15 avril 2008
T
T'as de beaux yeux, chéri (2007)
Tableau de famille (2001)
Tabou (2000)
Tabou (2000) (Le Film)
Tant que tu es là (2006)
Tarik El Hob (2001)
Témoins (2007) (Les)
Temptation (2007)
Tempting Fate (2003)
Texas twins : the story of Morgan & Nash
That thing we do (2002)
Theft (2007)
Ties (2008)
Times of Harvey Milk (The) (1984)
Times of Harvey Milk (The) (1984) (Le Film)
Tom of Finland
Tom of Finland, Daddy and the muscle academy (1991)
Tony Duran
Touched
Transamerica (2004)
Transamerica (2004) (Le Film)
Triangulo Rosa Invertido
Tu marcheras sur l'eau (2005)
Tu marcheras sur l'eau (2005) (Le Film)
Twist (2005)
Two brothers and two others (2000)
Two Nights (2006)
20 avril 2008
Tarnation
Sortie en France 10 novembre 2004
USA
Réalisateur : Jonathan Caouette
Producteur : Jonathan Caouette, Gus Van Sant, Stephen Winter
Producteur associé : Jason Banker
Producteur exécutif : John Cameron Mitchell
Scénariste : Jonathan Caouette
Monteur : Jonathan Caouette
Documentaire
88 mn
Distribution :
Jonathan Caouette (Jonathan), Renée Leblanc (Renée), David Sanin Paz (David), Rosemary Davis (Rosemary), Adolph Davis (Adolph).
Synopsis :
Tarnation élabore une nouvelle écriture du documentaire.
Ce long métrage est l'autoportrait de Jonathan Caouette, 31 ans, qui dès l'âge de 11 ans, décide de filmer la chronique chaotique de son enfance dans une famille texane.
Avec Tarnation, il nous entraîne dans un tourbillon psychédélique à partir d'instantanés, de films d'amateur Super-8, de messages enregistrés sur répondeur, de journaux intimes vidéo, de ses premiers courts métrages et de bribes de la culture pop des années 80, accompagnés de scènes reconstituées, pour tracer le portrait d'une famille américaine éclatée par de multiples crises mais réunie par la force de l'amour.
Bande-annonce, Extraits
Site officiel
Critiques :
Un séisme visuel et émotionnel
Le voyage que propose Jonathan Caouette en racontant sa vie est plus que renversant. Ce réalisateur de génie nous transporte dans les méandres de son existence, de sa pensée psychédélique et traumatisée. Il faut être accroché pour regarder son film, mais l’effort en vaut vraiment la chandelle. Cette expérience cinématographique ne se résume pas au seul fait, asséné partout, que Jonathan Caouette a réalisé son film avec un budget ridicule et son ordinateur. L’intelligence de son travail ne se limite pas à cet « exploit » technique car le choix du montage et donc la maîtrise des images ainsi que la musique contribuent à faire de ce document un véritable film et pas un clip. TARNATION est un documentaire visuel et sensoriel violent mais cohérent. Les compositions musicales de Max Avery Lichtenstein, les chansons de Low et autres talents musicaux n’y sont pas pour rien.
Techniquement et artistiquement maîtrisé, le propos du film peut (et doit) déranger. Ce document autobiographique très intimiste flirte dangereusement avec l’exhibitionnisme. La gêne et la répulsion sont des sentiments qui nous interrogent alors : jusqu’où peut-on aller lorsque l’on fait une autobiographie ? Jonathan Couette ne s’encombre pas de ces questions et cherche, avant la pudeur et l’intimité, à raconter avec sincérité la vision de sa vie et son amour pour sa mère. Les thèmes évoqués dans son film sont très durs, voire insupportables. Mais ce sont finalement des images détournées qui témoignent cette pudeur. Emiettements de l’image, flashs, lumière, bruits sourds altèrent la dureté des scènes. La sincérité de son entreprise gagne alors le spectateur, et l’on perçoit son film comme un travail indispensable pour se soigner et témoigner de la souffrance mentale dont sa mère et lui sont victimes.
Jonathan Caouette est un véritable artiste, il saisit un matériau brut et le travaille pour en faire une œuvre inclassable et puissante. TARNATION est la preuve que cinéma et nouvelles technologies peuvent faire très bon ménage, l’art reste intact. (Samya Yakoubaly, Comme au Cinéma.com)
Entretien avec Jonathan Caouette
Vous tournez des vidéos d'amateur, des documentaires depuis l'âge de 11 ans. Comment vous êtes-vous mis à vous servir d’une caméra comme, selon vous, d’ un bouclier ?
Filmer n'a jamais été seulement pour m'amuser. C’était un mécanisme de défense. C'était une question de vie ou de mort. Il fallait me défendre contre mon environnement et me dissocier des horreurs qui m'entouraient. Il est certain que le cinéma m'a sauvé la vie. Si je ne devais pas manger ou dormir, je travaillerais sur des films jour et nuit. Dans le métro pour me rendre à Manhattan, mes écouteurs sur les oreilles, je vois, gravées sur chaque visage, des épopées mythologiques.
Vous n'avez pas fait d'études de cinéma, mais il est clair que vous avez vu beaucoup de films. D'où vous vient cet intérêt ?
J’ai toujours souhaité devenir cinéaste ! Même à 4 ou 5 ans, je filais derrière la maison pour échapper à tous les adultes. Je disais : « Je suis en train de faire un film », et je récitais un scénario improvisé. Vers 7, 10 ans, je me chantais des chansons. Parfois, je faisais semblant d'être un des personnages de mes films. J’y incorporais des gens de ma banlieue qui ne me connaissaient pas, et qui faisaient partie, à leur insu, des films que j’imaginais.
Il y a eu une période de mon enfance, avant l’invasion du magnétoscope, durant laquelle j'allais au ciné avec mon grand-père et j'enregistrais le son sur des cassettes. A la maison, avec un tas de marqueurs, je dessinais sur un brouillon le film image par image ; entre autres THE WIZ, L'EXORCISTE 1 et 2, et PHANTASM.
J'ai même eu un ciné-club chez mes grands-parents. Quatre rangs de sièges et une vraie cabine de projection installés dans notre grenier. Je projetais de grands classiques en 16 mm comme LES 5 000 DOIGTS DU DR. T et PHANTOM OF THE PARADISE dont j'empruntais les copies à la bibliothèque de Houston. Je projetais aussi le catalogue de mes films super-8. Ensuite j'ai assez économisé pour acheter un de ces dinosaures de projecteurs vidéo avec les trois grosses lumières, afin de visionner mes cassettes Beta et VHS.
Comment votre mère Renée a-t-elle réagi en voyant TARNATION ?
Renée adore le film. Elle est heureuse que son histoire soit connue. Renée n'est pas schizophrène. Le diagnostic est : désordre bipolaire aigu et désordre schizo-affectif, dans lequel la cyclothymie recouvre la schizophrénie. Autrement dit, Renée a des symptômes maniaco dépressifs, mais elle n'est pas schizophrène à proprement parler. Elle a survécu et surmonté des épreuves psychologiques épouvantables. Son mal, encore présent, entre en phase de rémission. En ce moment, Renée est heureuse. Notre relation progresse chaque jour. Malgré le chaos de la vie, nos liens n'ont jamais été si forts. D'ailleurs, dans ma famille, il y a de l'amour en chacun de nous. Même si nous avons connu le chaos, la folie, et la maltraitance émotionnelle, je n'ai jamais douté que nous nous aimions.
Y a-t-il eu des personnes en particulier qui vous aient guidé dans la bonne direction ?
A l’âge de 12 ans, je me suis inscrit à la Big Brothers Big Sisters Association of America et j'ai eu la chance d'avoir pour parrain Jeff Millar, le critique de films du Houston Chronicle. Comme j'étais super cinéphile, pendant quatre ans, Jeff m'invitait aux projections en avant-première des films dont il devait faire la critique comme MOONSTRUCK ou AU REVOIR, LES ENFANTS. Après, on allait dîner et on analysait le film ensemble. On avait des conversations très poussées à la manière de Siskel et Ebert. J'ai eu beaucoup de chance de trouver un adulte qui prenne au sérieux ma passion du cinéma.
Quels documentaires vous ont influencé et que pensez-vous de l’ évolution du genre ?
Parmi mes préférés : HELL HOUSE (George Ratliff, 2001), BROTHER'S KEEPER (Joe Berlinger & Bruce Sinofsky, 1992), STREETWISE (Martin Bell, 1984), KOYAANISQATSI (Godfrey Reggio, 1983), GREY GARDENS (Frères Maysles, 1975), CRUMB (Terry Zwigoff, 1994), WOODSTOCK (Michael Wadleigh, 1970) et ROGER & ME (Michael Moore, 1989).
Je crois que grâce à la prolifération de technologies peu coûteuses et faciles d'emploi, il va y avoir une révolution dans la manière de faire, de voir et d'apprécier le cinéma. Je crois que des personnes et des sujets jamais exploités à ce jour seront étudiés par des cinéastes. J'ai vu récemment un documentaire merveilleux sur la grande actrice africaine-américaine Beah Richards. C'était tourné en vidéo par une autre actrice que Beah avait rencontrée sur un plateau de télévision. Ce documentaire filmant avec sensibilité l'intimité de leur amitié était formidable. J'aime beaucoup l'idée que n'importe qui puisse prendre une caméra pas chère et un logiciel de montage afin de raconter son histoire. (Comme au Cinéma.com)
23 avril 2008
Les Témoins
Sortie en France 07 mars 2007
France
Réalisateur : André Téchiné
Producteur : Saïd Ben Saïd
Scénariste : André Téchiné, Laurent Guyot, Viviane Zingg
Directeur de la photographie Julien Hirsch
Compositeur : Philippe Sarde
Monteuse : Martine Giordano
Chef décoratrice : Michèle Abbé-Vannier
Costumière : Radija Zeggai
Directeur de post-production : Abraham Goldblat
1er assistant réalisateur : Michel Nasri
Ingénieur du son : Jean-Paul Mugel, Francis Wargnier, Cyril Holtz
Scripte : Claudine Taulère
Directeur de production : Yvon Crenn
Photographe de plateau : Luc Roux
Drame
112 mn
Distribution :
Michel Blanc (Adrien), Emmanuelle Béart (Sarah), Sami Bouajila (Mehdi), Julie Depardieu (Julie), Johan Libéreau (Manu), Lorenzo Balducci (Steve), Alain Cauchi (Sheriff), Raphaeline Goupilleau (La Mère De Julie Et Manu), Jacques Nolot (Le Patron De L'Hôtel), Xavier Beauvois (L'Éditeur), Maïa Simon (La Mère De Sarah), Jean-Marie Besset (L'Assistant Du Théâtre).
Synopsis :
Manu a vingt ans quand il débarque à Paris pour chercher du travail. Il s'installe provisoirement chez sa soeur Julie dont il partagera la chambre dans un hôtel modeste. Julie est enfermée dans la musique. Elle suit une formation de chanteuse lyrique et s'efforce de maintenir une distance avec son frère envahissant.
Manu sort beaucoup la nuit. Il fréquente les lieux de rencontres. Il fera la connaissance d'Adrien et nouera une amitié chaste et joyeuse avec ce médecin gay quinquagénaire, extraverti et cultivé, qui lui fera découvrir le style de vie de son milieu.
Au cours d'une balade en bateau, Adrien présentera à Manu un couple de jeunes mariés, Mehdi et Sarah, le flic et sa femme écrivain. Le bonheur de ce couple atypique semble magnifié par la naissance d'un enfant. Mais ce n'est qu'une apparence. En fait, pour Mehdi, le lieutenant de police maghrébin, la paternité va décupler la soif de pouvoir et entraîner des débordements dans son métier et dans sa vie sexuelle. De son côté, Sarah refuse une maternité qui menace sa féminité. En ne parvenant pas à aimer son enfant, elle va plonger son travail d'écriture dans une crise d'inspiration…
L'arrivée de Manu à Paris et son intrusion dans la vie de Julie, Adrien, Mehdi et Sarah, va bouleverser le paysage relationnel comme un tremblement de terre. Sans le vouloir, sans le savoir, MANU révélera le désir de chacun.
Photos censurées
Les témoins Bande annonce envoyé par Hisaux
Les Témoins -1- envoyé par zawkes
Les Témoins -2- envoyé par zawkes
Critiques :
Témoigner pour alerter : une polyphonie poignante et indispensable
Il serait vain de préciser que chaque film d'André Téchiné suscite, à chaque fois, attente et intérêt. La capacité du réalisateur à capter les émotions, son sens de la mise en scène et du dialogue en ont fait un incontournable du cinéma français. En s'attaquant aux "années SIDA" avec Les Témoins, il nous le prouve, une fois de plus, de façon magistrale.
Ici, pas de pathos exacerbé, pas de morbide larmoyant : Téchiné choisit un ton léger, faussement innocent. Ainsi la première partie du film présente les personnages dont les couleurs illuminent les sourires. Le jeune Manu débarque à Paris, retrouve sa soeur Julie, rencontre Adrien qui le prend sous son aile et qui lui présente Sarah et son mari Mehdi. Adrien est attiré par Manu, mais Manu tombe amoureux de Mehdi, alors que celui-ci vient juste d'avoir un enfant avec Sarah. Puis, un jour, des plaques apparaissent sur le torse de Manu. C'est une nouvelle maladie, dont on ne connaît ni l'origine ni le traitement.
La joie dont respiraient les personnages s'efface alors, et c'est l'urgence de la vie qui prend le dessus : "C'est un miracle d'être vivant" explique la mère de Sarah à sa fille. Et tout le film repose sur cette idée du plaisir, du bonheur de vivre. Le tempo est extrêmement rapide, haché, les séquences et les échanges très courts : Téchiné montre comment le virus se propage et bouleverse tout, il montre comment les personnages réagissent aussitôt et décident de se battre pour vivre. Les couleurs sont vives, le rouge et le jaune, le sang et le soleil imprègnent chaque plan. C'est la découverte d'une maladie qui tue, c'est la fin de l'insouciance et la question de la responsabilité : responsabilité de son corps, de son enfant, de ses engagements. Adrien, Manu, Sarah, Mehdi et Julie sont confrontés à eux-mêmes, ne peuvent continuer les faux-semblants ou fuir. Celui qui fuit, qui se dérobe, il ne dure pas.
André Téchiné n'émet jamais aucun jugement sur ces personnages, et ajoute à l'aspect documentaire du film la puissance de la fiction, permettant une réelle identification aux personnages : ils sont loin de notre époque, et en même temps tellement proches. C'est un film sur une maladie dont on ne prononcera qu'une fois le nom, sur une maladie qui tue sans détour. Et c'est, paradoxalement, une célébration de la vie. Jamais Adrien, interprété par le jeune et diablement talentueux Johan Libéreau, ne sombrera dans la dépression : il choisira de vivre jusqu'au bout. Les autres acteurs sont tous éblouissants, chargés d'une conviction et d'une émotion sans pareil, à commencer par le fantastique Michel Blanc et la prodigieuse Emmanuelle Béart. Ensemble, ils choisissent de regarder vers l'horizon. Ils choisissent d'avancer. Le film se situe trente ans avant notre époque, mais son actualité est affolante : cette perspective bleue qui clôt le film et l'espoir des personnages qui scrutent leur avenir devraient nous rassurer. En réalité, ils sonnent faux : aujourd'hui, en 2007, on sait bien que les choses ne se sont pas améliorées. Témoigner peut provoquer le déclic. Il y a comme une ode à la vie et un cri d'alarme dans ces Témoins : cette piqûre de rappel, plus que nécessaire, est bouleversante. On ne le dira jamais assez : il faut combattre le SIDA. (Bartholomé Girard, Comme au Cinéma.com)
Notes :
Notes de tournage
24 novembre 2005 - Emmanuelle Béart retrouve Téchiné à Marseille.
Le réalisateur de Ma Saison Preferee, André Téchiné, prépare un nouveau film Les témoins. L'histoire se situera à Marseille et mettra en scène un médecin, un écrivain, un inspecteur de police et une chanteuse d'opéra dont les chemins vont s'entrecroiser dans la ville phocéenne des années 80. André Téchiné retrouvera pour l'occasion une actrice qui a déjà tourné deux fois pour lui : Emmanuelle Béart, dans Les égarés et J'Embrasse Pas. Michel Blanc, Sami Bouajila et Julie Depardieu viennent compléter ce beau casting.
Par ailleurs, le scénario des Témoins a été écrit par Téchiné en collaboration avec Laurent Guyot (coauteur de son précédent film Les Temps Qui Changent) et Viviane Zingg, plutôt habituée à la télévision.
Côté production, le réalisateur retrouve Saïd Ben Saïd, déjà présent sur le film Loin (2000), et pour un budget de 6 millions d'euros via la société SBS Films, créée au printemps dernier au sein du groupe UGC. Les témoins sera également co-produit par Vertigo (Espagne) et Edelweiss (Italie), alors que Canal + a d'ores et déjà préacheté le film pour une prochaine diffusion sur la chaîne cryptée. Le tournage ne débutera que le 20 mars dans les rues de Marseille.
Entretien avec André Téchiné
Pour « Les Témoins », est-ce qu’au départ, vous aviez l’idée de faire un film sur le Sida ou êtes-vous parti du souvenir d’une personne ou d’une circonstance particulière de votre vie ?
C’est forcément un mélange, mais j’avais le désir de faire un film historique.
Pourquoi encore un film historique sur le Sida ?
D’abord parce qu’il n’y en a pas eu beaucoup, en France du moins. Et même aux Etats-Unis, ce n’est quand même pas devenu un genre comme le « Vietnam-film ». Ensuite, il y a des moments dans l’histoire où un événement met en lumière l’imaginaire d’une société. En prêtant alors vraiment attention aux propos des personnes, on est capable d’entendre ce qui affecte non seulement la vie de l’individu, mais aussi une culture dans son ensemble.
Vous revenez sur les années 80 et donc l’époque où l’on mourait du Sida.
Oui, parce que j’ai le sentiment d’avoir échappé à mon destin et c’est ça qui a fondé pour moi la nécessité du projet. Sinon cela aurait été une ambition historique un peu abstraite...
C’est un film historique mais ce n’est pas un documentaire.
J’ai résolument tourné le dos à l’esthétique documentaire. Je l’ai réalisé comme un film d’action. Mais c’est un film d’action nourri d’une masse considérable d’enquêtes et de documentation.
A l’exemple de certains de vos autres films comme J’embrasse Pas on retrouve ce personnage d’un garçon originaire du sud-ouest, qui « monte » à Paris, un peu comme vous…
Je trouve ça bizarre cette question de vouloir identifier le cinéaste à un personnage. Trouver une relation entre la vie privée et la fiction, c’est une vision très « people » du travail... Moi, j’ai plutôt envie de devenir quelqu’un d’autre ou de me mettre à la place de quelqu’un d’autre quand je fabrique des personnages.
Vos protagonistes masculins déclinent trois figures de l’homosexualité...
Ca, c’est une interprétation qui me paraît très arbitraire parce que je ne décrirais pas du tout les personnages comme cela. Par exemple, je ne peux en aucun cas me résoudre à réduire un personnage à son orientation sexuelle. Le repli identitaire dans ce domaine est dangereux. Chacun ne vaut que pour lui-même et n’est pas plus une figure de l’homosexualité que de l’hétérosexualité. Ce qui m’intéresse, c’est qu’un personnage tienne debout et projette son ombre, et puis qu’il soit en mouvement insaisissable, comme dans la vie.
Mais vous avez conscience que vous subvertissez un certain nombre de tabous redevenus très forts dans la France actuelle : par exemple, le personnage de Mehdi est un policier, un beur, un père de famille, un salarié qui vit avec une romancière aisée...
Les situations aberrantes et les personnages improbables traités par Fassbinder ou Pasolini, c’est infiniment plus subversif.
Mais moins proche pour le spectateur français de 2007. Le personnage de Mehdi est beur et bisexuel...
Dans un dialogue à propos de l’enfant, il y a une allusion très brève à la circoncision. C’est tout. Sinon pour moi, le personnage est ce l’on appelle aujourd’hui un lieutenant de police. Et si j’ai confié ce rôle à Sami Bouajila c’est parce que c’est un grand acteur. Les acteurs beurs peuvent jouer autre chose que des images de la « beuritude », et je ne pense pas que le film joue la carte du poster sociologique. Surtout que les policiers d’origine maghrébine, à cette époque-là n’étaient vraiment pas représentatifs de la moyenne. Ils n’étaient pas très nombreux. Quant à sa bisexualité, je n’en sais rien... Je crois surtout qu’il faut essayer de penser à tout cela en dehors de valeurs d’opposition hétéro/homo. Je ne sais pas si pour le personnage de Mehdi, sa liaison avec Manu, c’est la première et la dernière fois. Je ne sais pas s’il a connu d’autres garçons, s’il en connaîtra d’autres. Tout ça je l’ignore moi-même. Je ne crois pas à la transparence des relations humaines et je ne crois pas non plus à la transparence du cinéaste par rapport aux personnages qu’il présente. Je les montre à un certain moment de leur vie et ça révèle certains aspects, mais la face cachée de l’iceberg, même si on la devine, elle est laissée à la liberté de chaque lecture et de chaque spectateur.
Votre vision du couple que Mehdi forme avec Sarah est dérangeante à l’âge du « cocooning », et du couple valeur repli, valeur refuge... Là, on a un couple où une femme dit à son compagnon qui propose la fidélité : « Non, je t’aime trop pour ça. Je me sentirais prisonnière, surtout avec un Don Juan comme toi »....
J’avais un modèle dans cette affaire. J’ai pris un couple qui avait un espace de liberté, qui avait une sorte de contrat non-possessif, non-exclusif... Mais les choses ne sont pas aussi rationnelles que ça à l’intérieur d’un couple, puisque à la suite de ce qui se passe entre Mehdi et Manu, le couple se trouble et bouge. La manière dont Sarah imagine et recrée cette histoire d’amour qu’elle n’a pas vécue peut être interprétée comme une forme d’appropriation et de vengeance, c’est ce que lui dit Mehdi. Mais moi je me refuse à faire de la psychologie... Dans un dernier temps du film, j’ai l’impression que l’histoire avec Manu rend le lien entre eux plus indéfectible. Je crois que ça dépasse le fait de les éloigner ou de les rapprocher, que c’est les deux à la fois, dans des temps différents. Ce serait une erreur de penser que le contrat d’infidélité que s’accorde ce couple au début du film est un contrat infaillible. C’est un contrat forcément relatif et humain. C’est peut-être une défense...
De ce point de vue, est-ce que le film ne fait pas un état des lieux d’une certaine liberté qui a eu cours historiquement dans les années 70 jusqu’au début des années 80, avant le Sida ?
Oui, c’est ce que j’appelle « Les beaux jours ». C’est pour cela que j’ai intitulé la première partie du film ainsi. La liberté des mœurs permettait d’expérimenter plusieurs relations, d’une façon harmonieuse, sans honte et sans mise au point. Cette diversité des expériences affectives et sexuelles pouvait se vivre sans culpabilité. On est loin du puritanisme et de la pornographie qui sont les pile et face de la même médaille.
Est-ce que le film n’arrive pas aujourd’hui dans une société frileuse et beaucoup plus repliée sur des valeurs traditionnelles ?
Je ne sais pas. Je ne suis pas un théoricien, je suis un homme de spectacle et je montre ce qui me tient à cœur. Ce qui est sûr c’est que le film est comme tous les films, il pose des questions sur le bien et le mal. Et le bien et le mal, aujourd’hui, qui le décide ? La médecine et la justice. Je crois qu’à partir du Sida justement, la médecine a capitulé par rapport à la morale, donc il ne reste que la justice, et son bras exécutif qu’est la police. C’est peut-être pour cela que les personnages du médecin et du policier se sont imposés avec évidence dans cette histoire.
Venons-en aux personnages de femmes. Ce sont des artistes...
Il est vrai que les deux femmes sont du côté de la création, mais elles ne le vivent pas du tout de la même manière. Le personnage de Sarah qui est joué par Emmanuelle Beart est un personnage de femme qui écrit des contes pour enfants et qui s’attelle à son premier roman, elle est en panne, elle ne sait pas si elle va y arriver. Elle est confrontée à une exigence artistique et cette confrontation prend une grande place dans sa vie. Contrairement à son mari, elle vit très mal l’arrivée de son premier enfant. Elle ne sait pas trop par quel bout le prendre, et ça trouble à la fois sa sexualité, et son ambition littéraire. Quand elle constate l’attention que le père porte à cet enfant, elle préfère tirer Mehdi vers elle et l’inviter à faire l’amour. Le personnage joué par Julie Depardieu c’est une chanteuse lyrique qui ne considère pas son métier comme un art. Pour elle, la voix est un muscle et elle envisage son activité comme un sport. Par ailleurs Julie affirme très clairement qu’elle n’est pas faite pour une vie de couple, ou pour fonder une famille. Julie dit à la fin du film qu’elle n’a aucune attache affective qui la retient à Paris. Sa position après la disparition de Manu, c’est d’essayer de vivre pour deux. Peut-être qu’en arrivant à Munich, elle fera une heureuse rencontre, ça je l’ignore. Mais savoir être seul est une grande aventure de nos jours, une résistance à la pression sociale. C’est tout aussi audacieux et important que de former un couple. Et je trouve dommage les implications doloristes qui se dégagent du mot solitude. Je crois que dans cette histoire, des personnages comme Julie ou Adrien savent être seuls, que c’est une force, une ouverture, et que ce n’est pas triste du tout.
Il me semble que vous vous méfiez des débordements et du pathos...
Pour moi, il est hors de question de refuser la dimension émotionnelle d’un film, enfin si c’est ça la question. En même temps de la déplacer, oui, c’est à dire que par exemple sur Manu je préfère qu’on soit ému quand il court, qu’il monte sur un arbre ou quand il se met à rire, que quand il est malade. Parce que pour moi ce ne serait pas de l’émotion, ce serait de la prise en otage du spectateur, donc ça effectivement je le refuse. C’est une éthique. Une éthique de travail. Mais la force émotionnelle, je ne la refuse pas au contraire. Simplement, je me contente de la faire bouger et pas forcément de la mettre là où on l’attend trop. En revanche, j’espère que Manu est émouvant dans des scènes joyeuses et rieuses de la première partie du film. « C’est le partage des joies, et non celui des souffrances dans la compassion, qui fait l’ami ». Je crois aussi qu’après la mort de Manu, le chant de sa sœur à l’opéra est un moment de recueillement. Mais un chant, ça tire forcément vers la vie, même s’il est habité par le fantôme de Manu.
Le film continue après la disparition de Manu. L’été suivant, Adrien emmène en vacances un nouveau compagnon. Pourquoi ne vous arrêtez- vous pas à la mort de Manu ?
Comme le dit Fritz Lang, « la mort n’est pas une conclusion ». Et comme le dit la mère de Sarah, « c’est un miracle d’être vivant ». C’est sur ce sentiment de miracle que je voulais à la fois terminer et ouvrir le film, élargir l’horizon, en retrouvant les espaces traversés par Manu, et en les redécouvrant sans lui, avec un nouveau personnage de voyageur... Cela renforce peut-être les protagonistes d’avoir aimé Manu et de pouvoir témoigner de son destin... (Comme au Cinéma.com)
03 mai 2008
La Tourneuse de pages
Date de sortie : 09 Août 2006
France
Réalisateur : Denis Dercourt
Producteur exécutif : Tom Dercourt
Producteur délégué : Michel Saint-Jean
Scénariste : Denis Dercourt
Directeur de la photographie : Jérôme Peyrebrune
Compositeur : Jérome Lemonnier
Monteur : François Gédigier
Chef décorateur : Antoine Platteau
Costumier : Antoine Platteau
1er assistant réalisateur : Rafaèle Ravinet-Virbel
Ingénieur du son : Olivier Mauvezin, Benoît Hillebrant, Olivier Dô Hùu
Directrice du casting : Brigitte Moidon
Drame
85 mn
Distribution :
Catherine Frot (Ariane Fouchécourt), Déborah François (Mélanie Prouvost), Pascal Greggory (M. Fouchécourt), Clotilde Mollet (Virginie), Xavier De Guillebon (Laurent), Christine Citti (Mme Prouvost), Jacques Bonnaffé (M. Prouvost), Antoine Martynciow (Tristan), Arièle Butaux (La Présentatrice Radio), Julie Richalet (Mélanie Enfant), Martine Chevallier (Madame Onfray), Michele Ernou (Monique), André Marcon (Werker).
Synopsis :
Fille de bouchers dans une petite ville de province, Mélanie, âgée d'une dizaine d'années, semble avoir un don particulier pour le piano. Elle tente le concours d'entrée au conservatoire mais échoue, fortement perturbée par l'attitude désinvolte de la présidente du jury, une pianiste reconnue. Profondément déçue, Mélanie abandonne le piano.Une dizaine d'années plus tard, Mélanie entre comme stagiaire dans un grand cabinet d'avocats dont le PDG, M. Fouchécourt, se trouve être le mari de cette femme qui a certainement changé le cours de sa vie. Très vite, Mélanie se fait remarquer pour son sens de l'organisation et son dévouement par M. Fouchécourt qui la recrute à son domicile pour veiller sur son fils. La rencontre avec Mme Fouchécourt, toujours pianiste, se passe merveilleusement bien puisque Mélanie se montre très sensible à la musique et devient sa tourneuse de pages...
Critiques
Entretien avec Denys Dercourt
Le Film
Secrets de tournage :
Présenté à Un Certain Regard
La Tourneuse de pages a été présenté en sélection officielle au 59ème Festival de Cannes dans le cadre de la section Un Certain regard. C'est sur la Croisette qu'avait été révélée, un an plus tôt, Déborah François, héroïne de la Palme d'or 2005, L'Enfant des frères Dardenne.
La genèse du projet
Denis Dercourt se souvient : "A l'origine, il y a mon désir de filmer une vengeance -un thème qui m'a toujours semblé à la fois très fort et très cinématographique. Puis, en affinant mon idée, j'en suis venu à envisager l'histoire que je voulais raconter comme une vengeance sociale, avec des rapports de classe marqués. Je crois que cette idée était plus importante dans le scénario qu'elle ne l'est finalement dans le film. Quant à l'univers musical qui constitue l'arrière-plan de l'intrigue, il s'est imposé avec évidence parce que je le connais, c'est mon environnement et c'est là d'où je parle. En tant que professeur au Conservatoire, je participe très régulièrement à des jurys et je vois ainsi défiler beaucoup d'enfants qui pourraient ressembler à la Mélanie du début du film."
Pour quelques notes de plus
Musicien de formation, Denis Dercourt a déjà situé deux de ses films dans l'univers des instrumentistes : Les Cachetonneurs (1999), son très remarqué premier opus, léger et burlesque, et Mes enfants ne sont pas comme les autres son troisième long métrage, portrait de musiciens en herbe et étude relations parents/enfants.
Partition pour deux actrices
Denis Dercourt parle de ses deux comédiennes : "Catherine Frot est une actrice plutôt habituée à des rôles comiques. La faire jouer dans un film qui n'a rien d'une comédie m'intéressait beaucoup. D'autant plus qu'elle devait y incarner un personnage qui perd tout contrôle et finit par s'abandonner, alors même que le travail de Catherine dans la comédie passe plutôt par la maîtrise (...) Quant à Déborah François, nous l'avons découverte l'année dernière à Cannes, dans L'Enfant (...) Deborah m'est apparue comme une actrice extrêmement douée dans ses intuitions, que ce soit par rapport à son rôle ou la position de la caméra. En outre, c'est un magnifique corps de cinéma. Elle peut être fascinante, ce qui correspond à la teneur de son personnage de jeune fille dont la séduction passe beaucoup par la fascination qu'elle suscite, notamment chez Ariane."
A portée de mots
Denis Dercourt parle de la dimension musicale de son scénario : "Très vite, j'ai su que mes protagonistes seraient deux femmes, dont une plus jeune que l'autre, et qu'il y aurait quelque chose de physique dans leur relation. Autour de ces données, j'ai défini quelques lignes de force qui sont celles de mon récit. Puis j'ai écrit le scénario comme je le fais toujours, à la manière d'un compositeur de musique, en alternant des phases de tension et de détente. Lorsque je suis au stade du scénario, je vois le fil narratif de mon film comme une portée de musique, sur laquelle je place des points de tension. D'où, sans doute, la dimension assez linéaire du film. Enfin, j'essaie de faire émerger plusieurs "scènes fortes" comme celles du cache-cache ou de la piscine, des points primordiaux autour desquels le récit s'organise."
Doubler n'est pas jouer
Dans plusieurs scènes, les personnages interprétés par Catherine Frot et Déborah François jouent au piano. Le cinéaste revient sur la réalisation de ces séquences : "Il faut bien discerner deux choses : la musique en elle-même, et le travail de la musique. Moi, ce qui m'intéresse, ce que je trouve cinématographiquement riche, c'est le travail. Je mets un point d'honneur à ce que mes acteurs interprètent tous leurs morceaux eux-mêmes. Bien sûr, le son est doublé, mais ce sont leurs mains que l'on filme et chacun de leurs gestes est le résultat de très nombreuses heures d'un travail qui se voit à l'écran (...) je filme pour capter le travail de la musique et, en cela, il y a quelque chose de documentaire dans ma démarche. Pour filmer les concerts, j'ai pris le parti de basculer du regard objectif posé sur le travail au point de vue subjectif de l'interprète."
Comme à la radio
Une des séquences du film a été tournée à la Maison de la Radio, où se produit Ariane Fouchécourt. L'animatrice de l'émission qui les accueille est Arièle Butaux, la vraie présentatrice du programme Un mardi idéal, diffusé sur la station France Musiques.
Influences
Si la musique joue un rôle central dans le film, Denis Dercourt confie avoir beaucoup travaillé sur les couleurs, particulièrement le monochrome bleu. Le cinéaste, qui a écrit le film lors d'un séjour au Japon, s'est inspiré pour sa mise en scène du travail de photographes nippons, et a également pensé à à un film, La Vengeance d'un acteur de Kon Ichikawa. Autre influence : les films du couple exigeant et mélomane Jean-Marie Straub-Danièle Huillet, auteurs entre autres de Chronique d'Anna Magdalena Bach en 1968. (Allociné)
06 mai 2008
Tu marcheras sur l'eau
Sortie en France 05 Janvier 2005
Titre original : Walk On Water
Israël, Grande-Bretagne, Allemagne
Réalisateur : Eytan Fox
Producteur : Amir Harel
Producteur exécutif : Eytan Fox, Gal Uchovsky
Producteur délégué : Amir Feingold
Scénariste : Gal Uchovsky
Directeur de la photographie : Tobias Hochstein
Compositeur : Ivri Lider
Monteur : Yosef Grunfeld
Directeur artistique : Avi Fahima
Chef décorateur : Avi Fahima
Costumière : Rona Doron
Drame, Thriller, Policier
104 mn
Distribution :
Lior Ashkenazi (Eyal), Knut Berger (Axel Himmelman), Caroline Peters (Pia Himmelman), Gideon Shemer (Menachem), Natali Shilman (Iris), Sivan Sasson (L'Instructeur), Carola Regnier (La Mère D'Axel), Yousef Sweid (Rafik), Imad Jabarin (L'Oncle De Rafik), Hanns Zischler (Le Père D'Axel), Eyal Rozales (Jello), Sivan Sasson (Le Professeur De Tir).
Synopsis :
Eyal est un agent du Mossad, les services secrets israéliens. Sa nouvelle mission est de retrouver la trace d’un ancien officier nazi, Alfred Himmelman. Pour mener son enquête, Eyal va servir de guide touristique au petit-fils d’Himmelman, Axel, venu en Israël rendre visite à sa sœur. Celle-ci vit en effet dans un kibboutz depuis qu’elle s’est brouillée avec sa famille. Axel veut essayer de la convaincre de revenir avec lui en Allemagne pour l’anniversaire de leur père. Malgré leurs personnalités contrastées, Eyal sympathise avec Axel. Même si parfois le machisme et le conservatisme d’Eyal se heurtent aux vues libérales d’Axel. en particulier quand celui-ci lui fait certaines revelations. S’installent alors des relations tendues entre les deux hommes. Alors qu’Axel rentre en Allemagne sans sa soeur, le Mossad suspecte l’ex-nazi Himmelman de vouloir refaire surface pour la fête d’anniversaire du père d’Axel. Eyal est envoyé en Allemagne avec mission de se rapprocher d’Axel pour découvrir la vérité sur sa famille. Rendu lui-même très vulnérable après le suicide de sa femme, Eyal devra avant tout découvrir certaines vérités sur lui-même.
Critiques
Notes
Bande-annonce, Extraits
Photos censurées
Le Film
Secrets de tournage :
Un long périple
La première chose qu'Eytan Fox et Gal Uchovsky ont entreprise, lorsqu'il ont décidé de faire le film, a été de faire un long voyage à travers l'Allemagne. Ils ont parcouru le pays d'Heidelberg à Baden-Baden, de Nuremberg à Dresde et Berlin. Par ailleurs, dans le script original, l'action se déroulait dans différentes villes d'Allemagne. Mais pour des raisons financières, toute l'action a été concentrée à Berlin. La villa des parents d'Axel et Pia, les personnages principaux du film, se situe au bord du lac Wannsee dans les quartiers chics de Berlin.
L'accouchement difficile d'une oeuvre
Bien que des acteurs allemands soient présents à l'affiche, aucune société allemande n'a investi dans le film, mais "beaucoup d'amis allemands ont participé à l'écriture et au tournage. En particulier les réalisateurs Andreas Struck et Wieland Speck", qui est aussi le directeur de la section du Panorama du Festival de Berlin". Les acteurs Knut Berger et Caroline Peters ont aussi participé à l'écriture du scénario. Le premier déblocage d'argent pour le scénario est venu du Israeli Film Fund, et du fonds européen Media. Par ailleurs, le producteur Amir Harel de Lama Productions s'est aussi beaucoup impliqué en amont, qui était selon le réalisateur le plus à même de comprendre le scénario. Au final, Eytan Fox, Gal Uchovsky et Harel ont effectué une longue recherche de financements en Allemagne, à New York, Los Angeles et Venise.
Un tournage difficile et endeuillé
Tu marcheras sur l'eau a été tourné en Israël fin 2002, durant l'hiver. Ce dernier s'est révélé être particulièrement rigoureux. Le plus dur fut sans doute de tourner sur la Mer Morte : les acteurs étaient "gelés par le froid, alors qu'il devaient prendre une douche et nager". Le tournage à Berlin a quant à lui démarré en janvier 2003. Mais il a dû être aussitôt arrêté pendant un mois, en raison du décès brutal de la mère de Eytan Fox.
Un figure du théâtre en Israël
Gideon Shemer , qui incarne le vieil agent du Mossad, est une figure incontournable de la scène en Israël. Il a notamment interprété, pendant plusieurs années, le rôle du père d'Anne Frank, du nom de l'adolescente d'origine hollandaise déportée pendant la Seconde Guerre Mondiale. La pièce resta plus de vingt ans à l'affiche, entre les années 1970 et 1990.
Pas d'audition pour Lior Ashkenazi
Même s'il a rencontré d'autres acteurs israéliens, le réalisateur Eytan Fox a dès le début choisit Lior Louie Ashkenazi pour interpréter le rôle d'Eyal . L'acteur n'a en effet passé aucune audition. Par ailleurs, les acteurs allemands ont été choisis lors d'auditions menées par Fox à Berlin. Hanns Zischler est le seul acteur dont Fox connaissait la filmographie, du fait qu'il a beaucoup travaillé avec Wim Wenders.
A propos de la musique
Pour la musique du film, le choix s'est porté sur Ivri Lider, une pop star israélienne, qui avait déjà travaillé sur le précédent film du duo Eytan Fox / Gal Uchovsky, Yossi et Jagger.
Un cinéaste engagé
Eytan Fox se sent très concerné par la situation politique en Israël. Il explique: "Je suis persuadé que le fait que les Israéliens soient toujours aussi obsédés par l'Holocauste et leur statut de victimes les empêche de voir qu'ils sont devenus des agresseurs, infligeant larmes et souffrances aux Palestiniens. Je suis persuadé que la première étape pour aider les Israéliens à comprendre à quel point ils sont devenus cruels consiste à ce qu'eux-mêmes arrivent à faire cette paix avec leur passé traumatisant". Et il ajoute:"Comme par ailleurs je m'intéresse à la masculinité, et qu'Israël est une société très masculine, j'ai décidé de raconter une histoire dans laquelle un homme va se confronter à ses sentiments les plus intimes et réussir à changer, en affrontant les événements les plus effroyables du passé. Je sais que c'est assez ambitieux". (Allociné)
Le Temps qui reste
Sortie en France 14 novembre 2007
France
Réalisateur : Jilani Saadi
Directeur de la photographie : Mario Castaneira
Compositeur : Cesária Évora
Monteuse : Nadia Ben Rachid
Ingénieur du son : David Rit, Thomas Guauder
Drame
85 mn
Distribution :
Melvil Poupaud (Romain), Valeria Bruni Tedeschi (Jany), Jeanne Moreau (Laura), Daniel Duval (Le Père), Marie Rivière (La Mère), Christian Sengewald (Sasha), Louise-Anne Hippeau (Sophie), Henri De Lorme (Le Médecin), Walter Pagano (Bruno), Ugo Soussan Trabelsi (Romain Enfant), Alba Gaïa Kraghede Bellugi (Sophie Enfant), Victor Poulouin (Laurent), Laurence Ragon (Notaire), Thomas Gizolme (L'Assistant Photographe), Didier Mérigou (Le Dealer), Jemmy Ewalker (La Femme Qui Prie), Rebecca Convenant (La Femme Dans Le Train), Estelle Dupuis (La Styliste), Hisano Komine (La Maquilleuse), Stéphane Forlay (Le Coiffeur), Amanda Ericsson (Mannequin 1), Anna Sherbinina (Mannequin 2).
Synopsis :
Romain, un jeune photographe de 30 ans, apprend brutalement qu'il n'a plus que quelques mois à vivre.
Critiques
Notes
Bande-annonce, Extraits
Site officiel
Le Film
Secrets de tournage :
Présenté à Un Certain regard
Deux ans après la présentation en compétition de Swimming Pool, François Ozon est revenu sur la Croisette pour Le Temps qui reste, également en retenu en Sélection officielle, mais dans la section Un certain regard.
Une trilogie sur le deuil
Selon François Ozon, Le Temps qui reste peut être envisagé comme le deuxième volet d'une trilogie sur le deuil, entamée avec Sous le sable (2001). Portrait d'une femme (Charlotte Rampling) désemparée après la disparition de son mari (Bruno Cremer), ce film était, précise le réalisateur, un ""mélodrame sec" [qui pose] la question de comment vivre la mort de l'autre", tandis que "Le Temps qui reste pose celle de sa mort à soi". Ozon ajoute que le troisième volet de cette trilogie devrait raconter la mort d'un enfant.
Regarde la mort
Le cinéaste précise ses intentions : "Dans Sous le sable, la mort de l'autre apparaissait comme une chose à laquelle on ne peut pas croire ou ne veut pas croire. Dans Le Temps qui reste, la mort est une réalité, une certitude, je ne voulais pas qu'il y ait une ambiguité sur l'inéluctabilité de la maladie (...) Ce qui m'intéressait, c'était justement le trajet du corps de Romain qui va mourir et traverser plusieurs épreuves, passer par plusieurs stades : de la colère au déni... jusqu'à l'acceptation (...) je ne tenais pas à présenter un personnage qui fait des choses extraordinaires. Je voulais davantage montrer la réalité concrète de la situation : comment vit-on quand on sait que l'on va mourir ? Quelles sensations traverse-t-on, quelles décisions prend-on ? (...) L'enjeu n'est pas pour lui tant de se réconcilier avec les autres qu'avec lui-même. D'une manière générale, Romain se libère du rapport à l'autre (...) Comme Marie dans Sous le sable, il n'est pas un héros mais un être humain qui fait comme il peut face à une situation terrible."
Poupaud, l'enfant à la caméra
François Ozon s'explique sur le choix de Melvil Poupaud, comédien, mais aussi réalisateur, depuis son plus jeune âge, de courts métrages très personnels, sortis en dvd en 2005 : "J'ai toujours beaucoup aimé la présence un peu lointaine de Melvil dans les films, surtout dans Conte d'été. C'est l'unique héros masculin de la série des 4 saisons, et Eric Rohmer l'a filmé avec la même grâce et le même érotisme qu'il filme les jeunes filles. Je l'avais déjà rencontré en casting pour des films précédents, mais c'est quand il m'a envoyé une invitation pour la projection de ses courts métrages en vidéo, que j'ai eu une sorte de déclic. J'ai été très touché par ses films qui m'ont rappelé les films en super-8 que je faisais adolescent. Et j'ai aimé qu'il se filme depuis son enfance, qu'il ait ce lien presque naturel à la caméra. J'ai pensé que ce rapport artisanal au cinéma était quelque chose qui pouvait nous réunir. Et effectivement, il a compris et accepté très vite ma façon de faire des films." Notons qu'Ozon avait proposé au comédien de jouer dans Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, mais l'acteur avait refusé le rôle, finalement tenu par Malik Zidi. Poupaud avait ensuite passé des essais pour 5x2, mais c'est Stéphane Freiss qui avait été retenu.
Poupaud passe un cap
Melvil Poupaud se souvient de sa réaction à la lecture du scénario : "J'étais très ému. Je me sentais très proche du personnage. J'ai compris tout de suite sa trajectoire, son rapport aux autres, à ses parents... Le besoin de complicité que Romain éprouve envers son père, moi-même je l'ai un peu vécu quand j'ai eu un enfant. La scène dans la voiture m'a par exemple tout de suite parlé quand je l'ai lue. Je me suis identifié à Romain, d'autant plus que depuis mon enfance je pense souvent à la mort, et j'ai toujours envisagé le rapport à celle-ci de façon très confidentielle, très privée." A propos de cette expérience de tournage très forte, il note : "J'ai très vite pense qu'affronter un rôle important dans un film important avec un metteur en scène important allait me faire passer un cap personnel. J'espérais qu'un aussi beau rôle arriverait un jour dans ma vie. Je l'ai eu, je l'ai fait et fort de cette expérience, peut-être que je me sens plus serein."
1 homme
L'auteur de 8 femmes n'avait jusqu'alors jamais réalisé de film centré uniquement sur un personnage masculin. A cet égard, Le Temps qui reste marque une nouvelle étape dans son parcours. "Les mélodrames avec des personnages masculins sont très rares, et il s'agit soit d'enfants soit de vieillards. L'émotion et l'intériorité du mélodrame sont portées le plus souvent par des femmes", fait remarquer François Ozon. "Pour ce film, ça m'intéressait d'essayer de faire un vrai mélodrame au masculin, d'essayer de faire pleurer en suivant le parcours intérieur d'un jeune homme, ce qui impliquait une érotisation du comédien. il était important que les gens tombent "amoureux" de Romain pour être en empathie et pour accepter son trajet. D'où le choix peut-être de retravailler avec Jeanne Lapoirie comme chef-opérateur. J'avais envie d'un regard féminin porté sur Melvil et d'une lumière qui mette en valeur sa beauté."
La vieille qui marchait vers la mort
Dans une scène du film, Romain rend visite à sa grand-mère, une femme qui, comme lui, vit ses derniers moments. Cette séquence représente, selon le cinéaste, "le coeur du film". Pour interpréter ce personnage-clé -même si sa présence à l'écran est brève-, François Ozon a fait appel à une légende du cinéma français, Jeanne Moreau. Ils s'étaient connus quelques années plus tôt grace à Jean-Claude Moireau, auteur d'une biographie de la comédienne, et photographe de plateau sur les films du cinéaste. "J'avais toujours rêvé de tourner avec Jeanne et c'est l'actrice française qui me manquait pour 8 femmes, même si elle était présente à travers le costume d'Emmanuelle Béart (référence au costume du Journal d'une femme de chambre de Buñuel (...) Ce fut une très belle rencontre et le lien de tendresse et de complicité qui s'est créé entre nous se reflète dans le film à travers la relation de Romain et de sa grand-mère." "J'espère que ce n'est pas le rôle d'une grand-mère..." a pourtant commencé par dire l'actrice lorsqu'elle s'est vu proposer un rôle dans Le Temps qui reste. Mais elle ajoute à présent : "le scénario avait très peu d'importance, parce que pour moi François est un être et un réalisateur exceptionnels -ce qui va ensemble (...) [Le film] est pour moi un aveu. Quand je l'ai vu, par moments apparaissait magiquement en surimpression le visage de François dans les plans très rapprochés de Melvil. C'est une prise de risques fantastique d'aller ainsi au plus près de son désir, d'exprimer de la façon la plus absolue son obsession."
Une nouvelle aventure de Melvil et Marie
L'un des rôles les plus marquants de Melvil Poupaud reste celui de Gaspard, l'amoureux indécis et mélomane de Conte d'été d'Eric Rohmer (1996). Dans Le Temps qui reste, sa mère est interprétée par une des actrices-fétiches de l'auteur des Comédies et proverbes : Marie Rivière. Apparue dans sept de ses longs métrages, elle a notamment trouvé trois beaux rôles dans La Femme de l'aviateur (1981), Le Rayon vert (1986) et Conte d'automne (1998). Par ailleurs, lorsque Romain décide de partir en vacances, il se rend sur une plage des environs de Saint-Brieuc, soit à quelques kilomètres de Dinard, là où était située l'action de Conte d'été. Grand admirateur d'Eric Rohmer (dont il fut l'élève à l'Université), François Ozon avait confié, lors de la sortie de 5x2 que le cinéaste avait été une de ses sources d'inspiration pour la scène de la rencontre.
"Je voulais que ce soit une mort sûre"
A l'occasion d'un entretien accordé à Allociné, le cinéaste expliquait pourquoi il a décidé que son personnage serait atteint par un cancer, et non, par exemple, par le sida : "Le fait de ne pas choisir le sida, c'était d'une part casser le cliché homosexualité/sida/mort. D'autre part, je ne voulais pas du tout faire un film sur la maladie. J'ai complètement coupé toutes les scènes de médecins, de médicaments, cela ne me semblait pas intéressant. J'avais envie d'avoir un personnage confronté à la mort de façon presque philosophique. Et le sida, aujourd'hui, on peut vivre avec. C'est une maladie très très grave, dont on meurt encore, mais on ne vous dit jamais : "Vous en avez pour trois mois.". Je ne voulais pas de cette ambiguité, je voulais que ce soit une mort sûre. J'ai vu pas mal de cancérologues, qui m'ont dit : "S'il a un cancer disséminé, avec impossibilité de déceler la tumeur primitive, et s'il a 30 ans, dites-vous qu'il est mort dans les 3 mois". En fait, ils ont décidé pour moi de la maladie... En plus, tout le monde est touché par le cancer. Alors que le sida a encore cette image... Des gens auraient pu dire : " S'il n'avait baisé avec n'importe qui... " Là, on ne peut pas le dire. Il y a l'idée, peut-être fausse, d'une égalité des gens face aux cancer."
Instants immortalisés
La mort et la photographie étaient déjà les thèmes centraux d'un court-métrage réalisé en 1994 par François Ozon : La Petite mort. A ce propos, le cinéaste, interrogé par Allociné, précisait : "La photographie jouait un rôle plus important dans La petite mort : c'était une arme pour le personnage, sa manière à lui de s'exprimer, car il était un peu autiste. Cette fois, ce qui m'intéressait, c'est que la photographie change de statut entre le début et la fin du film. Au début, c'est juste un travail, Romain fait de la photo de mode de façon très superficielle. Après il refait des photos avec un petit appareil, mais là, tout d'un coup, le geste est différent. Ce qui importe, ce n'est pas tant le résultat que le geste. Il n'empêche que Romain a besoin d'avoir un appareil photo pour voir ce qui se passe autour de lui, et c'est peut-être là un des problèmes du personnage. Par ailleurs, dans Le Temps qui reste, je n'avais pas besoin de montrer les photos à l'écran, le spectateur pouvait très bien les imaginer, ou même projeter des images à lui."
Petits arrangements avec la mort
A propos de la solitude du personnage, François Ozon déclarait à Allociné : "Il choisit la solitude. Pour moi, c'était important que ce soit un personnage qui ait besoin de se réconcilier avec lui-même, parce que sa souffrance est plus sur lui-même que par rapport aux autres. Melvil Poupaud dit que c'est un peu comme les animaux : quand ils savent qu'ils vont mourir ils vont se cacher dans un coin, ils n'ont pas envie qu'on retrouve leur corps... Et puis c'est un personnage qui a besoin d'être avec lui-même, avec son enfance. Il n'a pas envie d'infliger ça aux autres. Il préfère fuir. Cette fuite est à double tranchant. On peut se dire que c'est une forme d'élégance que de vouloir se cacher, en même temps ça va créer certainement une culpabilité. Il essaie de s'arranger comme il peut, ce n'est pas un héros, c'est pour ça qu'il est touchant, il est humain. Il règle les choses à sa manière : au lieu de dire à son petit copain ce qui lui arrive, il préfère rompre avec lui, et créer une séparation qui prépare la vraie séparation entre la vie et la mort."
2 X Valeria
Héroïne du précédent film d'Ozon, 5x2, aux côtés de Stéphane Freiss, Valeria Bruni-Tedeschi joue le rôle d'une serveuse libre et généreuse dans Le Temps qui reste, un personnage qui -selon le cinéaste- a rappelé à la comédienne celui de Shirley MacLaine dans Comme un torrent. Ajoutons que Valeria Bruni-Tedeschi et Melvil Poupaud avaient déjà été partenaires dans Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel, le film de Laurence Ferreira Barbosa qui avait révélé la comédienne en 1993. Ils se retrouvaient dix ans plus tard sur le plateau des Sentiments de Noémie Lvovsky.
Un physique de Romain
Pour rendre compte de l'évolution physique du personnage, François Ozon a demandé à Melvil Poupaud de se muscler. Aidé par un coach, le comédien a fait de la gym pendant trois mois. Puis, pendant le tournage, il a subi un régime draconien, ce qui a produit des effets évidemment sur son physique (la perte de poids), mais aussi sur son moral (un état fébrile), et sur ses rapports avec le reste de l'équipe (il devait manger seul). Toutes ces conséquences lui ont permis de se sentir encore plus proche du personnage de Romain.
Le gras et le sec
Le réalisateur revient sur le long travail de montage : "La première version du scénario était assez brute et épurée, mais elle faisait peur à mes producteurs et je me suis rendu compte que pour convaincre les financiers, il fallait étoffer davantage le scénario. J'ai donc développé certaines scènes et certains personnages puis j'ai filmé ce scénario étoffé. Mais je me rends compte aujourd'hui que le film auquel je suis arrivé ressemble à cette première version de scénario. Le travail au montage a consisté à se débarrasser de ce que j'avais filmé "en plus", à faire le deuil de ce qui détournait l'attention et donnait moins de force au trajet du personnage. Au fur et à mesure, j'ai compris que plus on était focalisé sur Romain, plus le film se tenait et moins on avait besoin de choses annexes (...) Je pense tout simplement que mon luxe aujourd'hui est de pouvoir filmer "gras" pour pouvoir monter "sec"."
5 femmes
François Ozon s'est entouré de collaboratrices avec qui il avait déjà travaillé à plusieurs reprises. Il retrouve ainsi la chef-opératrice Jeanne Lapoirie pour la quatrième fois (depuis Gouttes d'eau sur pierres brûlantes), la monteuse Monica Coleman pour la troisième fois consécutive, la costumière Pascaline Chavanne (sa complice sur tous ses films depuis Les Amants criminels en 1999), la directrice de casting Antoinette Boulat (qui a participé à tous ses films, depuis Gouttes d'eau sur pierres brûlantes), et la costumière Katia Wyszkop, à qui le cinéaste avait déjà fait appel pour 5x2. Ajoutons que Le Temps qui reste a été financé, comme toute l'oeuvre d'Ozon, par la société qui avait été fondée pour produire les premiers courts métrages du réalisateur au début des années 90 : Fidélité Productions...
Osons le Scope
Pour la première fois, François Ozon a fait le choix du Cinémascope. Il s'explique : "Ca peut paraître étrange d'avoir utilisé le Scope pour un sujet aussi intime mais c'est le cadre idéal pour filmer l'horizon, la position allongée, la mort. Ca m'a obligé à cadrer différemment, à raconter autrement. Souvent en Scope, il faut être très serré, ou bien très large. Les plans américains fonctionnent peu. Et puis on a très peu de profondeur de champs. J'ai découvert en jouant sur des changements de point que l'on pouvait créer des intensités dramatiques auxquelles je ne m'attendais pas. Comme dans la scène du parc avec la soeur au téléphone."
Plus la même chanson
Fait assez rare pour être signalé : on n'entend pas de chansons dans Le Temps qui reste, contrairement à la plupart des précédents films de François Ozon. Interrogé à ce sujet par Allociné, le cinéaste expliquait : "A un moment, j'ai demandé à Melvil Poupaud de me faire écouter des albums de rock. J'avais envie de quelque chose d'un peu ardu, et masculin, alors que les chansons dans mes films sont souvent plutôt féminines. Mais j'ai trouvé qu'on tombait très vite dans le cliché." Dans la bande-annonce, cependant, on entend le morceau Perfect day de Lou Reed. (Allociné)
07 mai 2008
Tapage nocturne
Année de production : 1979
France
Réalisatrice : Catherine Breillat
Producteur : Pierre Sayag
Scénariste : Catherine Breillat
Directeur de la photographie : Jacques Boumendil
Compositeur : Serge Gainsbourg
Monteuse : Annie Charrier
Chef décorateur : Dominique Antony
Directeur de production : Jean Bastia
Drame
79 mn
Distribution :
Dominique Laffin (Solange), Marie-Helene Breillat (Emmanuelle), Joe Dallesandro (Jim), Bertrand Bonvoisin (Bruno), Gérard Lanvin (Le Type), Bruno Devoldere (Le Mari), Hubert Drac (Le Metteur En Scène), Dominique Basquin (Dorothée), Daniel Langlet (Bruel), (Frédéric), , Georges Mansart (Gérard), Anouk Grinberg.
Synopsis :
Solange, une jeune femme de vingt-cinq, metteur en scene et mère d'une petite fille, vit avec son mari avec qui elle ne fait plus l'amour qu'épisodiquement. Bien que très attachée par ailleurs à un acteur bisexuel, elle continue à multiplier les expériences amoureuses, refusant delibérement les conventions de l'âge adulte, et préférant une vie faite d'aventures sans lendemain...
09 mai 2008
Twist
Sortie en France 28 septembre 2005
Canada
Réalisateur : Jacob Tierney, Adrienne Stern
Producteur : Victoria Hirst, Dan Lyon
Producteur exécutif : Kevin Tierney
Scénariste : Jacob Tierney
D'après l'oeuvre de Charles Dickens
Directeur de la photographie : Gerald Packer
Compositeur : Ron Proulx
Monteur : Mitch Lackie
Costumière : Joanna Syrokomla
Interdit aux moins de 16 ans
Drame
97 mn
Distribution :
Nick Stahl (Dodge), Gary Farmer (Fagin), Stephen Mchattie (Le Sénateur), Joshua Close (Oliver), Michele-Barbara Pelletier (Nancy), Tygh Runyan (David), Moti Yona (Charley), Brigid Tierney (Betsy), Dave Graham (Buck), Max Mccabe (Noah), Andre Noble (Adam), James Gilpin (Aide), Josh Holliday (Morris), Mike Lobel (Bully), Michael Ripley (John), Caroline Sura (La Fille), Emily Hampshire (La Serveuse).
Synopsis :
Dans une obscure cité canadienne, au coeur du « monde merveilleux » de la prostitution masculine, Dodge fait le tapin sous la houlette de Fagin.
Il loge, avec ses compagnons de galère, dans un vieil hangar désaffecté à l’abri des regards et de la police.
Au cours d’une de ses nuits de passe, il rencontre Oliver, un jeune homme gauche et un peu niais tout droit sorti de sa cambrousse, complètement paumé dans cette ville où il ne connaît personne. Dodge décide de prendre Oliver sous son aile et lui apprend rapidement les rudiments du métier.
Notes :
Premier long métrage de l'acteur Jacob Tierney, Twist aura coûté moins de 500 000 dollars, malgré un casting d'acteurs confirmés: Gary Farmer, Stephen Mchattie et surtout Nick Stahl.
Ce dernier s'est fait remarquer à ses débuts dans des productions indépendantes. Sa cote a réellement grimper avec Terminator 3 - Le Soulèvement Des Machines et Sin City. Twist marque donc un retour aux sources, et surtout l'opportunité de travailler avec Tierney. Les deux hommes se connaissent en effet depuis leurs 17 ans, époque où ils courraient les castings à deux. J.T. : Que Nick soit venu dormir sur mon canapé pendant deux mois alors qu'il sortait du tournage de Terminator3, c'est vraiment une preuve d'amitié
Twist transpose le roman de Charles Dickens dans le milieu des prostitués mâles de Toronto. Afin de s'imprégner de cet univers, et d'incarner un portrait le plus juste possible de ces enfants perdus, Tierney et Stahl ont séjourné dans le quartier de Toronto où sévit cette prostitution. N.S. J'ai observé leurs visages, la manière dont ils se tenaient debout, la manière dont ils se déplaçaient.
Le directeur de la photo, Gérald Parker, et le directeur artistique, Ethan Tobman, avaient pour mission de décrire à l'aide de lumières et de décors très froids un univers où l'amour n'a pas sa place, ce rapprochant ainsi du texte de Dickens.
Le point de vue du réalisateur
C'est en voyant l'adaptation à Londres de la comédie musicale Oliver ! par Sam Mendes, il y a quelques années, que j'ai eue envie de réaliser un film sur le même sujet. J'ai laissé mon esprit vagabonder et j'ai commencé à écrire le script.
Je suis revenu au texte du roman et j'ai étudié ce qui n'était pas dit explicitement. Raconter l'histoire du point de vue de Dodge, devenu protagoniste principal, supposait que je raconte sa propre histoire. Faire converger les regards vers Dodge n'a pas seulement modifié la configuration globale du personnage, mais aussi celle de toute l'histoire. Dickens racontait l'histoire d'un petit garçon angélique, parfait ; je voulais raconter l'histoire d'un garçon provenant des rues les plus sales qui rencontre ce petit ange ?
Nous n'avons rien mis au point d'avance avec Nick Stahl. Nous nous faisons confiance absolument. Si je lui demande de tenter quelque chose d'une manière différente, il sait que mon but est de lui faire jouer la meilleure interprétation possible. Tout s'est passé en douceur. Nous n'avons jamais atteint ne serait-ce que le point de départ d'une dispute pendant notre travail. Nous partageons tout simplement la même approche du sujet. (Comme au Cinéma.com)
16 mai 2008
La Triche
Sortie en France 08 août 1984
France
Réalisatrice : Yannick Bellon
Producteur : Denise Petitdidier
Scénariste : Rémy Waterhouse, Yannick Bellon
Directeur de la photographie : Dominique Le Rigoleur, Houshang Baharlou
Compositeur : Catherine Lara
Monteur : Kenout Peltier
Policier
87 mn
Distribution :
Victor Lanoux (Inspecteur De Police), Anny Duperey (Nathalie Verta), Valérie Mairesse, Xavier Deluc (Bernard), Michel Galabru, Roland Blanche, Jacques Nolot.
Synopsis :
Le commissaire Verta est marié à une femme de la bourgeoisie bordelaise. Au cours d'une enquête sur le meurtre d'un homosexuel, il est amené à interroger Bernard Mirande, un jeune musicien, pour lequel il éprouve une vive attirance, bientôt partagée. Leur liaison est découverte par un truand, qui veut faire chanter Bernard.
19 mai 2008
Transamerica
Date de sortie : 26 Avril 2006
USA
Réalisateur : Duncan Tucker
Producteur : Linda Moran, Rene Bastian, Sebastian Dungan
Producteur exécutif : William H. Macy
Scénariste : Duncan Tucker
Directeur de la photographie : Stephen Kazmierski
Compositeur : David Mansfield, Dolly Parton
Monteuse : Pam Wise
Chef décorateur : Mark White
Costumier : Danny Glicker
Maquilleuse : Lynn Campbell
Drame
103 mn
Distribution :
Felicity Huffman (Bree), Kevin Zegers (Toby), Fionnula Flanagan (Elizabeth), Elizabeth Pena (Margaret), Burt Young (Murray), Carrie Preston (Sydney), Venita Evans (Arletty), Jon Budinoff (Alex), Raynor Scheine (Bobby Jensen), Grant Monohon (L'Auto-Stoppeur), Bianca Leigh (Mary Ellen), Danny Burstein (Docteur Spikowsky), Craig Bockhorn (Le Sergent), Maurice Orozco (Fernando), Teala Dunn (La Petite Fille), Jim Frangione (Le Père De Taylor), Kelly O'Connell (Kelly), Calpernia Addams (Calpernia), Sandi Alexander (Sandi), Graham Greene (Ii (Calvin), Andrea James (Répétitrice Voix), Paul Borghese (Policier New-York), Kate Bayley (Serveuse Tennessee), Stella Maeve (Taylor), Melissa Sklarz (Melissa), Felicia Kittles (Felicia), David Harrison (David), Forrie Smith (Sammy), Elayne Stein (Phoenix Lady), Amy Povich (Policier Phoenix), Burton Elias (Infirmier), Cecy (Infirmière Philippine), Matt Young (Wayne), Barbara Hubbard Barron (Mlle Swallow).
Synopsis :
Bree travaille jour et nuit pour pouvoir payer l'opération qui fera d'elle une véritable femme. Un jour, elle reçoit un appel téléphonique d'un adolescent fugueur à la recherche de son père: elle ne tarde pas à comprendre qu'il s'agit du fils qu'elle a eu autrefois d'une liaison sans lendemain, alors qu'elle était encore un homme. Son premier réflexe est de tirer une croix sur son passé et d'oublier sa transsexualité, mais sa psychothérapeute lui explique qu'elle doit au contraire assumer cette part cachée de son existence: elle ne lui délivrera d'ailleurs son autorisation d'intervention chirurgicale que si Bree accepte de rencontrer le jeune homme...
Critiques
Entretien avec l'équipe du film
Bande-annonce, Extraits
Photos censurées
Album Photos
Le Film


























































