avec l'acteur principal, on voulait atteindre une certaine sensualité, une certaine fusion avec la nature. Ce qui m'intéresse dans le cinéma, c'est l'image et le son. Bien plus que l'aspect théâtral de la narration. Ce que je veux, c'est affecter les gens, peu importe leur nationalité, leur âge... juste par la forme, le cadrage, le jeu des comédiens. Je ne veux pas donner trop d'informations au spectateur, je ne veux pas qu'il soit passif. Je veux qu'il voyage.
Et le travail sur le film... c'est très dur. Les sensations que j'avais en écrivant le scénario, en imaginant l'histoire, il faut les retrouver dans un processus sauvage. Un tournage, c'est une bataille ! Le style d'un réalisateur, ça n'existe pas : il est toujours conditionné par l'environnement du film. Et même si c'était très dur... j'ai adoré tourner. On m'a beaucoup targué d'avoir fait un film hyper-millimétré, alors que pas du tout ! Je connaissais mon film, mais chaque jour je le découvrais ! Et la maîtrise que j'ai imposée était dure à tenir.
Qu'est-ce qui était le plus important pour vous, durant ce tournage ?
J'étais très préoccupé par la justesse. Celle de chaque plan, de chaque comédien. "Est-ce que c'est vraiment comme je l'imaginais ?" est une question que je me posais souvent. Je voulais que mon film soit cohérent. Bon ou pas bon, peu importe : faire croire que tout cela existe, faire croire qu'il y a quelque chose qui s'écoule. Et puis j'avais des comédiens professionnels et des non-professionnels, et ça c'était assez dur à gérer : travailler avec les non-comédiens était simple, avec les comédiens était infernal ! Ils ont tendance à jouer en permanence, ils ne savent pas s'arrêter. Et puis un autre souci : finir le film. Les questions étaient très pragmatiques aussi.
Parlez-moi du delta du parana.
C'est très étrange comme endroit. Complètement isolé. Pas loin de Buenos Aires, mais l'on met cinq heures en bateau pour arriver à destination. Et mon film est contemplatif parce que cette région mène à la contemplation ! Quand on navigue dans cette nature, on ne peut pas ne pas la contempler. J'aimais également le fait que c'était une mini-société, un microcosme social à une échelle minimale. Je me suis rendu compte de ce qui était inhérent chez l'être humain. En outre, c'était un terrain d'expérimentation très fertile. Sauvage, magnifique. Idéal pour la question que je voulais traiter : celle d'un affrontement entre deux forces contraires. Une autre difficulté était de filmer les habitants sans bousculer leurs habitudes leurs habitudes : comment poser une caméra sans changer leur dynamique ? Mais ce film n'a aucun aspect documentaire. Du moins ce n'était pas mon désir. Il y a des traces, évidemment, de ce que j'ai vu là-bas. (Propos recueillis par Bartholomé Girard (Paris, juillet 2007), Comme au Cinéma.com)
Notes :
Le Delta du Parana
Déjà mythique du temps de la conquête espagnole, car les navires l’empruntaient pour acheminer l’or et l’argent du Nouveau Monde vers l’Europe, le Rio Paraná est aujourd’hui encore un fleuve magnifique et mystérieux. Il prend sa source au Brésil et descend vers l’Argentine jusqu’à rejoindre le Rio Uruguay. Il devient alors, aux abords de Buenos Aires, le Rio de la Plata (Le Fleuve de l’Argent). Avec ses 220 Km de rive à rive, c’est le fleuve le plus large au monde. Lorsqu’il se déverse dans le Rio de la Plata, le Paraná se divise en d’innombrables ramifications plus ou moins larges. Il forme alors le Delta du Paraná, véritable labyrinthe aquatique. Ce réseau complexe d’îles et îlots inondables s’est constitué au cours des siècles grâce au dépôt incessant des sédiments charriés par les eaux du fleuve.
Le Delta atteint aujourd’hui une superficie totale de 17 500 Km2. Le Delta du Paraná est un monde vivant, constamment en mouvement. Les sédiments s’accumulent sans trêve dans le Rio de la Plata provoquant une avancée permanente de ses îles sauvages vers le Sud, vers Buenos Aires. Le Delta avance d’environ 70 mètres par an. On estime que vers l’année 2237 la luxuriante végétation subtropicale de ses îles atteindra les rivages de la capitale Argentine. À proximité de la ville, ses rivières forment, en quelque sorte, une “Venise subtropicale”, où les touristes et les habitants de Buenos Aires viennent nombreux les week-ends profiter des loisirs qu’offre cet endroit unique. Mais au fur et à mesure que l’on s’aventure dans les terres, les lieux deviennent de plus en plus sauvages et les habitants se font rares. L’accès y est possible uniquement par bateau, au prix de longues heures de navigation dans un labyrinthe inextricable de rivières et ruisseaux jonchés d’obstacles dont seuls les autochtones connaissent les tours.
Au début du siècle, 30000 personnes vivaient dans le Delta. Un bon nombre d’entre elles était des immigrants venus d’Europe, qui avaient fui la guerre, la faim ou la pauvreté. Le Delta a connu une période d’essor formidable lorsqu’il était le potager de Buenos Aires, prospère et florissant. Mais les conditions climatiques extrêmes, les inondations et les gelées soudaines ont peu à peu eu raison de sa population. Aujourd’hui, sur les bords des rivières, on peut voir, en nombre, de vieilles maisons familiales vidées de leurs habitants et livrées à la force corrosive du fleuve. Ils ne sont plus que 3000 à vivre dispersés sur ce territoire devenu proportionnellement immense. -
Les Islenos
Les Isleños (habitants de L’Île), forment une communauté renfermée sur elle-même, où tous les membres se connaissent entre eux. Toute personne venue de l’extérieur est perçue comme un danger potentiel. Leur vie simple et précaire se déroule à l’abri des regards d’autrui. De ce fait, ils ne soignent que rarement leur apparence physique et portent en général les mêmes habits de travail jour après jour. Ces hommes et ses femmes ont besoin les uns des autres pour survivre au quotidien. Néanmoins, ils gardent toujours une distance prudente envers leur voisinage.
La contemplation quotidienne du fleuve et la solitude de leur travail dans l’immensité du paysage les rend quelque peu mélancoliques. Ce sont par nature des êtres calmes et silencieux.
Les Isleños ne possèdent en général que des embarcations précaires et peu aptes à entreprendre de longs voyages. Les quelques bateaux-bus qui s’aventurent jusqu’aux confins du Delta sont le seul lien avec le monde extérieur. Les conducteurs de ces bateaux-bus sont donc de fait des figures centrales et puissantes dans la vie communautaire.
La plupart des Isleños survivent en récoltant les roseaux qui poussent abondamment sur les rives. Une fois séchés, ces végétaux servent en effet à la fabrication de produits artisanaux. Ils vivent aussi de la pêche et du bois des peupliers qu’ils coupent pour le revendre aux papeteries de la ville.
Note d'Intention de Santiago Otheguy
Je voulais écrire un film où la nature jouerait un rôle majeur.
J’ai choisi le Delta du Paraná en Argentine et son labyrinthe de rivières, sa nature luxuriante et indomptée, ses habitants épars et silencieux. Dans ce monde j’ai imaginé deux hommes, comme deux forces contraires, qui vont s’opposer jusqu’à l’affrontement. Mon but était de capter les pulsions qui animent les êtres. Je voulais une histoire qui avance comme les eaux du fleuve, comme un lent courant, irréversible, impossible à remonter.
La León a été filmé en noir et blanc pour établir d’emblée une certaine liberté dans la représentation du réel et nous éloigner d’une esthétique plus documentaire.
Le Delta du Paraná apparaît alors comme un territoire hors du temps, hors de tout référentiel géographique où le récit prend une autre dimension et révèle, sans pour autant forcer l’interprétation, des sujets comme la peur de l’autre, la discrimination, le pouvoir et la frustration. Le Delta est représenté comme un territoire à prendre, comme un pays à bâtir... J'ai construit le film comme un western dont l’action se situerait dans un désert d’eau. Ce désert, ce monde horizontal, m’est apparu comme devant être capté en format cinémascope, le seul à pouvoir rendre compte de l’immensité et de l’absence de limites de ce territoire. La fixité rigoureuse des cadrages dans un monde constamment en mouvement a été le point de départ de ma réflexion sur le langage du film. Le monde d’Alvaro et du Turu bouge et dérive sans cesse tandis que la caméra l’observe, immobile. J’ai, la plupart du temps, filmé à distance car je voulais perturber le moins possible l’objet filmé. Le support HD m’a permis de laisser les scènes se développer dans la durée, de ne pas forcer le jeu des acteurs professionnels et non professionnels, et de faire que le rythme même de l’endroit et des gens qui l’habitent détermine celui de la scène. J’ai pris le parti, dans l’écriture et par la suite dans le montage, d’une narration elliptique qui puisse rompre avec l’ambiance lente et hypnotique du Delta, accentuant parfois la brutalité de l’histoire.
Bande-annonce, Extraits
27 avril 2008
Love (Et Ses Petits Désastres)
Sortie en France 25 avril 2007
Titre original : Love And Other Disasters
USA
Réalisateur : Alek Keshishian
Producteur : Alek Keshishian, Virginie Silla
Coproducteur : Steve Clark-Hall, Alison Owen
Producteur exécutif : Luc Besson, David Fincher
Scénariste Alek Keshishian
Directeur de la photographie : Pierre Morel
Compositeur : Replicant
Monteur : Nick Arthurs
Directeur artistique : Steve Carter
Chef décoratrice : Alice Normington
Décoratrice : Barbara Herman-Skelding
Costumière : Michele Clapton
Coiffeuse : Francesca Crowder
Maquilleuse : Belinda Hodson
Directrice du casting : Kate Dowd
Comédie, Romance
90 mn
Distribution :
Brittany Murphy (Emily 'Jacks' Jackson), Matthew Rhys (Peter), Santiago Cabrera (Paolo), Samantha Bloom (Pandora), Catherine Tate (Talullah Wentworth), Philippine Leroy-Beaulieu, Tony Macmurray (Le Styliste), Stephanie Beacham (Felcity Wentworth), Elliot Cowan (James Wildstone), Dawn French (La Thérapeute), Jamie Honeybourne, Michael Lerner, Daniel Lobé, Orlando Bloom (Paolo Hollywood), Gwyneth Paltrow (Jacks Hollywood).
Synopsis :
Emily Jackson, Jacks pour les intimes, est une jeune fashionista Américaine de 27 ans qui travaille en tant qu'assistante à la rédaction du Vogue à Londres. A ses côtés ses meilleurs amis de toujours : Peter, son colocataire gay, et Tallulah, croqueuse d'hommes névrosée, deux amis fidèles auprès desquels Jacks passe son temps à jouer les conseillère et entremetteuse. Romantiques et exigeants, tous rêvent de la parfaite love story comme dans les films.Mais voilà, pour l'instant leur vie sentimentale peut être qualifiée en un seul mot : désastre !Alors, l'amour comme dans les films, fantasme ou réalité ?
Critiques
Interviews
Interview d’Alek Keshishian
Bande-annonce, Extraits
Secrets de tournage :
Un troisième film après treize ans d'absence
Love (et ses petits désastres) est le troisième film du réalisateur Alek Keshishian. Celui-ci avait réalisé le documentaire In bed with Madonna, en 1991 et With Honors en 1994. Il s'est donc passé treize ans avant que le réalisateur ne se remette à la réalisation.
Un réalisateur multi-fonction
Love (et ses petits désastres) est le premier film, écrit, réalisé et produit par Alek Keshishian. Celui-ci n'avait ni écrit ni produit ses longs métrages précédents.
Une comédie sur l'amour
Pour Alek Keshishian, la comédie romantique est un reflet de la façon dont on envisage l'amour. Le réalisateur précise que les comédies romantiques entretiennent une sorte d'idéal, " une idée, fausse, que l'amour est quelque chose qui nous arrive plutôt que quelque chose que nous devons choisir. Je voulais réaliser un film qui fonctionne à la fois en tant que pur film de genre, qui soit un vrai divertissement, mais qui se caractérise aussi par une sensibilité postmoderne en jouant de ses propres clichés. Tout le défi était évidemment de trouver un juste équilibre entre ces deux objectifs, parfois contradictoires. "
La mode (et ses petits désastres)
L'histoire de Love (et ses petits désastres), se situe dans le milieu de la mode, et ne se gêne pas pour égratigner la superficialité de cet univers. Mais le film d'Alek Keshishian s'en prend également à l'Art contemporain. Le réalisateur explique cette volonté de se moquer par le fait qu'il éprouve des sentiments mitigés vis-à-vis de ces deux univers. " D'un côté, la plupart de mes amis travaillent dans l'un de ces milieux, et leur oeuvre est bien moins glamour que ce que la plupart des gens imaginent. D'un autre côté, et de façon plus profonde, je trouve ces deux milieux légèrement ridicules. Et je crois franchement que la plupart des gens que je respecte, même s'ils travaillent dans la mode ou l'art, sont conscients de l'absurdité inhérente à ces univers ".
Un film made in London
L'histoire et les personnages de Love (et ses petits désastres) sont directement inspirés de l'expérience de Alek Keshishian à Londres... Le réalisateur a habité la capitale anglaise durant dix ans et souhaitait depuis longtemps (9 ans) écrire un scénario sur l'amour et les célibataires londoniens.
Un quartier célèbre mais changeant
Alek Keshishian a habité durant ces dix dernières années à Notting Hill, et souhaitait placer l'action de son film dans ce quartier. Mais quand le film de Roger Michell, Coup de foudre à Notting Hill, est sorti en 1999, le réalisateur et scénariste a dû modifier le lieu de tournage de son long métrage, encore à l'étape de l'écriture. De ce fait, le lieu de l'action de Love (et ses petits désastres) est devenu Spitalfields Market, à l'Est de Londres. Alek Keshishian explique que ce choix à été une bonne chose puisqu'au fils des années, Notting Hill est passé du quartier des célibataires au quartier des couples mariés avec enfants. Celui-ci ne correspondait donc plus au sujet du film...
Une référence directe à Diamants sur canapé
Love (et ses petits désastres) fait directement référence à Diamants sur canapé de Blake Edwards. Alek Keshishian explique que " ce film est devenu un grand classique de la comédie romantique avec la performance culte d'Audrey Hepburn. Mais le roman original de Truman Capote se concentrait sur l'amitié qu'entretient un homosexuel avec Holly Golightly. Pour le film d'Edwards, le studio a supprimé ce personnage homosexuel, ce qui va à l'encontre de l'histoire telle que Capote l'avait imaginée. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il était si furieux, il s'est senti trahi par cette adaptation. Je pensais donc, qu'il serait intéressant pour Peter (Matthew Rhys) de révéler cette trahison, car à la fin du film, c'est très exactement ce que le studio inflige à son propre film ".
Une fin surprenante...
Alek Keshishian a souhaité faire une fin originale à son film, Love (et ses petits désastres). Le réalisateur explique d'ailleurs que " la fin du film a été le moment le plus compliqué car je voulais trouver le juste équilibre entre deux envies : réaliser une comédie romantique satisfaisante tout en me moquant des fins typiques du genre, toujours très joyeuses et nettes. La fin que nous avons choisie permet au spectateur, du moins je l'espère, d'avoir ce qu'il attendait et en même temps de rire de la superficialité de cette attente. "
L'amour en musique...
Alek Keshishian est également réalisateur de clips musicaux, il attache donc beaucoup d'importance à la musique. Pour la bande originale de Love (et ses petits désastres), celui-ci souhaitait une musique complètement originale mais rappelant également la musique de Nino Rota dans Huit et demi de Federico Fellini (1963). Le compositeur, Alexandre Azaria, a donc créé une partition complètement originale, qui dégage à la fois un vrai parfum de "vintage".
Un héros de l'amour
Santiago Cabrera, qui tient le rôle de Paolo dans Love (et ses petits désastres) est un des héros de la série événement Heroes. Dans la série il incarne Isaac Mendez, un peintre capable de prédire l'avenir dans ses tableaux. (Allociné)
08 mai 2008
Loin de Sunset Boulevard
Sortie en France 07 mai 2008
Titre original : Far From Sunset Boulevard
France, Russie
Réalisateur : Igor Minaev
Producteur : Vladilen Arseniev, Frédéric Posetti
Scénariste : Igor Minaev, Olga Milkhaïlova
Compositeur : Vadim Cher
Décorateur : Serguei Khotimsky, Oksana Medved
Drame, Historique
130 mn
Distribution :
Sergueï Tsiss (Konstantin Dalmatov), Youlia Svejakova (Lidia Poliakova), Igor Dmitriev (Konstantin Dalmatov Âgé), Tatiana Samoilova (Lidia Poliakova Âgée).
Synopsis :
URSS, fin des années 80. Un couple de vieux artistes soviétiques est assiégé dans sa datcha par une meute de journalistes. Ils ne comprennent pas pourquoi. Il s'agit de Constantin Dalmatov, réalisateur de films à succès sous Staline, et de sa femme, Lidia Poliakova, qui était aussi l'actrice principale de ses oeuvres. Pris de panique, croyant que l'on vient les arrêter, ils commencent alors à brûler les traces de leur passé glorieux...
Critiques
Entretien avec Igor Minaiev
Bande-annonce, Extraits
09 mai 2008
Lawrence d'Arabie
Sortie en France 15 mars 1963
Titre original : Lawrence Of Arabia
Grande-Bretagne
Réalisateur : David Lean
Producteur : Robert A. Harris, Sam Spiegel
Scénariste : Robert Bolt, Michael Wilson
D'après l'oeuvre de T.E. Lawrence
Directeur de la photographie : Freddie Young
Compositeur : Maurice Jarre
Monteuse : Anne V. Coates
Monteur : son John Cox
Directeur artistique : John Cox, John Stoll, Dario Simoni
Chef décorateur John Box
Aventure
216 mn
Distribution :
Peter O'Toole (T.E. Lawrence), Anthony Quinn (Auda Abu Tayi), José Ferrer (Turkish Bey), Omar Sharif (Sherif Ali Ibn El Kharish), Alec Guinness (Prince Feisal), Jack Hawkins (General Allenby), Anthony Quayle (Colonel Harry Brighton), Claude Rains (Mr. Dryden), Arthur Kennedy (Jackson Bentley), Sir Donald Wolfit (Général Murray), I.S. Johar (Gasim), Gamil Ratib (Majid), Michel Ray (Farraj), John Dimech (Daud), Zia Mohyeddin (Tafas).
Synopsis :
Alors que la Seconde Guerre mondiale ravage l'Europe, l'état-major de l'armée britannique en poste au Caire fait très peu de cas du sort des tribus arabes harcelées par les Turcs. Le lieutenant Lawrence, jeune officier effronté, est tout de même envoyé dans le désert à la rencontre du prince Fayçal dans le but d'évaluer la situation militaire et de jauger les intentions du leader arabe. Lawrence s'attire immédiatement les foudres de ses supérieurs à cause de son attitude ambiguë quant aux intérêts britanniques...
Secrets de tournage :
Une musique signée Maurice Jarre
La musique de Lawrence d'Arabie a été composée par Maurice Jarre, auteur notamment des musiques de L' Etau, des Professionnels et de Paris brûle-t-il ?. Maurice Jarre a collaboré à trois autres reprises avec David Lean : sur Le Docteur Jivago, La Fille de Ryan et La Route des Indes.
Thomas Edward Lawrence : un destin extraordinaire
Lawrence d'Arabie est une adaptation à grand spectacle de la vie de Thomas Edward Lawrence, d'après son propre livre Les Sept Piliers de la sagesse paru en 1926. Né en 1888, le lieutenant britannique T.E. Lawrence mena une vaste opération en Arabie durant la première guerre mondiale en menant la révolte des Bédouins contre les Turcs. Surnommé "le libérateur de Damas", il fut l'un des artisans principaux de l'unité arabe. Suspecté par certains d'exercer une influence occulte sur la politique internationale, ce personnage complexe dont les secrets de la personnalité n'ont pas encore été pércé, est une figure incontournable de l'histoire du XXème siècle. Il est mort en 1935 à l'âge de 46 ans.
David Lean : un réalisateur atypique
David Lean, le réalisateur de Lawrence d'Arabie, a souvent ancré ses oeuvres loin de son Angleterre natale. En témoignent les longs métrages Le Docteur Jivago, La Fille de Ryan ou encore La Route des Indes.
La même équipe que "Le Pont de la rivière Kwai"
Lawrence d'Arabie reconstitue la même équipe que celle du Pont de la riviere Kwai. Après le succès de ce dernier film, le producteur Sam Spiegel et le réalisateur David Lean désiraient mettre en chantier un projet d'envergure. Ils trouvèrent matière à cette ambition dans le récit de T.E. Lawrence dont ils acquirent rapidement les droits. Un premier scénario, rédigé par Michael Wilson et jugé "trop américain" à leurs yeux, fut rejeté. Robert Bolt fut ensuite engagé, Sam Spiegel ayant fortement apprécié sa pièce de théâtre Un homme pour l'éternité.
Le caprice de Maurice Ronet
C'est le Français Maurice Ronet (Ascenseur pour l'échafaud ) qui devait à l'origine tenir le rôle d'Omar Sharif dans Lawrence d'Arabie. Mais son refus de porter des lentilles de contact teintées de bleu lui côuta sa présence au générique. C'est donc finalement l'Egyptien Omar Sharif qui incarna l'arabe aux yeux bleus Ali Ibn el Kharish.
Omar Sharif starifié
Après un début de carrière uniquement cantonné dans son Egypte natale, Omar Sharif se révèle avec Lawrence d'Arabie et son rôle du Shérif Ali Ibn el Kharish. Il apparaît ensuite dans des films tels que La Chute de l'empire romain, La Vallée perdue ou encore Le Docteur Jivago, dans lequel il retrouve David Lean, le réalisateur de Lawrence d'Arabie.
Le faux nez d'Anthony Quinn
Pour incarner le rôle de l'arabe Auda abu Tayi, le comédien Anthony Quinn s'est fait poser un faux nez.
La révélation Peter O'Toole
Avec Lawrence d'Arabie, le comédien irelandais Peter O'Toole se révèle au grand public. Il se fait ensuite notamment remarquer dans les longs métrages La Nuit des généraux et Le Dernier Empereur. A noter que Peter O'Toole et Anthony Quinn, tous deux au générique de Lawrence d'Arabie, avaient déjà collaboré ensemble trois ans plus tôt sur Les Dents du diable.
Un triomphe aux Oscars
Lawrence d'Arabie a raflé sept Oscars en 1963 : meilleur film pour Sam Spiegel, meilleure réalisation pour David Lean, meilleure photographie pour Freddie Young, meilleure direction artistique pour John Cox, John Stoll et Dario Simoni, meilleur montage pour Anne V. Coates, meilleur son pour John Cox et meilleure musique pour Maurice Jarre.
Un libre-arbitre pour le spectateur
Si Lawrence d'Arabie a attiré un large public dès sa sortie, le long métrage a toutefois divisé les opinions. La nature du personnage de Lawrence, d'abord attachant pour évoluer de façon de plus en plus immorale, en est la principale cause. Le scénariste Robert Bolt explique que ce double sentiment d'attraction/répulsion ressenti par le public est logique : "Lorsque les hommes font la guerre, leurs plus grandes qualités se retournent contre eux. Leurs vertus sont mises au service de la destruction et du carnage. En temps de guerre, nous n'avons pas besoin de chercher un vilain, les héros suffisent..."
Un chef opérateur des grandes occasions
Lawrence d'Arabie marque la seconde collaboration du réalisateur David Lean et du chef opérateur Freddie Young, trois ans après Le Docteur Jivago. Les deux hommes retravailleront une dernière fois ensemble en 1970 sur La Fille de Ryan.
Un regard extérieur
Deux personnages de Lawrence d'Arabie permettent d'avoir plus de recul sur cette grande épopée, d'avoir un regard extérieur : le personnage du diplomate Dryden, incarné à l'écran par Claude Rains, et celui du journaliste Jackson Bentley, joué par Arthur Kennedy (le seul personnage spécialement inventé pour le film).
Les métamorphoses d'Anthony Quinn
Anthony Quinn a incarné des personnages de différentes nationalités tout au long de sa carrière. Si dans Lawrence d'Arabie le comédien d'origine mexicaine incarne l'Arabe Auda abu Tayi, il s'est également glissé dans la peau d'un grec (Zorba le Grec, Les Canons de Navarone), d'un Basque (Passeur d'hommes, Les Centurions) ou encore d'un Indien (Buffalo Bill et les Indiens, La Charge fantastique).
Une bataille impressionnante
La scène de la bataille de Damas est l'une des plus impressionnantes du long métrage Lawrence d'Arabie. 2000 cavaliers furent prêtés par l'armée marocaine à l'occasion de sa reconstitution sur grand écran.
Un retour 27 ans plus tard...
Pour la ressortie en salles de Lawrence d'Arabie en 1989, plusieurs scènes de dialogues manquaient à l'appel. En conséquence, le réalisateur David Lean a rappelé l'acteur Peter O'Toole qui a ré-enregistré certains des dialogues qu'il avait récité ving-sept ans plus tôt.
De gauche à droite...
La majorité des mouvements dans Lawrence d'Arabie présente la particularité d'aller de la gauche vers la droite. Le réalisateur David Lean explique son choix par la volonté d'insister un peu plus sur la notion de "voyage" du film.
Le caméo de David Lean
Lors d'une scène située le long du Canal de Suez, le conducteur d'une moto s'exclame "Qui êtes-vous ?". Une phrase qui pourrait être sans importance, sauf que la voix du conducteur est celle du réalisateur David Lean, qui fait donc une amusante "apparition" dans son film, même si ce n'est pas lui qui est physiquement sur l'engin.
Un film entièrement masculin
Sur les 216 minutes que dure Lawrence d'Arabie, il est à noter qu'aucun personnage féminin ne parle, et ce même si des femmes sont visibles à l'écran. Le long métrage ne laisse ainsi exclusivement la parole qu'aux hommes.
Avant Peter O'Toole...
Le réalisateur David Lean souhaitait à l'origine engager l'acteur Albert Finney pour le rôle-titre de Lawrence d'Arabie. Le nom de Marlon Brando fut également dans l'air. Au final, c'est Katharine Hepburn qui incita le producteur Sam Spiegel à engager Peter O'Toole. (Allociné)
03 juin 2008
Lonesome Cowboys
Année de Production 1967
USA
Réalisateur Paul Morrissey, Andy Warhol
Interdit aux moins de 12 ans
Comédie
109 mn
Distribution :
Julian Burroughs, Joe Dallesandro, Eric Emerson, Frankie Francine, Tom Hompertz, Taylor Mead, Allen Midgette, Viva, Louis Waldon
Synopsis :
Deux illuminés défoncés traversent une ville abandonnée, en quête d'une âme sœur, d'amis, d'amants pour délirer un peu plus. Cinq somptueux cavaliers de l'Apocalypse surgissent de la nuit, tels des Zorro en goguette. Luttes et pressions s'engagent afin de séduire et de percer les vraies natures de ces cinq frères au goût étrange.
Les cowboys, dans ce film, se comportent en solitaires, une secte qui se suffit à elle-même, alignant les mythes les plus sexistes et affichant une homosexualité latente faite de bravoure, de franche camaraderie et de jeux de mains.
26 juin 2008
Love Sick
Sortie en France 25 juillet 2007
Titre original : Legaturi Bolnavicioase
Roumanie, France
Réalisateur : Tudor Giurgiu
Producteur : Tudor Giurgiu
Producteur exécutif : Dragos Vilcu
Scénariste : Cecilia Stefanescu
Dialoguiste : Razvan Radulescu, Cecilia Stefanescu
Directeur de la photographie : Alexandru Sterian
Compositeur : Vlaicu Golcea
Monteur : Alexandru Radu
Drame
86 mn
Distribution :
Maria Popistasu (Kiki), Ioana Barbu (Alex), Tudor Chirila (Sandu), Catalina Murgea (Mme Benes), Mircea Diaconu (M. Dragnea), Virginia Mirea (Mme Dragnea), Tora Vasilescu (Mme Parvulescu), Valentin Popescu (M. Parvulescu), Mihai Dinvale (Professeur Mihailescu), Mihaela Radulescu (Mme Negulescu), Robert Paschall Jr. (Bo).
Synopsis :
Etudiantes à l'université de Bucarest, Alex et Kiki vivent dans le même immeuble.
Liées par une amitié qui les rend vite inséparables, elles laissent peu à peu libre cours à leur attirance mutuelle et à leurs désirs.
Au coeur de cette histoire d'amour naissante, apparaît Sandu, le frère de Kiki, en proie à une jalousie presque viscérale.
Quand arrive l'été, Alex invite Kiki dans la maison de ses parents. Loin de l'agitation et du monde, dans un cadre où l'étirement du temps semble lové dans les délices de sa propre lenteur, Alex et Kiki trouvent l'espace nécessaire à leur amour, même dissimulé derrière le voile de l'amitié.
Jusqu'au jour, où, inopinément, apparaît Sandu...
LOVE SICK envoyé par optimalefr
Secrets de tournage :
Premier film
Love Sick est le premier long-métrage de Tudor Giurgiu, qui avait réalisé deux court-métrages auparavant : Vecini en 1993 et Popcorn Story en 2001. Love Sick est également l'occasion pour Ioana Barbu de faire ses débuts au cinéma.
La Berlinale 2006
Love Sick a été présenté en sélection officielle du 56e festival de Berlin dans la catégorie Panorama.
Energie positive
Le réalisateur Tudor Giurgiu considère son film comme un "ovni" du cinéma roumain : " On dirait qu'il ne s'agit pas d'un film roumain, d'habitude ici tout naît de la torture, de la douleur et de la frustration. Au contraire, sur le plateau il y a tant d'énergie positive ! " Pour le vérifier, deux vidéos du making of du film sont disponible ici.
Travail sur soi
Maria Popistasu confie que certaines scènes ayant rapport avec l'homosexualité du personnage ont demandé un réel travail sur soi : " j'avais l'impression que mon manque d'assurance concernant ma propre féminité a provoqué une sorte de blocage émotionnel qui m'empêchait de réagir comme Tudor Giurgiu le souhaitait. Je me sentais inhibée, coupable et frustrée. "
Histoire de mouches...
Et si le talent se mesurait au nombre de mouches présentes dans une scène ? Les réalisateurs ont souvent une idée très précise de ce qu'ils attendent, et c'est visiblement le cas de Tudor Giurgiu. Pour une scène qui se déroulait dans une cuisine, Giurgiu souhaitait qu'on voit voler des mouches : " j'avais demandé des mouches, beaucoup de mouches, malheureusement on me donna un bocal avec seulement vingt mouches groggy, dont deux qui sont mortes par la suite (je pense que j'en ferai mention dans le générique !) Je suis assez paranoïaque pour penser que la scène ne s'est pas déroulée comme il le fallait à cause du manque de mouches. Mais je ne suis qu'un humble débutant, et je serai déjà très content si j'en vois ne serait-ce qu'une dans la scène". (AlloCiné)
Critiques :
L’amour, c’est compliqué.
Quand un réalisateur tente sa chance au jeu de la mise en scène des amours adolescentes, il se doute bien que la chute peut-être terrible, le terrain étant très glissant. Pourtant, Tudor Giurgiu tente le coup, et à son film Love Sick de nous offrir un étalage de sentiments et de prises de tête adolescentes.
Pourquoi le trouble et la découverte de la sexualité chez les adolescents fascinent tant le cinéma contemporain ? Cette question du désir naissant a en tout cas attiré l’attention de Giurgu.
Love Sick nous raconte l’histoire de deux adolescentes roumaines, Alex et Cristina, qui tombent amoureuses l’une de l’autre. Problème : Cristina vit également une histoire incestueuse avec son frère… qui finira par avoir raison de l’amour des demoiselles. Le film n’offre malheureusement rien de nouveau, avec une forte tendance à traîner la patte. Le discours « interrogatif » prend une place majeure dans le film et dessert les dialogues, qui finissent par paraître interminables…
Giurgiu oublie (volontairement ?) de nous faire découvrir une Bucarest qui souffre malgré une belle introduction avec l’arrivée d’Alex dans les quartiers pauvres. Les trois visages principaux s’incrustent en gros plan pendant 1H30… ce qui reste léger pour un film entier.
On saluera tout de même la performance des deux jeunes acteurs Maria Popistasu et Tudor Chirila qui offrent des moments forts, avec un jeu digne des plus grands acteurs. (Hélène Barbaza, Comme au Cinéma.com)
01 août 2008
Leaving Metropolis
2002
USA
Réalisateur : Brad Fraser
Interdit aux moins de 16 ans
Comédie dramatique
89 mn
Distribution :
Troy Ruptash, Vince Corazza, Lynda Boyd, Cherilee Taylor, Thom Allison.
Synopsis :
David, peintre à succès, gay, est en manque d'inspiration et recherche un nouveau souffle. Sa notoriété et la vie facile l'ont coupé du monde. Il décide alors de s'immerger dans une vie plus simple et plus concrète et trouve un petit boulot de serveur dans un café sans prétention tenu par un jeune couple hétéro. Mais voilà, il tombe amoureux de son patron...
03 août 2008
Like It Is
1998
Grande-Bretagne
Réalisateur : Paul Oremland
Drame
90 mn
Distribution :
Steve Bell, Ian Rose, Roger Daltrey, Dani Behr, Jude Alderson, Emile Charles, Chris Hargreaves, Paul Broughton, P.J. Nicholas, Sean Simpson, Charlie Caine, Stephen Burke, Dickon Tolson, Chris Ross, Tony Van Silva, Suzy King, Ursula Lea, Suzanne Hall
Synopsis :
Craig est timide, solitaire. Il a 21 ans et vit à Blackpool dans le nord de l'Angleterre. Il gagne sa vie en pratiquant un sport illégal, violent, sanglant : la lutte à mains nues. Matt est cynique, blasé. Il vit dans Soho, le quartier le plus sophistiqué de Londres, et travaille dans le milieu musical. Les deux garçons se rencontrent à Blackpool où Matt est venu présenter son dernier show dans un club gay. Coup de foudre.Matt réussit à convaincre Craig de le suivre à Londres mais Kelvin, son patron, n'a que du mépris pour ce “prolo nordique” et Paula, sa colocataire, est de plus en plus jalouse. Rejeté par tous, Craig retourne à Blackpool pour un dernier combat sanglant.
Photos censurées
Bande-annonce












































































